Juridiction andorrane, — (STSJAD 57/2006)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Lire sur source officielle)
Identifiants figurant dans le texte : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, sentence du 16 novembre 2006, recours n° 136/06, ROJ STSJAD 57/2006, ECLI:AD:TSJADAD:2006:57. Rapporteur indiqué en tête : Jean Louis Vuillemin. Le corps de la décision désigne en outre Eulàlia Amat Llari comme magistrate rapporteure (non précisé dans la décision : la coexistence de ces deux mentions n'est pas expliquée).
Faits et procédure
Le litige naît de l'ouverture, le 13 avril 1999, d'un compte courant auprès de l'entité Mirò au nom de la société Agullo (en constitution). Le Sr Olmo, qui agit en qualité de représentant de cette société en formation, signe le même jour un acte par lequel il se constitue fidéjusseur solidaire de la société, avec un caractère « indéfini et irrévocable ». Le compte présente un solde débiteur de 216.731,03 francs au 5 juin 2001. La décision relève que les débits ont commencé le 31 mai 1999, date à laquelle la société était déjà constituée.
Le 3 juillet 2001, un embargo préventif est décrété. La demande au fond est formée le 13 juillet 2001 contre le Sr Olmo. Celui-ci soulève plusieurs exceptions : défaut de légitimation active et passive, défaut de litisconsortium passif nécessaire (la Sra Castillo et la société Agullo SL n'ayant pas été appelées), et mise en cause irrégulière. Il soutient aussi que son engagement ne couvrait que la phase de constitution de la société, qu'il avait cédé ses titres à la Sra Castillo, et que le créancier aurait agi de mauvaise foi.
Le Tribunal de Batlles, par sentence du 18 avril 2006, rejette les exceptions et fait droit à la demande en totalité, avec condamnation aux dépens. Le Sr Olmo interjette appel et demande la révocation du jugement ainsi que le rejet total de la demande.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia confirme (f. 1 à 9 de la décision).
Question de droit
La question centrale est de savoir si le fidéjusseur qui a garanti un compte courant ouvert au nom d'une société en constitution demeure tenu du solde débiteur de ce compte après l'inscription de la société au registre, lorsqu'il n'a ni sollicité la clôture du compte ni ouvert un nouveau compte au nom de la société inscrite.
Un second point, plus incident, tient à la portée de l'engagement de fidéjusseur : celui-ci se limite-t-il à la phase de constitution, comme le soutient l'appelant, ou couvre-t-il l'ensemble des obligations nées du compte ?
Le texte ne contient pas d'argumentation expresse sur les exceptions de procédure en appel. Il est donc (non précisé dans la décision) si la juridiction d'appel les a réexaminées ou si elle s'est bornée à les considérer comme écartées par le premier juge.
Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel. Elle motive sa solution par trois séries de constats factuels.
Premièrement, le Sr Olmo n'a pas seulement ouvert le compte sous la dénomination d'une société non encore constituée, ce que les banques exigent dans ce type de situation. Il a surtout garanti « avec caractère indéfini et irrévocable » l'exécution de « toutes les obligations générées pour le compte », parmi lesquelles le découvert, « sans que l'aval ne se limite en aucun cas à la phase de constitution » (fdt. II).
Deuxièmement, la Cour distingue deux régimes : les promoteurs répondent des dettes de la société durant la phase de constitution, tandis qu'à compter de l'inscription au registre la société répond d'elle-même. Dès lors, la respon
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-136/06
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 16 de novembre de 2006 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Prèvia demanda d'embargament preventiu, que va ser decretat el dia 3 de juliol del 2001, la representació processal de l'entitat Miró va formular demanda el dia 13 de juliol del 2001 contra el Sr. Olmo en reclamació de la suma de 216.731,03 FF., import de ròssec deutor del compte corrent obert a favor de la societat Agullo EN CONSTITUCIÓ, a la què el Sr. Olmo havia avalat.
II.- La representació processal del Sr. Olmo va formular excepció peremptòria de manca de legitimació activa i passiva, argumentant que el seu mandant sols havia garantit el deute de la societat durant el període de constitució i posteriorment l'havia venut a la Sra. Castillo, de manca de litisconsorci passiu necessari, ja que no havia estat citada ni la Sra. Castillo, ni la societat Agullo SL, d'indeguda integració en el judici, perquè ell no era propietari, ni posseïdor dels béns als què feia referència la demanda. Pel que fa al fons de la mateixa, s'hi va oposar per considerar que ell sols havia garantit les obligacions de la societat durant el període de la seva constitució i argumentant que la demandant havia actuat amb absoluta mala fe al entaular la demanda pretenent obtenir un enriquiment injust. Per últim, sol·licitava que es condemnés en costes a l'adversa.