I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 25 janvier 2007, TSJC-264/06 (ROJ STSJAD 81/2007 ; ECLI:AD:TSJADAD:2007:81)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 25 janvier 2007, n° TSJC-264/06, ROJ STSJAD 81/2007, ECLI:AD:TSJADAD:2007:81 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose un bailleur, M. Giner, à son locataire, M. Sarabia, dans le cadre d'un contrat de location d'un logement situé à Andorre-la-Vieille. Par demande du 28 avril 2005, le bailleur sollicitait la déclaration de résolution du bail, la restitution immédiate de la possession du logement et la condamnation du locataire aux dépens. Le locataire a comparu sans formuler de contestation écrite.
Le juge unipersonnel du Tribunal de première instance (Batllia), par jugement du 12 septembre 2006, a rejeté la demande, absous le défendeur et condamné le demandeur aux dépens. Le bailleur a interjeté appel. Le locataire a conclu à la confirmation du jugement, avec condamnation de l'appelant aux dépens.
Le contrat de bail comportait deux clauses pertinentes. La clause huitième imposait au preneur d'éviter tout bruit susceptible de causer des nuisances aux autres occupants, interdisait le dépôt de matières inflammables, explosives ou dangereuses, et prohibait la détention d'« animaux domestiques ou d'autres de quelque classe que ce soit » dans le local loué. La clause treizième disposait que l'inexécution par le locataire de l'un quelconque des pactes convenus autorisait le bailleur à résilier le contrat.
Le bailleur soutenait que toute inexécution d'une clause était essentielle et justifiait la résolution. Il invoquait en outre des plaintes de voisins, une dilation indue de la procédure et une méconnaissance du régime de la preuve, la mesure d'instruction complémentaire (prueba para mejor proveer) ayant été ordonnée après les conclusions.
Question de droit
La Cour devait résoudre, pour l'essentiel, deux questions.
Première question, procédurale. Les mesures d'instruction ordonnées d'office après les conclusions, ainsi que les délais de traitement de la preuve, portaient-ils atteinte au droit de défense de l'appelant et au droit à un procès équitable ? La Cour a examiné cette question avant toute analyse au fond.
Seconde question, substantielle. Le manquement du preneur à une clause prohibant la détention d'animaux domestiques justifie-t-il la résolution judiciaire d'un bail d'habitation, alors que la preuve d'un trouble aux autres occupants fait défaut et que le bailleur a toléré cette situation pendant plusieurs années ? En d'autres termes, la clause contractuelle peut-elle être appliquée littéralement, ou doit-elle être interprétée à la lumière de sa finalité et du régime légal
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 25 de gener de 2007 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 25 de gener del 2007 - ROJ: STSJAD 81/2007 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal del Sr. Giner va interposar demanda, de data 28-4-2005, segons la qual demanava que es declarés resolt el contracte de lloguer que el vinculava amb el Sr. Sarabia, s'acordés el retorn immediat de la possessió i es condemnés al defenent a l'abonament de les costes processals. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 janvier 2007 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC-264/06
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 25 de gener de 2007 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Giner va interposar demanda, de data 28-4-2005, segons la qual demanava que es declarés resolt el contracte de lloguer que el vinculava amb el Sr. Sarabia, s'acordés el retorn immediat de la possessió i es condemnés al defenent a l'abonament de les costes processals.
El Sr. Sarabia va comparèixer a les actuacions, però no va formular cap escrit de contesta a la demanda.
II.- L'honorable Batlle, constituït en Tribunal unipersonal va dictar sentència, de data 12-9-2006, en la qual establia el que segueix: "DECIDEIX Desestimar la demanda formulada en data 28 d'abril del 2005 pel Sr. Giner contra el Sr. ENTITY_5; absoldre el Sr. Sarabia de les pretensions de l'agent; i condemnar l'agent al pagament de les costes judicials en els termes del darrer Considerant".
III.- La representació processal de la part agent ha interposat recurs contra la sentència i, en data 29-9- 2006, va presentar llur escrit de conclusions, en el qual i pels arguments continguts en el mateix, demanava que es procedís a la revocació de la sentència d'instància. Per el contrari, la part apel·lada va presentar escrit de contesta a les conclusions, de data 31-10-2006, en virtut del qual sol·licitava que es confirmés la resolució d'instància i que s'imposessin a la part recurrent les costes processals.