I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 122/2007 (TSJ d'Andorre, Sala Civil, 27 septembre 2007, recurs n° 137/07)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), sentència n° 122/2007, 27 septembre 2007, recurs n° 137/07, ROJ : STSJAD 122/2007, ECLI:AD:TSJADAD:2007:122 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été reconstituée à partir des seules mentions figurant dans le texte de la décision.
Faits et procédure
Un litige relatif aux charges de copropriété oppose la Communauté des propriétaires d'un immeuble, représentée par son administrateur, à l'un des copropriétaires, M. Ribes, propriétaire de locaux commerciaux et de places de stationnement dans l'immeuble.
Par demande de procédure verbale du 6 juin 2006, la Communauté réclame à M. Ribes la somme de 11 959,56 euros au titre de charges de copropriété, majorée des intérêts légaux et des sommes venant à échéance postérieurement à la demande. Le défendeur conteste le montant et le mode de calcul des charges. Dans sa réponse du 4 juillet 2006, il sollicite à titre reconventionnel la fixation de la somme due à 5 705,29 euros, la limitation de sa participation aux charges selon les statuts, et joint un chèque correspondant à la somme qu'il reconnaît devoir.
Par jugement du 20 mars 2007, le juge de première instance (Hble. Batlle) fait droit à la demande : il condamne M. Ribes au paiement de 11 959,56 euros, outre des intérêts légaux de 6 254,27 euros courant depuis la date de la réponse à la demande, ainsi que les charges échues postérieurement et non acquittées, sur justification par un nouveau certificat de l'acte d'approbation de la liquidation par l'assemblée.
M. Ribes interjette appel le 5 avril 2007. Il demande la révocation du jugement et la fixation à 7 045,70 euros du montant dû au titre des charges. Il produit à cette date un chèque de 6 254,27 euros.
Devant la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, l'appelant renonce à contester l'inclusion des dépenses d'électricité des parts communes, admettant que ce point relève d'une procédure ordinaire. Il limite son recours à la somme de 4 913,86 euros correspondant, pour l'exercice 2003, aux postes de chauffage, conciergerie, remplacement du concierge, nettoyage, ascenseur et gasoil, qui ne figurent plus dans les charges réclamées pour l'exercice 2004.
Question de droit
Le litige soulève deux questions principales.
Première question : la contestation d'une liquidation de charges approuvée par l'assemblée des copropriétaires peut-elle être accueillie plusieurs années après son adoption, alors que l'administrateur n'avait pas le pouvoir d'en modifier les termes ? L'appelant soutenait que la loi sur la propriété horizontale, dont l'article 32.4 prévoit des délais de caducité pour l'action en annulation des décisions de l'assemblée, n'était pas encore entrée en vigueur lors de l'approbation litigieuse, de sorte qu'aucun délai ne lui était opposable. Il faisait valoir en outre qu'un document rédigé par un salarié de l
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de setembre de 2007 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de setembre del 2007 - ROJ: STSJAD 122/2007 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal del Sr. Escolano, en sa qualitat de propietari de l'empresa Gibert, administradora de la Comunitat de Propietaris de l'edifici M., va formular en data 6 de juny del 2006 demanda de judici verbal contra el Sr. Ribes, propietari de diversos locals i places d'aparcament del citat edifici, en reclamació de la quantitat de onze mil nou-cents cinquanta-nou euros amb cinquanta-sis cèntims en concepte de despeses de comunitat, més els interessos legals meritats per aquesta suma, més totes aquelles quantitats que en el mateix concepte vencessin després… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 septembre 2007 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC-137/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de setembre de 2007 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Escolano, en sa qualitat de propietari de l'empresa Gibert, administradora de la Comunitat de Propietaris de l'edifici M., va formular en data 6 de juny del 2006 demanda de judici verbal contra el Sr. Ribes, propietari de diversos locals i places d'aparcament del citat edifici, en reclamació de la quantitat de onze mil nou-cents cinquanta-nou euros amb cinquanta-sis cèntims en concepte de despeses de comunitat, més els interessos legals meritats per aquesta suma, més totes aquelles quantitats que en el mateix concepte vencessin després de presentada la demanda fins el moment del pagament, més els interessos legals corresponents, més les costes judicials.
II.- El dia 4 de juliol del 2006 la representació processal del Sr. Ribes va contestar a la demanda, manifestant no estar d'acord amb els conceptes i càlcul de les despeses que se li reclamaven, de tal manera que sol·licitava reconvencionalment que es fixés en 5.705,29 euros la suma a abonar pel seu mandant, s'establís que respecte de les despeses comunitàries que anessin vencent no se'l fes participar en aquelles que no li corresponien segons els estatuts de la Comunitat i que es desestimessin les demés peticions de la demanda, imposant a l'adversa les costes del procediment. Manifestava igualment per altressí que adjuntava un xec per l'import que reconeixia deure per tal que fos posat a disposició de la part actora.