Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 18 décembre 2007 (STSJAD 178/2007)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ : STSJAD 178/2007 ; ECLI:AD:TSJADAD:2007:178, Recurs n° 219/07) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par un arrêt du 18 décembre 2007, la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (ci-après « TSJA ») statue en appel sur un litige de droit du travail opposant une enseignante, Mme Villegas, à son employeur, M. Sevillano, qui dirige l'Institut espagnol de la Principauté d'Andorre.
Selon l'exposé des faits figurant dans la décision, Mme Villegas a été engagée en avril 2002 pour exercer les fonctions d'enseignante, pour une durée d'un an. Le texte mentionne par ailleurs que la relation « a commencé à partir du mois de février 2002 », ce qui révèle une incohérence de dates dans l'exposé, que la décision ne relève pas. À l'échéance de chaque contrat, les parties auraient conclu un nouveau contrat aux mêmes conditions, et ce, année après année, jusqu'au 13 janvier 2006. À cette date, l'employeur a mis fin à la relation alors que la salariée était en arrêt maladie.
Mme Villegas a saisi la Batllia d'une demande dirigée contre l'employeur, portant notamment sur des indemnités, un préavis et une compensation économique, pour un montant total de 26 665,46 EUR, outre des congés payés, des pagues extres, la différence entre le salaire intégral et les indemnités versées par la CASS (organisme de sécurité sociale andorran), ainsi que l'obligation de cotiser auprès de cet organisme.
Le défendeur a soulevé une exception dilatoire tirée de l'irrégularité de la citation, puis contesté le fond en soutenant qu'aucune relation de travail à durée indéterminée n'avait jamais existé entre les parties.
Par jugement du 22 juin 2007, le Tribunal unipersonnel des Batlles (section civile) a partiellement fait droit à la demande. Il a condamné l'employeur au paiement de 18 648,90 EUR, majorés des intérêts légaux à compter de la date à laquelle la décision est devenue ferme, à régulariser la situation de la salariée auprès de la CASS, et aux dépens. L'employeur a interjeté appel.
## Question de droit
La décision soulève deux questions principales.
En premier lieu, la succession de contrats de travail à durée déterminée, conclus sans interruption entre les mêmes parties, peut-elle entraîner la requalification de la relation en contrat à durée indéterminée ? Le tribunal de première instance l'a admis, en se fondant sur « les normes jurisprudentielles en matière de succession de contrats de travail » et sur « les dispositions législatives en vigueur ». Ces sources ne sont cependant ni identifiées ni citées dans le texte.
En second lieu, se pose une question de procédure : l'acte d'appel, qui reprend des moyens déjà écartés en première instance sans critique précise du jugement, peut-il être regardé comme satisfaisant aux exigences de motivation de l'appel ? Le juge d'appel répond par la négative et en tire les conséquences pour la recevabilité de la contestation au fond.
## Solution et dispositif
Le TSJA confirme intégralement le jugement de première instance. Sur le fond, il approuve le raisonnement du premier juge, qu'il estime « très pertinent et conforme au droit » (« una aplicació molt encertada i ajustada del dret als fets de la causa »). Il retient que les arguments de l'appelant, tirés de l'absence de continuité des prestations et du passage de la salariée du personnel éventuel au personnel fixe à la suite d'un concours, avaient déjà été rejetés et n'étaient assortis d'aucun élément nouveau susceptible de censurer la décision attaquée.
Le dispositif est reproduit ci-après dans sa traduction française fidèle (le texte source est rédigé en catalan) :
> « La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
>
> DECIDEIX
>
> Desestimar el recurs del ENTITY_5 ;
>
> Confirmar la sentència de l'Hble. Tribunal Unipersonal de Batlles de data 22 de juny del 2007, en