I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 septembre 2007 (ROJ STSJAD 215/2007)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 septembre 2007, ROJ STSJAD 215/2007, ECLI:AD:TSJADAD:2007:215, recours n° 77/07 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été complétée à partir des mentions figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Le litige naît d'un accident de la circulation survenu en novembre 2003. Le propriétaire du véhicule, M. Pina, le confie à l'atelier de M. Gaya, titulaire de l'entreprise P.R.S., pour réparation, après avoir sollicité un devis. Selon le demandeur, les parties seraient convenues que les réparations s'effectueraient au fur et à mesure des versements effectués par le propriétaire.
Début avril 2004, M. Gaya aurait sollicité, par téléphone, le versement de fonds pour engager les travaux. Le 13 avril 2004, M. Pina aurait appris, à la même occasion, que le véhicule avait été endommagé alors qu'il se trouvait sur la voie publique, M. Gaya refusant d'en assumer les conséquences.
M. Pina a introduit une action devant la Batllia en réclamation de la valeur du véhicule à la date d'avril 2004, majorée des intérêts. Le défendeur s'est opposé à la demande.
Par jugement du 5 février 2007, le Tribunal unipersonnel de batlles a écarté l'exception tirée d'un vice de forme de la demande, mais a rejeté l'action au fond et condamné le demandeur aux dépens. Le demandeur a interjeté appel. Le moyen principal de l'appelant est que M. Gaya, dépositaire du véhicule, n'était pas libéré de son obligation de garde au moment des dommages, faute de preuve de la restitution du bien.
Le défendeur conclut au rejet de l'appel, en soutenant que le véhicule avait été retiré de l'atelier lorsque M. Pina s'y était présenté, et que les clés et le document de la grue lui avaient été remis.
Question de droit
La question centrale est double.
En premier lieu, il s'agit de déterminer si le dépositaire qui invoque la restitution du bien doit en rapporter la preuve et à quel moment. La Cour retient que « il appartient à la partie défenderesse de démontrer qu'elle avait restitué le véhicule à son propriétaire » entre le 8 et le 13 avril 2004, période pendant laquelle le dommage est survenu.
En second lieu, la décision pose la question de la valeur probante des témoignages émanant de personnes liées au défendeur, en particulier un salarié de l'atelier, et d'un client. L'appelant soutenait qu'un témoignage ne pouvait être retenu lorsque le témoin entretient une relation de travail ou d'amitié avec la partie qui le produit, et qu'il était contredit par la déclaration initiale du défendeur devant le service de police.
Le fondement juridique retenu est, pour l'essentiel, l'article 18.7 du décret du 28 février 2001 portant règlement des
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Tamarit i M.I. Sra. Marie Conte, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de setembre del 2007 - ROJ: STSJAD 215/2007 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El Sr. Pina va presentar davant l'Hble. Batllia demanda contra el Sr. Gaya titular administratiu del negoci P.R.S., en reclamació de la quantitat corresponen al valor a data d'abril de 2004, més els interessos, del vehicle de la seva propietat. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 septembre 2007 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC- 077/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, 27 de setembre de 2007
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Tamarit i M.I. Sra. Marie Conte, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El Sr. Pina va presentar davant l'Hble. Batllia demanda contra el Sr. Gaya titular administratiu del negoci P.R.S., en reclamació de la quantitat corresponen al valor a data d'abril de 2004, més els interessos, del vehicle de la seva propietat.
II.- El Sr. Gaya es va oposar a la demanda de l'agent.
III.- Per sentència de 5 de febrer de 2007, l'Hble. Tribunal Unipersonal de Batlles va desestimar l'excepció de defecte en el mode de proposar la demanda formulada per la representació processal de Gaya i desestimar la demanda formulada per Pina imposant a aquest darrer el pagament de les costes judicials ocasionades, inclosos honoraris d'advocat i procurador a acreditar en període d'execució de sentència.
IV.- Contra aquesta sentència Pina ha interposat recurs d'apel·lació.
Al·lega que en el decurs del mes de novembre del 2003 va patir un accident de la circulació amb l'indicat vehicle, portant-lo a reparar en el taller del demandat tot sol·licitant un pressupost per a la seva reparació. Que compte tingut de l'important import establert en el referit pressupost, les parts acordaren que en funció dels diners que el Sr. Pina anés entregant, el demandant aniria efectuant reparacions en el descrit vehicle; Que a principis del mes d'abril de 2004, el Sr. Gaya va telefonar a l'agent manifestant-li que necessitava que li portés diners per començar a repara el vehicle, comprometent-se el Sr. Pina a dur-li els diners el més aviat; Que el 13 d'abril el Sr. Pina va telefonar el demandat per fer-li avinent que havia tret el vehicle al carrer i que el mateix havia estat destrossat, negant-se però aquest a fer-se càrrec dels esmentats desperfectes.
Sosté que el Sr. Gaya no havia estat alliberat de les seves obligacions en tant que dipositari del vehicle quan li produïren els danys al mateix, en base a la següent argumentació:
No es pot donar validesa a les testificals practicades de persones que mantenen una estreta relació laboral i/o d'amistat amb la part defenent.
Les testificals practicades no s'ajusten amb la pròpia declaració prestada pel Sr. Gaya davant el Servei de Policia.
No queda doncs acreditat que el Sr. Pina hagués donat la seva conformitat a que el seu vehicle dos desplaçat fora del taller.
El Sr. Gaya encara restava com a dipositari del vehicle, responsable dels danys de la cosa dipositada.
V.- Gaya interessa la desestimació del recurs. Manifesta que el vehicle va ser retirat quan el Sr. Pina va personar-se al taller per tal de recollir-lo i se li va retornar les claus i el document de la grua.
Observa que el Sr. Pina va mostrar una total despreocupació pel que fa el seu vehicle, el qual va deixar en el taller durant 5 mesos.
FONAMENTS DE DRET
I.- El dipositari ha d'aportar, en la guarda de la cosa dipositada els mitjans necessaris a la seva conservació. L'art. 18.7 del Decret de 28 de febrer de 2001, pel qual s'aprova el Reglament de Tallers de reparació de vehicles automòbils disposa que "el taller es fa responsable de l'estat i conservació del vehicle mentre no sigui retirat".
II.- En aquest cas concret les parts es posen d'acord sobre les condicions del dipòsit del vehicle, sobre l'absència de pagament per part del seu propietari, 5 mesos després d'aquell dipòsit de cap avançament sobre les despeses de reparació, sobre la demanda a l'inici del mes d'abril de 2004, per via telefònica de Gaya a Pina de pagar l'import necessari per a la reparació i en el seu defecte sobre la intenció de Gaya de treure el vehicle del taller que li molestava.
Pertany a la part defenent de demostrar que havia retornat el vehicle al seu propietari entre el 8 i el 13 d'abril de 2004, període durant el qual va ser danyat per tercers.
III.- En ressurt de la prova practicada en autes que Pino va afirmar que al moment en que el vehicle va ser retirat del taller va arribar el Sr. Pina i acte seguit el Sr. Gaya li va retornar les claus del vehicle; que el Sr. Farré va confirmar aquestes declaracions.
Si bé el primer testimoni certament és un empleat de la part defenent, el segon, contràriament al que afirma la part agent és un simple client no tenint cap lligam amb el Sr. Gaya.
Com ho observa amb bon criteri el primer jutge, solament poden ser testimonis directes dels fets, persones que tinguin una raó per freqüentar el taller en qualitat d'assalariats o de clients.
Cap element permet dubtar de la sinceritat d'aquests testimonis, les declaracions dels quals no estan en contradicció amb la declaració feta pel Sr. Gaya davant el Servei de Policia, limitant-se aquest a indicar que havia tret el vehicle després de moltes demandes dirigides al seu propietari de pagar les reparacions o de recuperar-lo.
El Tribunal, d'aquests testimoniatges n'ha deduït amb bon criteri la prova de la remesa del vehicle al seu propietari, per la restitució de les claus, posant de relleu l'extrema lleugeresa i desinterès manifest d'aquell per la reparació del citat vehicle, que a continuació va abandonar.
IV.- La desestimació del recurs d'apel·lació es tradueix en la imposició a la part apel·lant de les costes processals d'aquesta instància.
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas,
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
1.- Desestimar el recurs d'apel·lació interposat pel Sr. Pina.
2.- Confirmar la sentència dictada per l'Hble. Tribunal de Batlles en data 5 de febrer de 2007.
3.- Imposar a la part recurrent les costes d'aquesta instància.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.
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