I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 14/2008 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), 17 janvier 2008
Décision commentée : STSJAD 14/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:14, recours n° 267/07 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par demande du 7 juin 2004, Mme Catalá a sollicité la condamnation de M. Amador à consentir un acte authentique au profit de la Sra. Catalá, portant sur l'attribution de la pleine propriété et du droit réel d'usufruit sur une unité immobilière située à l'adresse mentionnée dans l'acte (non précisé dans la décision). Le défendeur a été déclaré en situation de rébellion.
Le Tribunal de Batlles, par jugement du 18 septembre 2006, a relevé d'office l'existence d'un défaut dans la constitution de la relation processuelle, tenant à l'absence de litisconsorce passif nécessaire. Il a en conséquence absous M. Amador et n'a pas statué sur les dépens.
La demanderesse a interjeté appel. Dans ses conclusions du 29 octobre 2007, elle sollicitait la révocation de la décision de première instance.
Les faits retenus par la Cour reposent sur plusieurs éléments. Par un contrat de fiducie du 13 mars 1993, M. Amador a reconnu que sa titularité sur les unités immobilières était purement fiduciaire, celles-ci appartenant au couple formé par Mme Catalá et son époux. Le mari est décédé le 10 mai 1995. La veuve a opté pour la propriété d'un quart des biens et l'usufruit des trois quarts restants, selon les termes de la décision. Le régime matrimonial a été liquidé. Par écrit du 2 juin 2004, le contrat de fiducie a été résolu, et le fiduciaire s'est engagé à comparaître devant notaire pour vendre les unités immobilières à l'indivision successorale formée par Mme Catalá et Mme Alfaro. La décision mentionne ce dernier acte comme inclusant le quart litigieux dans l'indivision successorale.
Le Tribunal supérieur devait donc se prononcer sur la composition de la relation processuelle, la décision de première instance ayant retenu la nécessité d'appeler Mme Alfaro, héritière du défunt époux, en qualité de codéfenderesse.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était double.
En premier lieu, il s'agissait de déterminer si l'exigence de litisconsorce peut être posée côté actif, comme le soutenait l'appelante. La Cour répond par la négative, ce qui signifie que nul ne peut être contraint d'agir en justice avec d'autres personnes.
En second lieu, et c'est le cœur du litige, il fallait établir si le litisconsorce passif nécessaire était requis, c'est-à-dire si Mme Alfaro devait être attraite à l'instance en qual
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 17 de gener de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2008 - ROJ: STSJAD 14/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal de la Sra. Catalá va formular demanda, de data 7-6-2004, envers el Sr. Amador, segons la qual sol·licitava la condemna del defenent a l'atorgament d'escriptura pública a favor de la unitat immobiliària 2**, situat a l'XXXX, quant a l'atribució del domini i del dret real d'usdefruit als que feia referència a la demanda. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 janvier 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC- 267/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 17 de gener de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal de la Sra. Catalá va formular demanda, de data 7-6-2004, envers el Sr. Amador, segons la qual sol·licitava la condemna del defenent a l'atorgament d'escriptura pública a favor de la unitat immobiliària 2**, situat a l'XXXX, quant a l'atribució del domini i del dret real d'usdefruit als que feia referència a la demanda.
La part defenent fou declarada en situació processal de rebel·lia.
II.- L'Hble. Tribunal de Batlles va dictar sentència, de data 18-9-2006, en la que s'estableix: "DECIDEIX: Apreciar d'ofici l'existència d'un defecte en la constitució de la relació processal d'aquest procediment per manca de litisconsorci necessari, i per tant absoldre el Sr. Amador de la demanda; i sense fer especial pronunciament en costes processals".
III.- La representació processal de la part agent ha interposat recurs contra la sentència d'instància i, en data 29-10-2007, va presentar escrit de conclusions, en virtut del qual i pels arguments continguts en el mateix, demanava la revocació de la resolució dictada.