STSJAD 42/2008 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 mars 2008, rec. 379/07)
Décision commentée : STSJAD 42/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:42 (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence « Juridiction andorrane, — » fournie avec la demande n'étant pas une référence canonique, la citation ci-dessus reprend l'identifiant ROJ et l'ECLI figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Par sentence du 9 juin 2005, le Jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona (Espagne) a prononcé la dissolution, par divorce, du mariage contracté entre M. Gálvez et M. Sainz (les demandeurs). Les demandeurs ont ensuite saisi conjointement le Tribunal Superior de Justícia d'Andorre d'une demande d'exequatur, tendant à ce que la décision étrangère soit déclarée exécutoire en Principauté d'Andorre.
Le Ministère public n'a pas formulé d'opposition à l'octroi de l'exequatur (non précisé dans la décision : les motifs de cette absence d'opposition ne sont pas exposés).
La formation de jugement était composée de Jean Louis Vuillemin, magistrat rapporteur, de Joan Manel Abril Campoy et d'Eulàlia Amat Llari. La décision est rédigée en catalan.
Le texte ne précise ni la nationalité des parties, ni leur domicile, ni la date à laquelle le divorce est devenu définitif dans l'ordre espagnol, ni le contenu exact des règles de conflit de lois appliquées par le juge espagnol (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée au Tribunal était de savoir si une décision de divorce rendue par une juridiction espagnole remplissait les conditions requises pour être reconnue et rendue exécutoire en Andorre, au regard de l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993.
Ce texte, cité dans les références législatives liées à la décision, subordonne l'exequatur à la vérification de plusieurs conditions cumulatives, que la motivation énumère :
- la compétence de la juridiction d'origine ;
- la régularité de la procédure suivie devant elle ;
- l'application de la loi désignée par les règles nationales de conflit de lois ;
- la conformité de la décision à l'ordre public national et international ;
- l'absence de fraude à la loi nationale.
Solution et dispositif
Le Tribunal estime que la décision étrangère satisfait à l'ensemble de ces exigences. Il énonce dans ses motifs :
« [...] que la sentència és conforme a l'ordre públic nacional i internacional, i que no consta cap frau a la Llei nacional. »
Il en déduit que la sentence espagnole doit être déclarée exécutoire en Principauté. Sur les dépens, il retient l'usage propre à la matière selon lequel l'exequatur n'emporte pas de condamnation particulière aux frais.
Le dispositif, rédigé en catalan, est traduit fidèlement comme suit (traduction libre de l'original) :
« Accueillir la demande d'exequatur formée par MM. Gálvez et Sainz, déclarer exécutoire la sentence rendue le 9 juin 2005 par le Jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona (Espagne), qui a prononcé la dissolution par divorce du mariage contracté entre les demandeurs ; sans condamnation particulière aux dépens. »
Portée et enseignement pratique
1. Une décision de contrôle formel de l'exequatur. La décision illustre la logique de l'exequatur en droit andorran : le juge ne réexamine pas le fond du divorce, mais vérifie des conditions de régularité et de compatibilité. La motivation est toutefois très succincte. Elle procède par affirmation globale de la réunion des cinq conditions, sans développer, pour chacune, les éléments de fait qui la fondent. Cette brièveté tient vraisemblablement à la nature non contentieuse de la demande, la partie adverse ne s'étant pas opposée (point que le texte ne développe pas).
2. Le caractère conjoint de la demande. La demande est présentée conjointement par les deux ex-époux. La décision ne tire aucune conséquence juridique particulière de ce mode de saisine, qui n'est pas discuté. Elle ne dit pas non plus si la demande aurait été traitée différemment en présence d'une opposition.
**3. Le contrôle
Sentència
TSJC- 379/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de març de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per sentència de data 9 de juny de 2005, el jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona (Espanya), va declarar dissolt el matrimoni per divorci dels senyors Gálvez i Sainz.
II.- La representació processal dels senyors Gálvez i Sainz, va presentar una demanda d'exequàtur de forma conjunta, a fi i efecte que es declari executòria a Andorra la resolució estrangera esmentada.
III.- El Ministeri Fiscal no s'oposa a l'atorgament de l'exequàtur de la Sentència de referència.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin.
FONAMENTS DE DRET
I.- De l'examen de la resolució dictada el dia 9 de juny de 2005, pel Jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona, se'n disposa que la mateixa compleix tots els requisits establerts en l'art. 49 de la Llei Transitòria de Procediments Judicials, i més concretament: que la jurisdicció que l'ha dictada era la competent; que el procediment seguit davant d'aquesta jurisdicció era regular; que s'ha aplicat la Llei competent segons les regles nacionals de conflicte ; que la sentència és conforme a l'ordre públic nacional i internacional, i que no consta cap frau a la Llei nacional.
Per consegüent, s'ha de declarar executòria al Principat d'Andorra la Sentència dictada el dia 9 de juny de 2005, pel Jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona.
II.- En matèria d'exequàtur, és costum de no fer especial condemna en costes processals.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas,
Decisio
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
Estimar la demanda d'exequàtur dels senyors Gálvez i Sainz, decretar executiva la sentència dictada el dia 9 de juny de 2005 pel Jutjat de Primera Instància núm. 5 de Badalona (Espanya), que va declarar dissolt per divorci, el matrimoni contret entre els demandants; Sense fer especial condemna en costes judicials.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.
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