I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 mars 2008 (ROJ STSJAD 49/2008)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, sentència du 27 mars 2008, recurs n° 323/07, ROJ STSJAD 49/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:49 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans les métadonnées était incomplète (« Juridiction andorrane, — »). Elle a été complétée à partir des mentions figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Une femme et un homme, ayant vécu en union libre, se sont séparés en 2002. De leur relation est née une fille, le 18 août 1999. Par demande du 16 décembre 2005, la mère a sollicité l'attribution de la garde et de la custodie de l'enfant, un régime de visites, une pension alimentaire mensuelle de 300 euros et le partage des dépenses extraordinaires, ainsi que la condamnation de la partie adverse aux dépens. Le père, défendeur, a conclu au rejet et formé une demande reconventionnelle tendant à la garde partagée, avec alternance hebdomadaire et partage des vacances. Le ministère public a conclu au maintien de l'autorité parentale partagée, à l'attribution de la garde à la mère et à une pension de 450 euros.
Par jugement du 7 septembre 2007, le Batlle (juge de première instance) a fait partiellement droit aux prétentions de chacune des parties. Il a attribué la garde et la custodie à la mère, maintenu l'autorité parentale conjointe, organisé un droit de visite un week-end sur deux avec répartition des vacances et fixé une pension de 400 euros mensuels, indexée annuellement sur l'IPC, les dépenses extraordinaires étant partagées par moitié.
Le père a interjeté appel. Il demandait, à titre préliminaire, la production de pièces qui avaient été écartées en première instance (une demande de documents auprès du Servei de Telecomunicacions d'Andorra et deux autres mesures d'instruction), puis, sur le fond, la garde partagée et la révision à la baisse de la pension, qu'il jugeait disproportionnée au regard de ses revenus.
Le Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil, composé des magistrats Eulàlia Amat Llari (rapporteur), Joan Manel Abril Campoy et Jean Louis Vuillemin, a statué le
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de març de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2008 - ROJ: STSJAD 49/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data setze de desembre del 2005 la representació processal de la Sra. Espada va formular demanda d'atribució de guarda i custòdia de menor contra el Sr. Morales, argumentant que va conviure amb el demandat com parella de fet i que fruit d'aquesta relació havia nascut la menor Alvarado en data 18 d'agost del 1999, que l'any 2002 els litigants van donar per finalitzada la seva relació i que des d'aquell moment el demandat havia abonat a la seva mandant en concepte de pensió per la filla per decisió unilateral 180 euros mensuals, durant deu mesos l'any i sense participa… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mars 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA
TSJC-323/07
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de març de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data setze de desembre del 2005 la representació processal de la Sra. Espada va formular demanda d'atribució de guarda i custòdia de menor contra el Sr. Morales, argumentant que va conviure amb el demandat com parella de fet i que fruit d'aquesta relació havia nascut la menor Alvarado en data 18 d'agost del 1999, que l'any 2002 els litigants van donar per finalitzada la seva relació i que des d'aquell moment el demandat havia abonat a la seva mandant en concepte de pensió per la filla per decisió unilateral 180 euros mensuals, durant deu mesos l'any i sense participar en les despeses extraordinàries de la nena. Per aquest motiu, sol·licitava que es dictés Sentència declarant que la pàtria potestat sobre la menor corresponia als dos cònjuges, atribuint-li a ella la guarda i custòdia de la seva filla, fixant un règim de visites que proposava, una pensió mensual de 300 euros, més la meitat de les despeses extraordinàries de la nena i imposant les costes del procediment a l'adversa.
II.- El Sr. Morales va contestar a la demanda en data 13 de gener del 2006 manifestant que, des de que es va separar de la seva parella fins aquell moment, ell s'havia fet càrrec cada dia de la menor fins que la seva mare sortia de la feina, mentre que ara sols li permetia veure-la els caps de setmana alterns, que si bé és cert que en un primer moment pagava una pensió de 150 euros, a partir del 2004 en va pagar 180 i, des del mes de setembre del 2005, 200, que a més havia satisfet moltes altres despeses de la menor. Presentava alhora demanda reconvencional sol·licitant que s'atorgués la guarda i custòdia compartida de la menor a ambdós progenitors, restant amb cada un d'ells una setmana alternativa i les vacances per meitat, fent-se càrrec cada un d'ells de les despeses ordinàries que es produïssin durant els dies de convivència i per meitat de les extraordinàries.