I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 138/2008 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 mai 2008, recurs n° 356/07)
Décision commentée : STSJAD 138/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:138 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 mai 2008, recurs n° 356/07) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige porte sur un terrain dénommé « P.P. », situé au terme du Tarter, paroisse de Canillo, dont la société « Tamarit » est propriétaire. Un contrat de location portant sur ce terrain a expiré le 31 juillet 2006, et le bailleur a repris la possession immédiate du bien.
Le 8 août 2006, la société a sollicité du Comú de Canillo une licence de clôture. Le même jour, le Comú a autorisé la clôture, mais uniquement dans les limites figurant sur une photographie aérienne jointe au dossier (f° 54). La société a formé un recours contre cette résolution le 18 octobre 2006 (f° 55). Avant qu'il ne soit tranché, elle a néanmoins clôturé la propriété le 29 novembre 2006, selon des limites qu'elle estimait correctes. Le 6 décembre 2006, elle a demandé la citation du Comú en jugement verbal.
Le 19 décembre 2006, la Commission technique d'urbanisme a estimé qu'en raison de l'opposition de la propriétaire sur les limites du terrain, une incertitude existait et qu'il fallait engager une procédure de délimitation. Un dossier de sanction pour infraction urbanistique, notifié le 12 décembre 2006, a été suspendu lorsque la Commission a accueilli le recours de la demanderesse, au motif qu'une photographie aérienne ne constituait pas un moyen suffisant pour fixer les limites entre fonds.
La demande interdictale a été introduite le 15 janvier 2007. Le Comú de Canillo a répondu en soutenant que l'action interdictale n'est pas recevable contre l'Administration lorsque celle-ci agit dans le cadre de ses compétences et selon la procédure administrative applicable, ce qui caractérisait selon lui un défaut manifeste de légitimation passive. Par jugement du 16 octobre 2007, le Batlle a rejeté intégralement la demande et mis les dépens à la charge de la société. Celle-ci a interjeté appel.
La Sala Civil était composée de Jean Louis Vuillemin (président), Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari (magistrate rapporteure).
Question de droit
La question posée à la Cour était de savoir si une action interdictale peut être exercée contre une décision de l'Administration communale refusant d'autoriser la clôture d'une propriété selon les limites revendiquées par le propri
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 15 de maig del 2008 - ROJ: STSJAD 138/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 15 de gener del 2007 la representació processal de la societat "Tamarit" va formular demanda interdictal contra l'Hble. Comú de Canillo, argumentant que se sentia pertorbada i amenaçada en la lliure i pacífica possessió d'un terreny de la seva propietat conegut com "P.P." al no haver-li estat autoritzat el tancament de l'esmentada finca en els límits que, segons el seu parer, sempre havia tingut. Per aquesta raó, sol·licitava que es dictés Sentència estimant la demanda interposada i ordenant que es mantingués, respectés i permetés el lliure i pacífic ús i gaudim… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 mai 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC-356/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 15 de gener del 2007 la representació processal de la societat "Tamarit" va formular demanda interdictal contra l'Hble. Comú de Canillo, argumentant que se sentia pertorbada i amenaçada en la lliure i pacífica possessió d'un terreny de la seva propietat conegut com "P.P." al no haver-li estat autoritzat el tancament de l'esmentada finca en els límits que, segons el seu parer, sempre havia tingut. Per aquesta raó, sol·licitava que es dictés Sentència estimant la demanda interposada i ordenant que es mantingués, respectés i permetés el lliure i pacífic ús i gaudiment de la finca de la què és propietària la seva mandant amb els límits que evidenciava el tancament en aquell dia existent i la defenent s'abstingués de pertorbar-lo o inquietar-lo en el futur, condemnant-la a més al pagament de les costes generades pel procediment.
II.- La representació processal de l'Hble. Comú de Canillo va contestar a la demanda en data 12 de febrer del 2007 oposant-se a la mateixa i argumentant que l'acció interdictal no procedia contra l'Administració quan les decisions d'aquesta s'haguessin pres dintre del marc de les seves competències i en ús de les seves atribucions administratives, amb observança, per tant, de les normes de procediment administratiu, raó per la qual existia una manca clara de legitimació passiva de la seva mandant.