I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justicia d'Andorra (Sala Civil), 15 mai 2008, n° 307/07 (ROJ STSJAD 144/2008)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 15 mai 2008, recours n° 307/07, ROJ STSJAD 144/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:144 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus a été reconstituée à partir des identifiants figurant dans le texte intégral.
Faits et procédure
Par un contrat de promesse irrevocable de vente du 29 janvier 2003, complété par un avenant du 24 mai 2004, la société Vives s'engageait à vendre à M. Cano et à Mme Tur un appartement, une place de stationnement et un débarras situés dans l'immeuble « Panorámic » d'Escaldes, pour un prix global de 270 455,55 EUR, dont les acquéreurs avaient réglé 60 %. La date initiale de livraison, fixée en février 2004, n'a pas été respectée. L'avenant a reporté la livraison au 15 août 2004 et prévoyait, en compensation de tout dommage lié au retard, la prise en charge par le vendeur des honoraires du notaire ainsi que des modifications du projet sans coût supplémentaire.
Des difficultés sont survenues en juillet 2004, les acquéreurs invoquant des défauts, manques et pathologies affectant les biens, si bien que l'acte authentique n'a pas été signé. Les acquéreurs ont saisi le Tribunal de Batlles (section civile) par la voie de la procédure ordinaire. Ils demandaient notamment l'exécution forcée de la promesse, la réalisation de travaux et une indemnisation mensuelle de 1 200 EUR depuis la date convenue de livraison. La société Vives a conclu au rejet, invoquant une force majeure et l'inexécution de l'obligation de signature par les acquéreurs, et a formé une demande reconventionnelle en résolution du contrat.
Par jugement du 17 septembre 2007, le Tribunal de Batlles a accueilli la demande principale, rejeté la reconventionnelle et condamné la société Vives, notamment, à régulariser la vente, à réaliser les travaux identifiés par expertise, à verser 1 200 EUR par mois à compter du 15 août 2004 jusqu'à la remise effective de possession, et à supporter les dépens.
La société Vives a interjeté appel. Le litige en appel se limite, selon les motifs de la décision, à la question de l'indemnisation du préjudice allégué par les acquéreurs.
Question de droit
La question soumise à la Sala Civil du Tribunal Superior de Justicia tenait à l'étendue et à l'évaluation de l'indemnisation due au titre du retard de livraison. Trois points étaient en débat :
- Les loyers acquittés par les acquéreurs pour se loger, alors qu'ils disposaient déjà d'un logement en propriété, constituent-ils un préjudice imputable au retard ?
- Le préjudice professionnel allégué, lié au maintien du cabinet de M. Cano dans ses locaux antérieurs, est-il réparable dans sa totalité ?
- Les autres chefs de préjudice invoqués, de nature morale ou accessoire, justifient-ils une indemnisation distincte ?
La décision ne cite aucun texte légal précis : elle se réfère à « la législation en vigueur » et aux « Usages et Coutumes applicables » (non précisé dans la décision pour
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 15 de maig del 2008 - ROJ: STSJAD 144/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El Sr. Cano i la Sra. Tur varen presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari contra la societat Vives, en la qual interessava que en el seu dia es dictés sentència que condemnés la societat defenent : 1) al compliment de la promesa irrevocable de compravenda de data 29 de gener del 2003 i addenda de 24 de maig del 2004, en el sentit de condemnar a la societat Vives a atorgar escriptura pública de compravenda a favor dels demandants davant del Notari Sancho o, en el seu defecte, que l'Hble. Batllia escripturi en substitució de la part d… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 mai 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC- 307/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El Sr. Cano i la Sra. Tur varen presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari contra la societat Vives, en la qual interessava que en el seu dia es dictés sentència que condemnés la societat defenent : 1) al compliment de la promesa irrevocable de compravenda de data 29 de gener del 2003 i addenda de 24 de maig del 2004, en el sentit de condemnar a la societat Vives a atorgar escriptura pública de compravenda a favor dels demandants davant del Notari Sancho o, en el seu defecte, que l'Hble. Batllia escripturi en substitució de la part demandada, fent entrega i lliurant la possessió als Srs. Cano - Tur, de les unitats immobiliàries que consten en la promesa irrevocable de compravenda signada entre les parts; 2) a complir amb el contracte de promesa de compravenda signat el dia 29 de gener del 2003 i addenda de 24 de maig del 2004, declarant que esta obligada a entregar les unitats immobiliàries promeses, d'acord amb el que es va pactar al citat contracte i addenda, memòria de qualitat i plànols, condemnant-la a realitzar totes les obres i reparacions necessàries, per a que tant aquestes com els elements comuns, s'entreguin com es va convindré, i pel cas de no voler o poder fer les citades obres i reparacions, o en el supòsit de fer-les de forma defectuosa, que es descompti del preu total convingut al pacte primer de la citada promesa de compravenda, el montant del cost econòmic i dels danys i perjudicis que suposaria dur a terme per aquesta part, les eventuals reparacions i mancances sofertes, que a criteri d'aquesta part s'haurien d'avaluar en període d'execució de sentència; 3) al pagament dels danys i perjudicis econòmics i morals ocasionats, consistent en el pagament de 1.200 EUR mensuals, o la quantitat que es consideri més ajustada a dret, des de la data pactada d'entrega, fins a l'entrega efectiva de les unitats immobiliàries, objecte de la referenciada promesa de compravenda.