I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 68/2009 (TSJ d'Andorre, Sala Civil, 26 mars 2009)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), sentència du 26 mars 2009, recurs 87/08, STSJAD 68/2009, ECLI:AD:TSJADAD:2009:68 (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI) a été retenue.
Faits et procédure
Le 22 février 2005, un incendie s'est déclaré dans l'immeuble « CR » à Andorre-la-Vieille. Selon les constatations retenues par la Cour, le sinistre trouvait son origine dans la boutique « E.M. », exploitée par la société « E.M. SL », au niveau d'un appareil électrique situé dans la zone de l'étalage. Le fumée et l'eau utilisée par les sapeurs-pompiers ont endommagé le fonds de commerce « O. », dont M. Pérez était titulaire, ainsi que les marchandises qui s'y trouvaient.
M. Pérez a assigné devant le Tribunal de Batlles la société « E.M. SL », la compagnie d'assurances « C. », la copropriété de l'immeuble et la compagnie « A.P. ». Il réclamait notamment 46 279 euros au titre des dommages matériels, ainsi que des indemnités pour préjudice moral et pour perte de bénéfices. Par jugement du 26 février 2008, le Tribunal de Batlles a rejeté la demande.
Le demandeur a interjeté appel en sollicitant la révocation du jugement et la condamnation de la société « E.M. SL » et de son assureur à lui verser 30 000 euros. Le désistement, en appel, de l'action dirigée contre la copropriété et son assureur est intervenu, la responsabilité de la société « E.M. SL » n'étant plus contestée. Le demandeur a également renoncé à ses demandes d'indemnisation du préjudice moral et du manque à gagner, en raison de la disparition, dans l'incendie, des documents qui auraient permis de les établir.
Question de droit
La Cour devait résoudre deux questions.
La première concernait l'imputation du sinistre. Il fallait déterminer si la société exploitant la boutique, titulaire de l'installation électrique à l'origine de l'incendie, pouvait être exonérée par le fait qu'un prestataire assurait l'entretien régulier de cette installation.
La seconde, plus délicate, portait sur l'évaluation du préjudice matériel lorsque les biens endommagés ont été détruits ou ne peuvent plus être examinés contradictoirement. Il s'agissait de savoir si la victime doit, dans ce cas, établir strictement le montant de son dommage, ou si l'attitude du défendeur, qui n'a pas procédé à une évaluation en temps utile, peut être prise en compte dans l'appré
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 26 de març de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 26 de març del 2009 - ROJ: STSJAD 68/2009 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El 14 de febrer del 2006 la representació processal del Sr. Pérez va formular demanda contra la societat mercantil andorrana "E.M. SL", la companyia d'assegurances "C.", la Comunitat de Propietaris de l'edifici "CR" i la companyia d'assegurances "A.P." sol·licitant que es dictés Sentència condemnant als defenents al pagament de la suma de 46.279 euros, import dels danys que va patir el negoci propietat del Sr. Pérez com a conseqüència del sinistre del què considerava responsables als defenents, més el interessos legals d'aquesta suma a partir de la contesta a la demanda… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 26 mars 2009 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-087 /08
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 26 de març de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El 14 de febrer del 2006 la representació processal del Sr. Pérez va formular demanda contra la societat mercantil andorrana "E.M. SL", la companyia d'assegurances "C.", la Comunitat de Propietaris de l'edifici "CR" i la companyia d'assegurances "A.P." sol·licitant que es dictés Sentència condemnant als defenents al pagament de la suma de 46.279 euros, import dels danys que va patir el negoci propietat del Sr. Pérez com a conseqüència del sinistre del què considerava responsables als defenents, més el interessos legals d'aquesta suma a partir de la contesta a la demanda o, subsidiàriament, que fossin condemnats a abonar-li la quantitat de 30.000 euros que les demandades estaven disposades a pagar-li en un principi per compensar al seu mandant pels danys que havia patit. La representació processal del Sr. Pérez sol·licitava igualment una indemnització, a quantificar i acreditar en període probatori, pel perjudici moral sofert pel seu mandant, juntament amb els interessos de la quantitat resultant, més l'import equivalent als beneficis nets pel negoci "O." els dos anys anteriors a l'esmentat sinistre, per la pèrdua d'ingressos que aquest fet li havia comportat, imposant a més als defenents la totalitat de les costes del procediment.