STSJAD ANDORRA, a 23 de maig del 2024 - ROJ: STSJAD 114/2024
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé23 mai 2024
Numéro37/2024
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 23 mai 2024, n° 104/2024 (ROJ: STSJAD 114/2024)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 23 mai 2024, n° 104/2024, recours n° 37/2024, ROJ : STSJAD 114/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:114 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de l'exécution et de la rupture d'un contrat de travail régi par le droit andorran. Les relations professionnelles entre le salarié, M. Tur, et son employeur, la société commerciale Mena, avaient débuté le 7 janvier 2015. Au moment de la rupture de son engagement, le salarié percevait une rémunération brute mensuelle fixée à 1 388 euros, correspondant à un taux journalier de 82,18 euros.
Par une lettre remise en main propre en date du 11 septembre 2023, la direction de la société Mena a notifié à M. Tur son licenciement disciplinaire immédiat, sans préavis ni indemnité de rupture. À l'appui de cette mesure d'éviction, l'employeur imputait au travailleur une série de manquements et d'agissements fautifs survenus dans l'exécution de ses prestations professionnelles et au sein de l'environnement de travail, qualifiés globalement de négligences professionnelles caractérisées et de manquements graves au devoir de respect envers ses collègues.
Le contenu de la lettre de licenciement détaillait cinq griefs spécifiques :
1. En premier lieu, un épisode survenu le 25 mai 2023 au cours duquel le département des ressources humaines avait adressé une mise au point au salarié pour insoumission aux directives de son supérieur hiérarchique. Ce dernier lui avait enjoint de livrer des marchandises à un client dès la première heure (à compter de sa prise de poste à 8 heures) ; or, la livraison n'avait été réalisée qu'à 10 heures, provoquant un appel téléphonique de réclamation de la part du client à 8 heures 45.
2. En deuxième lieu, l'enregistrement par les caméras de vidéosurveillance de l'entrepôt d'attitudes réitérées révélant une négligence manifeste dans la manipulation et la conservation des marchandises ou des moyens matériels de l'entreprise, le salarié ayant été filmé à plusieurs reprises en train de jeter violemment des cartons sans ménagement pour les produits transportés.
3. En troisième lieu, des plaintes répétées émanant tant de son supérieur direct que de ses collègues de travail concernant son attitude générale, caractérisée par un refus de communication (« il ne parle à personne, ne parle pas à son responsable et perd son temps dans le magasin »), et ce en dépit d'une tentative d'aménagement de ses fonctions opérée le 11 août 2023 afin de lui confier des tâches isolées sans contact direct avec les autres membres du personnel.
4. En quatrième lieu, une altercation survenue le 9 août 2023 entre le salarié et l'un de ses collègues, M. Bernat, devant les autres membres de l'équipe, au cours de laquelle les deux protagonistes s'étaient affrontés verbalement et s'étaient insultés mutuellement, instaurant un climat de tension persistante ultérieurement alimenté par l'échange de messages sur l'application WhatsApp.
5. En cinquième et dernier lieu, un incident intervenu le 25 août 2023 à 14 heures 35 sur le quai de chargement de l'entreprise. Selon la relation des faits retenue par l'employeur à partir des enregistrements de vidéosurveillance, M. Tur, au volant du camion de l'entreprise qu'il conduisait, avait refusé d'attendre que son collègue M. Bernat finisse de fermer les portes arrière de son propre véhicule et quitte le quai d'embarquement ; en tentant d'engager prématurément sa manœuvre pour accéder au quai, M. Tur avait heurté le camion de M. Bernat – plus précisément son rétroviseur –, contraignant ce dernier à s'écarter en courant pour éviter un accident corporel grave.
Sur le fondement de ces faits, la société Mena reprochait au travailleur d'avoir méconnu ses obligations contractuelles par des négligences répétées et de s'être rendu coupable de voies de fait ou de mauvais traitements à l'égard d'un collègue (« *maltractat d'obra i consideració* »). L'employeur rattachait ces comportements à la faute très grave (*falta molt greu*) prévue à l'article 99, paragraphe 6 (visé matériellement comme le paragraphe 1, alinéa f) de la loi 31/2018 relative aux relations de travail (*Llei 31/2018, del Codi de relacions laborals*), justifiant à ses yeux le prononcé de la sanction de résiliation unilatérale prévue à l'article 100, sous-paragraphe d) de ladite loi. Concomitamment à la remise de la lettre de rupture, un solde de tout compte partiel avait été remis au salarié, comprenant notamment une indemnité compensatrice de congés payés.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Contestant la légitimité de la mesure de licenciement disciplinaire prise à son encontre, M. Tur a introduit, le 11 octobre 2023, une demande en justice en matière prud'homale (*demanda laboral*) devant la section de première instance de la juridiction andorrane (*Batllia d'Andorra*). Le demandeur sollicitait à titre principal :
- Que son licenciement disciplinaire soit judiciairement déclaré injustifié (*injustificat*) ;
- La condamnation de la société Mena à lui verser la somme brute de 22 265,63 euros à titre d'indemnité de licenciement injustifié, assortie de l'obligation pour l'employeur de déclarer cette somme et d'acquitter les cotisations sociales correspondantes auprès de la Caisse andorrane de sécurité sociale (*Caixa Andorrana de Seguretat Social* - CASS) ;
- La fixation de son salaire journalier de référence à 82,18 euros bruts ;
- Le paiement et la régularisation auprès de la CASS d'un reliquat d'indemnité de congés payés non déclarés s'élevant à 183,84 euros bruts ;
- Le versement de la rémunération afférente à la journée du licenciement (11 septembre 2023), soit 82,18 euros bruts, avec cotisations sociales afférentes ;
- La condamnation au paiement d'un solde net global réclamé de 21 067,10 euros, majoré des intérêts au taux légal à compter de la demande ;
- La régularisation de la cotisation relative à un montant de 555,78 euros figurant sur le bulletin de paie si la preuve n'en était pas rapportée en justice ;
- La condamnation intégrale de la partie défenderesse aux dépens, incluant les honoraires d'avocat et la taxe judiciaire.
La société Mena a formalisé son mémoire en réponse (*escrit de contesta a la demanda*) le 13 novembre 2023. Elle concluait au débouté intégral des prétentions indemnitaires du salarié et sollicitait la condamnation de celui-ci aux dépens de l'instance, tout en reconnaissant devoir au titre d'un complément d'indemnité compensatrice de congés payés la somme de 183,84 euros.
Par un jugement rendu le 23 janvier 2024, le juge de première instance (*Batlle d'instància*) a :
- Accueilli pour l'essentiel la demande du salarié ;
- Déclaré injustifié le licenciement disciplinaire notifié à M. Tur ;
- Condamné la société Mena à verser au travailleur la somme brute de 22 265,63 euros, assortie des intérêts au taux légal échus à compter du 13 novembre 2023 jusqu'à parfait paiement ;
- Enjoint à l'employeur de déclarer cette assiette et d'en acquitter les cotisations sociales afférentes auprès de la CASS ;
- Condamné la société défenderesse aux dépens d'instance ;
- Ordonné la transmission d'une copie de la décision devenue définitive à la CASS.
Pour fonder sa décision, le premier juge a opéré une requalification juridique minutieuse des griefs énoncés dans la lettre de rupture. Rappelant la jurisprudence constante selon laquelle l'absence de mention précise ou l'erreur formelle de visa du texte légal dans la lettre de notification n'entraîne pas ipso facto l'illégitimité du licenciement dès lors que les faits reprochés sont clairs, le magistrat a estimé qu'aucun des griefs matériellement établis ne pouvait être subsumé sous la qualification légale de faute très grave (*falta molt greu*) au sens de l'article 99 de la loi 31/2018 :
- Le retard de livraison du 25 mai 2023, n'ayant causé aucun préjudice matériel notoire à l'entreprise, relevait de la simple faute légère de l'article 97.1 ;
- Les négligences alléguées dans la manipulation du matériel s'inscrivaient dans le champ des fautes graves de l'article 98.1, alinéas e) et f) ;
- L'altercation verbale du 9 août 2023 avec M. Bernat constituait une faute légère au regard de l'article 97.7 ;
- Enfin, la manœuvre dangereuse au volant du camion le 25 août 2023, bien que méconnaissant les consignes de sécurité internes, constituait une faute grave au sens de l'article 98.1, alinéas j) et k), et non une faute très grave.
Constatant l'absence de faute très grave – seule nature de manquement susceptible, aux termes de l'article 100 de la loi, de fonder la rupture disciplinaire sans indemnité –, le premier juge a prononcé le caractère injustifié de l'éviction.
La société Mena a relevé appel de ce jugement devant la chambre civile du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (*Tribunal Superior de Justícia d'Andorra* - TSJ). L'appelante soutenait que le premier juge s'était livré à une appréciation probatoire « parcimonieuse et superficielle ». Elle plaidait :
- Que le geste de jeter violemment un carton pour le déplacer procédait d'une volonté délibérée et coupable constitutive de la faute très grave de l'article 99.1.c de la loi (destruction ou détérioration volontaire de matériel), faisant valoir que le préjudice d'atteinte à la réputation commerciale de l'entreprise suffisait à consommer l'infraction sans qu'il fût nécessaire d'établir une dégradation matérielle effective ;
- Que la manœuvre de conduite effectuée par M. Tur avec le camion ne procédait nullement d'une simple imprudence, mais d'un comportement délibéré et dolosif trouvant son origine directe dans l'altercation survenue quelques jours plus tôt avec M. Bernat ;
- Que cette manœuvre constituait une voie de fait ou de mauvais traitements physiques envers un collègue de travail (*maltractament d'obra*), réprimée au titre de la faute très grave de l'article 99.1.f, voire une violation préméditée et manifeste des règles élémentaires de sécurité au travail et de prévention des risques professionnels visée à l'article 99.1.m.
L'appelante demandait en conséquence l'infirmation intégrale du jugement entrepris et la condamnation de l'intimé aux entiers dépens.
M. Tur s'est constitué intimé, a conclu à la confirmation pure et simple de la décision entreprise et a sollicité la condamnation de l'appelante aux dépens d'appel, honoraires d'avocat compris. Il est à noter que l'appelante ne contestait pas à titre subsidiaire le quantum des sommes allouées à titre indemnitaire par le premier juge en cas de confirmation du caractère injustifié du licenciement.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
La chambre civile du Tribunal supérieur de justice d'Andorre était saisie d'une problématique centrale relative au contrôle de la qualification juridique des fautes disciplinaires et au principe de proportionnalité des sanctions en droit du travail.
La question posée à la cour d'appel s'articulait en deux volets indissociables :
1. D'une part, sur le terrain de la matérialité et de la qualification des manquements, le fait pour un salarié de projeter vigoureusement un colis sans détérioration matérielle constatée peut-il recevoir la qualification de faute très grave au sens de l'article 99.1.c de la loi 31/2018 au motif d'un prétendu « préjudice réputationnel » ? De même, une manœuvre de recul ou d'approche précipitée d'un camion sur un quai de déchargement
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 23 de maig del 2024 - ROJ: STSJAD 114/2024
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 23 mai 2024, n° 104/2024 (ROJ: STSJAD 114/2024)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 23 mai 2024, n° 104/2024, recours n° 37/2024, ROJ : STSJAD 114/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:114 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de l'exécution et de la rupture d'un contrat de travail régi par le droit andorran. Les relations professionnelles entre le salarié, M. Tur, et son employeur, la société commerciale Mena, avaient débuté le 7 janvier 2015. Au moment de la rupture de son engagement, le salarié percevait une rémunération brute mensuelle fixée à 1 388 euros, correspondant à un taux journalier de 82,18 euros.
Par une lettre remise en main propre en date du 11 septembre 2023, la direction de la société Mena a notifié à M. Tur son licenciement disciplinaire immédiat, sans préavis ni indemnité de rupture. À l'appui de cette mesure d'éviction, l'employeur imputait au travailleur une série de manquements et d'agissements fautifs survenus dans l'exécution de ses prestations professionnelles et au sein de l'environnement de travail, qualifiés globalement de négligences professionnelles caractérisées et de manquements graves au devoir de respect envers ses collègues.
Le contenu de la lettre de licenciement détaillait cinq griefs spécifiques :
En premier lieu, un épisode survenu le 25 mai 2023 au cours duquel le département des ressources humaines avait adressé une mise au point au salarié pour insoumission aux directives de son supérieur hiérarchique. Ce dernier lui avait enjoint de livrer des marchandises à un client dès la première heure (à compter de sa prise de poste à 8 heures) ; or, la livraison n'avait été réalisée qu'à 10 heures, provoquant un appel téléphonique de réclamation de la part du client à 8 heures 45.
En deuxième lieu, l'enregistrement par les caméras de vidéosurveillance de l'entrepôt d'attitudes réitérées révélant une négligence manifeste dans la manipulation et la conservation des marchandises ou des moyens matériels de l'entreprise, le salarié ayant été filmé à plusieurs reprises en train de jeter violemment des cartons sans ménagement pour les produits transportés.
En troisième lieu, des plaintes répétées émanant tant de son supérieur direct que de ses collègues de travail concernant son attitude générale, caractérisée par un refus de communication (« il ne parle à personne, ne parle pas à son responsable et perd son temps dans le magasin »), et ce en dépit d'une tentative d'aménagement de ses fonctions opérée le 11 août 2023 afin de lui confier des tâches isolées sans contact direct avec les autres membres du personnel.
En quatrième lieu, une altercation survenue le 9 août 2023 entre le salarié et l'un de ses collègues, M. Bernat, devant les autres membres de l'équipe, au cours de laquelle les deux protagonistes s'étaient affrontés verbalement et s'étaient insultés mutuellement, instaurant un climat de tension persistante ultérieurement alimenté par l'échange de messages sur l'application WhatsApp.
En cinquième et dernier lieu, un incident intervenu le 25 août 2023 à 14 heures 35 sur le quai de chargement de l'entreprise. Selon la relation des faits retenue par l'employeur à partir des enregistrements de vidéosurveillance, M. Tur, au volant du camion de l'entreprise qu'il conduisait, avait refusé d'attendre que son collègue M. Bernat finisse de fermer les portes arrière de son propre véhicule et quitte le quai d'embarquement ; en tentant d'engager prématurément sa manœuvre pour accéder au quai, M. Tur avait heurté le camion de M. Bernat – plus précisément son rétroviseur –, contraignant ce dernier à s'écarter en courant pour éviter un accident corporel grave.
Sur le fondement de ces faits, la société Mena reprochait au travailleur d'avoir méconnu ses obligations contractuelles par des négligences répétées et de s'être rendu coupable de voies de fait ou de mauvais traitements à l'égard d'un collègue (« maltractat d'obra i consideració »). L'employeur rattachait ces comportements à la faute très grave (falta molt greu) prévue à l'article 99, paragraphe 6 (visé matériellement comme le paragraphe 1, alinéa f) de la loi 31/2018 relative aux relations de travail (Llei 31/2018, del Codi de relacions laborals), justifiant à ses yeux le prononcé de la sanction de résiliation unilatérale prévue à l'article 100, sous-paragraphe d) de ladite loi. Concomitamment à la remise de la lettre de rupture, un solde de tout compte partiel avait été remis au salarié, comprenant notamment une indemnité compensatrice de congés payés.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Contestant la légitimité de la mesure de licenciement disciplinaire prise à son encontre, M. Tur a introduit, le 11 octobre 2023, une demande en justice en matière prud'homale (demanda laboral) devant la section de première instance de la juridiction andorrane (Batllia d'Andorra). Le demandeur sollicitait à titre principal :
Que son licenciement disciplinaire soit judiciairement déclaré injustifié (injustificat) ;
La condamnation de la société Mena à lui verser la somme brute de 22 265,63 euros à titre d'indemnité de licenciement injustifié, assortie de l'obligation pour l'employeur de déclarer cette somme et d'acquitter les cotisations sociales correspondantes auprès de la Caisse andorrane de sécurité sociale (Caixa Andorrana de Seguretat Social - CASS) ;
La fixation de son salaire journalier de référence à 82,18 euros bruts ;
Le paiement et la régularisation auprès de la CASS d'un reliquat d'indemnité de congés payés non déclarés s'élevant à 183,84 euros bruts ;
Le versement de la rémunération afférente à la journée du licenciement (11 septembre 2023), soit 82,18 euros bruts, avec cotisations sociales afférentes ;
La condamnation au paiement d'un solde net global réclamé de 21 067,10 euros, majoré des intérêts au taux légal à compter de la demande ;
La régularisation de la cotisation relative à un montant de 555,78 euros figurant sur le bulletin de paie si la preuve n'en était pas rapportée en justice ;
La condamnation intégrale de la partie défenderesse aux dépens, incluant les honoraires d'avocat et la taxe judiciaire.
La société Mena a formalisé son mémoire en réponse (escrit de contesta a la demanda) le 13 novembre 2023. Elle concluait au débouté intégral des prétentions indemnitaires du salarié et sollicitait la condamnation de celui-ci aux dépens de l'instance, tout en reconnaissant devoir au titre d'un complément d'indemnité compensatrice de congés payés la somme de 183,84 euros.
Par un jugement rendu le 23 janvier 2024, le juge de première instance (Batlle d'instància) a :
Accueilli pour l'essentiel la demande du salarié ;
Déclaré injustifié le licenciement disciplinaire notifié à M. Tur ;
Condamné la société Mena à verser au travailleur la somme brute de 22 265,63 euros, assortie des intérêts au taux légal échus à compter du 13 novembre 2023 jusqu'à parfait paiement ;
Enjoint à l'employeur de déclarer cette assiette et d'en acquitter les cotisations sociales afférentes auprès de la CASS ;
Condamné la société défenderesse aux dépens d'instance ;
Ordonné la transmission d'une copie de la décision devenue définitive à la CASS.
Pour fonder sa décision, le premier juge a opéré une requalification juridique minutieuse des griefs énoncés dans la lettre de rupture. Rappelant la jurisprudence constante selon laquelle l'absence de mention précise ou l'erreur formelle de visa du texte légal dans la lettre de notification n'entraîne pas ipso facto l'illégitimité du licenciement dès lors que les faits reprochés sont clairs, le magistrat a estimé qu'aucun des griefs matériellement établis ne pouvait être subsumé sous la qualification légale de faute très grave (falta molt greu) au sens de l'article 99 de la loi 31/2018 :
Le retard de livraison du 25 mai 2023, n'ayant causé aucun préjudice matériel notoire à l'entreprise, relevait de la simple faute légère de l'article 97.1 ;
Les négligences alléguées dans la manipulation du matériel s'inscrivaient dans le champ des fautes graves de l'article 98.1, alinéas e) et f) ;
L'altercation verbale du 9 août 2023 avec M. Bernat constituait une faute légère au regard de l'article 97.7 ;
Enfin, la manœuvre dangereuse au volant du camion le 25 août 2023, bien que méconnaissant les consignes de sécurité internes, constituait une faute grave au sens de l'article 98.1, alinéas j) et k), et non une faute très grave.
Constatant l'absence de faute très grave – seule nature de manquement susceptible, aux termes de l'article 100 de la loi, de fonder la rupture disciplinaire sans indemnité –, le premier juge a prononcé le caractère injustifié de l'éviction.
La société Mena a relevé appel de ce jugement devant la chambre civile du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra - TSJ). L'appelante soutenait que le premier juge s'était livré à une appréciation probatoire « parcimonieuse et superficielle ». Elle plaidait :
Que le geste de jeter violemment un carton pour le déplacer procédait d'une volonté délibérée et coupable constitutive de la faute très grave de l'article 99.1.c de la loi (destruction ou détérioration volontaire de matériel), faisant valoir que le préjudice d'atteinte à la réputation commerciale de l'entreprise suffisait à consommer l'infraction sans qu'il fût nécessaire d'établir une dégradation matérielle effective ;
Que la manœuvre de conduite effectuée par M. Tur avec le camion ne procédait nullement d'une simple imprudence, mais d'un comportement délibéré et dolosif trouvant son origine directe dans l'altercation survenue quelques jours plus tôt avec M. Bernat ;
Que cette manœuvre constituait une voie de fait ou de mauvais traitements physiques envers un collègue de travail (maltractament d'obra), réprimée au titre de la faute très grave de l'article 99.1.f, voire une violation préméditée et manifeste des règles élémentaires de sécurité au travail et de prévention des risques professionnels visée à l'article 99.1.m.
L'appelante demandait en conséquence l'infirmation intégrale du jugement entrepris et la condamnation de l'intimé aux entiers dépens.
M. Tur s'est constitué intimé, a conclu à la confirmation pure et simple de la décision entreprise et a sollicité la condamnation de l'appelante aux dépens d'appel, honoraires d'avocat compris. Il est à noter que l'appelante ne contestait pas à titre subsidiaire le quantum des sommes allouées à titre indemnitaire par le premier juge en cas de confirmation du caractère injustifié du licenciement.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
La chambre civile du Tribunal supérieur de justice d'Andorre était saisie d'une problématique centrale relative au contrôle de la qualification juridique des fautes disciplinaires et au principe de proportionnalité des sanctions en droit du travail.
La question posée à la cour d'appel s'articulait en deux volets indissociables :
D'une part, sur le terrain de la matérialité et de la qualification des manquements, le fait pour un salarié de projeter vigoureusement un colis sans détérioration matérielle constatée peut-il recevoir la qualification de faute très grave au sens de l'article 99.1.c de la loi 31/2018 au motif d'un prétendu « préjudice réputationnel » ? De même, une manœuvre de recul ou d'approche précipitée d'un camion sur un quai de déchargement
Andorra la Vella, a 23 de maig del 2024. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Alexandra Cornella Sola, la qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 37/2024 — Décision commentée
1.- En data 11 d'octubre de 2023, el senyor Tur interposà demanda laboral en reclamació d'indemnització per acomiadament fet en forma indeguda i en reclamació de quantitat contra la societat Mena, sol·licitant que es declarés que el seu acomiadament va ser injustificat i que la indemnització que li corresponia ascendia a 22.265,63 EUR bruts, amb l'obligació de Mena de cotitzar l'esmentada quantitat davant de la CASS. També demanava que es declarés que el preu per dia treballat pel dit senyor era de 82,18 EUR, essent la quantitat bruta pendent de declarar en concepte de vacances de 183,84 EUR bruts, havent la societat de cotitzar dita quantitat també davant de la CASS. A més, també demanava que es declarés que s'havia de satisfer al senyor Tur un dia de salari, corresponent al dia del seu acomiadament, d'un import de 82,18 EUR, havent- se també de cotitzar aquest import per part de la societat defenent. Interessava la condemna de la societat defenent a pagar-li la suma neta de 21.067,10 EUR, incrementada dels interessos al tipus legal des de la data de la seva demanda i a cotitzar la suma de 555,78 EUR que constava en el butlletí de salari, però només en el cas que en l'escrit de contesta a la demanda no s'acredités la cotització de la dita quantitat. Finalment demanava també la condemna de la societat defenent a satisfer la totalitat de les costes ocasionades, inclosos els honoraris d'advocat i la taxa judicial.
2.- En data 13 de novembre de 2023, la representació processal de la societat Mena articulà escrit de contesta a la demanda, oposant-se a la mateixa i demanant la seva desestimació, amb imposició del pagament de les costes processals ocasionades al treballador, inclosos els honoraris d'advocat i procurador. A més, en ella reconeixia que en concepte de vacances existia una retribució a favor de l'empleat de 183,84 EUR.
3.- En data 23 de gener de 2024 va recaure Sentència en la instància amb, entre altres, la següent part dispositiva:
"D E C I D E I X O:
PRIMER.- Estimar en gran part la demanda formulada per part del Sr. Tur contra la societat Mena.
SEGON.- Declarar com a injustificat l'acomiadament disciplinari acordat per la societat demandada en relació al Sr. Tur.
TERCER.- Condemnar a la societat Mena a satisfer al Sr. Tur 22.265,63EUR bruts més els interessos, al tipus legal, meritats per aquesta quantitat a partir del 13 de novembre del 2023 i fins a la seva íntegra liquidació. La quantitat bruta resultant d'aquesta Sentència haurà de ser declarada i cotitzada a la Caixa Andorrana de Seguretat Social.
QUART.- Condemnar en costes a la part demandada.
CINQUÈ.- Notificar la present resolució a les parts. Un cop esdevinguda la fermesa de la present resolució se'n trametrà una còpia a la Caixa Andorrana de Seguretat Social. "
4.- Contra l'esmentada resolució ha interposat recurs d'apel·lació la representació processal de la societat Mena en considerar, essencialment, que el jutjador a quo va efectuar una valoració probatòria parca i superficial. Considera acreditada la conducta dolosa del treballador de llençar voluntàriament la capça per desplaçar-la i constituïda la falta greu de l'article 99.c) de la Llei de relacions laborals. A més, entén que la perillosa maniobra que el senyor Tur va efectuar amb el camió no es pot considerar imprudent sinó dolosa i que portava causa d'una prèvia discussió entre ambdós implicats en la mateixa, la part agent i el senyor Bernat. Considera que la mateixa és constitutiva d'un maltractament d'obra envers una company de feina, que s'inclou en la falta molt greu de l'article 99.f) i sinó que també es podria subsumir en la tipificada a l'apartat m) de l'article 99, ja que la maniobra evidencia una inobservança total i premeditada de les més elementals normes de seguretat en el treball i de les mesures de protecció i prevenció de riscos laborals. Sol·licita la íntegra estimació del recurs d'apel·lació i la revocació de la Sentència impugnada, amb condemna en costes processals a la part recorreguda.
5.- El senyor Tur s'oposa al recurs d'apel·lació interposat i demana la confirmació de la resolució d'instància, condemnant a la part recurrent al pagament de les costes processals ocasionades, inclosos els honoraris d'advocat.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- L'objecte del recurs d'apel·lació interposat rau en determinar si l'acomiadament disciplinari efectuat al senyor Tur per part de la societat Mena fou adequat o, per contra, fou injustificat i ha de donar lloc al pagament de la indemnització sol·licitada.
Segon.- No ha resultat discutit que la relació laboral entre el senyor Tur i la societat Mena s'inicià en data 7 de gener de 2015 i finalitzà per carta d'acomiadament de data 11 de setembre de 2023. El seu salari brut en aquest moment era d'un import mensual de 1.388 EUR.
La part apel·lant impugna la qualificació que la resolució d'instància efectua de les faltes que considera comeses pel senyor Tur, però en canvi no efectua cap greuge en relació als imports que la resolució condemna a abonar en concepte d'indemnització en considerar l'acomiadament indegudament efectuat.
Tercer.- El contingut literal de la carta d'acomiadament lliurada al senyor Tur en data 11 de setembre de 2023 és el següent:
"La Direcció de l'Empresa ha estat coneixedora de la falta de descurança en l'execució de la seva feina i de la manca de respecte envers els seus company, obligacions adjudicades al seu lloc de treball que ocupa en l'Empresa.
Tot i que li hem avisat de manera reiterada sobre la importància de seguir la correcta gestió dels procediments marcats en el seu treball, i de tenir respecte als companys, inclòs donant-li l'oportunitat (11/08/2023) de fer una altra tasca diferent, en la que no tingui contacte amb els companys, vostè ha tornat a cometre les mateixes infraccions.
Efectivament, l'Empresa ha tingut diferents queixes per part del seu Responsable i dels seus companys de treball:
El dia 25 de maig de 2023 el departament de Recursos Humans li va cridar l'atenció per no haver fet cas de les instruccions del seu Responsable quant al seu treball; anar a portar la mercaderia a un client a primera hora, i des de les 8h que va arribar, va portar la mercaderia al client a les 10h. Com a conseqüència el client va trucar a les 8,45h per queixar-se.
Tenim constància a través de les nostres càmeres de les seves actituds reiterades en el treball quant a la descurança en la conservació dels gèneres o dels mitjans materials de l'empresa; apareix en diferents ocasions tirant les caixes en el magatzem sense cap cura de la mercaderia.
De manera reiterada, tant el seu Responsable com els seus companys s'han queixat de la seva actitud; "no es parla amb ningú, no es parla amb el seu Responsable, i perd el temps en el magatzem."
En data 09/08/2023 el seu company, Bernat, i vostè mateix van tenir una baralla davant dels companys i es van a encarar arribant a insultar-se.
Com a conseqüència, d'aquesta discussió, es va incrementar la tensió amb els companys (amb missatges en el WhatsApp) i el dia 25 d'agost de 2023 a les 14:35 h, va quedar gravat a les nostres càmeres com vostè no es va voler esperar que el company, Bernat, tanqués les portes del camió i marxés, perquè vostè pogués entrar el moll, amb el camió que conduïa, i va topar amb el camió del company, amb sort sense ocasionar un accident greu, ja que ell va haver de sortir corrent.
Amb aquests fets anteriorment detallats vostè ha incorregut en una sèrie de negligències en el desenvolupament de les funcions que té encomanades i alhora vostè ha maltractat d'obra i consideració al company de treball, essent clarament sancionables i tipificats com falta laboral molt greu en l'apartat 6 de l'article 99 de la llei 31/2018 del Codi de Relacions Laborals.
Aquesta falta està sancionada en l'apartat d) de l'article 100 de la referida llei amb un Acomiadament disciplinari.
Per tant, l'Empresa, en exercici de la seva potestat sancionadora, ha decidit imposar-li com a sanció d'acomiadament disciplinari per la comissió de la referida infracció molt greu, que prendrà efecte a la notificació de la present, quedant definitivament resolta la seva relació laboral amb l'Empresa. Resta a la seva disposició la liquidació dels seus havers laborals."
El mateix dia de l'acomiadament se li lliurà una liquidació laboral per import de 555,78 EUR en concepte de vacances (folis 13 i 14), havent-se-li abonat la suma neta de 519,65 per aquest concepte (foli 15). Més tard i segons es deriva del foli 44, li van transmetre un complement de liquidació per import de 183,84 EUR, en concepte de vacances.
Quart.- La resolució recorreguda considera que, de conformitat amb la jurisprudència d'aquesta Sala, la manca de concreció del precepte que recull la falta invocada o l'error en referenciar-lo no comporta per sí sol que el comiat fos fet de forma indeguda. També considera que els fets no precisats en la carta no poden ser presos en consideració com a motius d'acomiadament. Conclou que la carta fonamenta l'acomiadament en dues causes: el fet d'incórrer en negligències en el desenvolupament de les funcions pròpies i el maltractament d'obra i consideració a un company de treball. Entén que les tres primeres situacions exposades en la missiva s'englobarien dins de les actuacions negligents en el desenvolupament de les pròpies funcions, però que aquestes no es poden subsumir en cap dels supòsits de falta molt greu de l'article 99 de la Llei de relacions laborals, sinó en l'article 98.1.e) i f). A més considera que l'incompliment consistent en haver portat una mercaderia amb retard, sense pèrdua o perjudici notori per l'empresa es situa en l'àmbit objectiu de la falta lleu de l'article 97.1 de la Llei. En relació a la baralla mantinguda amb el company de feina Bernat, conclou que aquesta s'ha de subsumir en la falta lleu prevista a l'article 97.7 de la Llei. I finalment pel que fa a l'episodi de la maniobra efectuada amb el camió que consta gravada en autes, entén que suposa un incompliment de les normes internes de l'empresa però considera que tot i la seva gravetat s'ha de subsumir en les faltes greus de l'article 98.1.j) i k), no donant lloc tampoc a la comissió de cap falta molt greu que permetés justificar l'acomiadament del treballador.
Per contra, la part recurrent considera que el tracte que el senyor Tur dispensà al material que havia d'entregar -referint-se al llançament amb força d'una caixa, segons consta gravat en autes- constitueix la falta molt greu prevista a l'article 99.1.c) de la Llei de relacions laborals, entenent que amb la seva actitud dolosa el treballador ocasionà un perjudici reputacional a l'empresa, no essent necessari que s'hagi produït un perjudici material, sinó que cal considerar suficient l'existència de provocació voluntària de desperfectes a l'empresa.
A més, també considera que la maniobra que el senyor Tur efectuà amb el camió -i que també consta gravada en autes- no és imprudent sinó dolosa, ja que porta causa d'una baralla prèvia amb el conductor de l'altre camió contra el que el senyor Tur gairebé va col·lidir. Entén que la conducta del treballador s'ha d'englobar en els apartats f) i m) de l'article 99.1 de la Llei de relacions laborals, que justifiquen plenament el seu acomiadament.
Cinquè.- La part apel·lant es limita a discutir la valoració de la gravetat que el jutjador a quo efectua dels acreditats comportaments del senyor Tur, que consten gravats en autes i han pogut ser visualitzats per totes les parts.
Pel que fa al tracte que el senyor Tur va dispensar a una de les caixes que l'empresa, per la que el mateix treballava, havia d'entregar i que es pot titllar de violenta, ja que la llença amb força, aquesta conducta pot ser efectivament constitutiva de les faltes greus previstes als articles 98.1.e) i f) de la Llei de relacions laborals ja que pot suposar un incompliment de les ordres i instruccions de l'empresa en relació al degut tractament de la mercaderia que constitueix l'objecte del seu servei i/o la descurança en la conservació dels gèneres o mitjans materials de l'empresa, en cas de derivar-se perjudicis per la mateixa.
Per contra, aquesta reprovable conducta no es pot incardinar en l'apartat c) de l'article 99, per intentar considerar-la com una falta molt greu -que pugui donar lloc a l'acomiadament efectuat-, ja que la mateixa resa: "fer desaparèixer, inutilitzar o causar desperfectes en materials, eines, aparells, instal·lacions, edificis estris i documents de l'empresa". No havent-se acreditat que s'hagi produït cap d'aquestes conductes descrites, que, a més, donada la coloració penal de la facultat disciplinaria prevista al dret laboral, no poden ser objecte d'àmplia interpretació.
I en relació a la també acreditada conducció del senyor Tur del camió de la societat recurrent en la maniobra que va arribar a col·lidir contra el retrovisor del que era conduït pel senyor Bernat, coincidim novament amb la valoració que n'efectua el Batlle d'instància que considera que la mateixa seria incardinable en les faltes greu tipificades en els apartats j) i k) de l'article 98.1 de la Llei de relacions laborals i no en la molt greu pretesa per la part recurrent i que es troba tipificada a l'article 99.1.m).
Per contra, la part recurrent s'oposa a la qualificació d'imprudent de la maniobra realitzada, considerant que en portar causa de la discussió que dies abans s'havia produït entre el senyor Tur i el senyor Bernat, aquesta s'ha de qualificar de dolosa. El cert és, però, que cap element probatori acredita la realitat d'aquesta prèvia discussió, havent declarat els testimonis cridats per la societat Mena, tots ells treballadors seus, que al senyor Tur li molestava que els conductors no avancessin més els camions en el moll de càrrega per tancar les seves portes posteriors sense provocar que els altres conductors s'haguessin d'esperar.
Dit en altres paraules, es desconeix el motiu de la imprudent maniobra efectuada pel senyor Tur.
Sisè.- Maniobra que, com efectua el Batlle d'instància, hem de qualificar d'imprudent tot matisant també que una vegada visualitzada la gravació que la conté, s'advera que no reuneix les característiques descrites per la part recurrent i que afecten directament a la qualificació de greus o de molt greus de les seves repercussions. Concloent que en aquest cas les mateixes podien ser greus.
Considerem, en conseqüència, que la valoració de les conductes del senyor Tur efectuada pel Batlle d'instància es troba més ajustada a la importància, transcendència intencionalitat i circumstàncies concurrents essent, en tot cas, més proporcionada als fets objecte dels presents autes.
Setè.- Havent encara d'afegir que a conseqüència de l'esmentat en el Fonament de Dret Cinquè.-, tampoc podem compartir amb la part recurrent l'argument relatiu a què l'acreditada perillosa maniobra efectuada pel senyor Tur amb el camió constitueixi la falta molt greu prevista en l'article 99.1.f), que tipifica "els maltractaments de paraula o d'obra, l'abús d'autoritat o una falta greu de respecte i consideració a l'empresari, i a les persones delegades per l'empresa i també als altres assalariats i al públic en general".
Vuitè.- La desestimació del recurs d'apel·lació ha de comportar la imposició de les costes produïdes en aquesta alçada a la part recurrent, de conformitat amb el contingut de l'article 354.2 del Codi de procediment civil.
Decisio
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil,
DECIDEIX
Primer.- DESESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal de la societat Mena contra la Sentència dictada pel senyor Batlle d'instància en data 23 de gener de 2024, que confirmem.
Segon.- Imposar a la part recurrent el pagament de les costes ocasionades en aquesta alçada.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.