STSJAD 17/1994 (Tribunal Superior de Justicia d'Andorre, 13 décembre 1994)
Décision commentée : STSJAD 17/1994, ECLI:AD:TSJADAD:1994:17 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 17/1994, ECLI:AD:TSJADAD:1994:17) a été retenue. Le numéro de sentence figurant en en-tête du texte (« 18-94 ») diffère de cette référence ; la source ne permet pas de trancher l'écart.
Faits et procédure
Le Tribunal de Corts d'Andorre a rendu, le 17 mars 1994, un auto de sobreseïment provisional (non-lieu provisoire). Il suivait en cela les réquisitions du ministère public, au motif que le dossier n'établissait pas que les querellants eussent remis au querellé les sommes qu'ils estimaient avoir été détournées.
L'affaire concerne la vente d'un véhicule automobile, désigné dans le texte sous le code « ORG_0 Celica Turbo 4 WD ». Les querellants, MM. Peña et Araujo, soutenaient avoir été victimes d'une escroquerie et avaient formé un recours de suplicació contre l'auto de non-lieu. Ils invoquaient trois éléments qu'ils qualifiaient d'indices de la tromperie :
- la qualité des acheteurs, connaisseurs et passionnés d'automobiles, abonnés à des revues spécialisées, qui auraient payé un prix supérieur d'environ un million de pesetas à la valeur du bien, différence qui ne pourrait s'expliquer que par une manœuvre trompeuse ;
- des contradictions relatives à la constitution d'un aval, dans le cadre des formalités administratives et douanières ;
- les antécédents du querellé, dont l'entreprise aurait été impliquée dans des faits similaires de vente d'automobiles.
Le recours fut examiné en audience devant le Tribunal Superior. Le ministère public s'y opposa et sollicita de nouveau le non-lieu, faute de preuves, relevant que les chèques remis étaient nominatifs et que la question relevait, selon lui, de l'illicéité civile et non pénale. Le conseil du querellé s'associa à cette position.
Question de droit
La question posée à la juridiction supérieure était double.
- Question principale : les faits dénoncés peuvent-ils être qualifiés d'escroquerie (estafa), ou, à tout le moins, présentent-ils des indices suffisants pour justifier la poursuite de l'instruction ?
- Question sous-jacente : la frontière entre le dol civil (tolérance du dol dans les pratiques commerciales) et la tromperie pénalement répréhensible, lorsqu'une transaction porte sur un bien dont le prix paraît anormal.
Le contrôle exercé à ce stade est celui de l'existence d'indices suffisants et non celui de la culpabilité, la décision précisant que la culpabilité doit être établie « au-delà de tout doute raisonnable », exigence propre à l'étape processuelle en cause.
Solution et dispositif
Le Tribunal Superior rejette le recours et confirme l'auto de non-lieu. Il retient que les faits « ne peuvent être considérés comme constitutifs du délit d'escroquerie, ni même indiciairement » (fonaments de dret, considérant 1). Il statue par la formule suivante, traduite fidèlement du catalan :
« Rejeter le rec
Sentència
SENTÈNCIA 18-94 DE 13 DE DESEMBRE DE 1994
Estafa.- "Dol civil".- Indicis.- Despeses processals.
Antecedents de fet
ANTECEDENTS
RESULTANT: que en la causa de referència es va dictar pel Tribunal de Corts aute de data 17 de març de 1994, pel qual, d'acord amb el sol·licitat pel Ministeri Fiscal, va acordar el sobreseïment provisional, per no resultar acreditat en el sumari que els querellants haguessin lliurat al querellat les quantitats en què es consideren, defraudats.
RESULTANT: que contra l'aute de sobreseïment s'ha interposat el present recurs de suplicació pels querellants Srs. Peña i Araujo sota la representació i defensa del seu lletrat Sr. Pera i Anaya (que prèviament s'havia oposat a la petició de sobreseïment) al·legant com a fonaments del seu recurs els següents, segons apareixen exposats al seu escrit d'interposició del recurs: es reconeix que és cert que no existeixen documents acreditatius dels fets delictius que s'atribueixen; no obstant això en tractar-se d'un delicte d'estafa, l'engany com a element configurador es dedueix de les dades que s'assenyalen com a indicis, a saber: 1) el fet que els perjudicats fossin coneixedors d'automòbils i afeccionats a l'automobilisme; estant subscrits a les revistes especialitzades i a entitats automobilístiques, havent pagat per l'automòbil ORG_0 Celica Turbo 4 WD a què es fa referència a la causa un preu superior al que corresponia (i la diferència és de gairebé un milió de pessetes) només pot explicar-se per haver existit l'engany; 2) les contradiccions sobre la constitució de l'aval pels tràmits administratius i duaners i, 3) en darrer lloc, els antecedents que la empresa "A. Pera" del querellat, per altres fets similars en la venda d'automòbils. L'esmentat recurs va ésser admès pel Tribunal de Corts i previs els tràmits legalment establerts es va citar a les parts per comparèixer davant aquest Tribunal Superior.