I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ROJ : STSJAD 17/1995)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (STSJAD, Penal, 7 juin 1995, ROJ : STSJAD 17/1995 ; ECLI:AD:TSJADAD:1995:17) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un jugement du 30 mars 1994, le Tribunal de Corts (juridiction de première instance) a condamné cinq prévenus, dont M. Téllez, en qualité d'auteurs d'un délit majeur continué de vol. Pour M. Téllez, la peine prononcée était de deux ans et six mois d'emprisonnement, dont six mois fermes, le surplus faisant l'objet d'un sursis qualifié assorti d'une obligation d'indemnisation de la victime selon ses moyens. Le même jugement prévoyait la condamnation solidaire, à parts égales, aux frais de procédure et une indemnisation de la victime, fixée en exécution du jugement par référence à la valeur au prix de revient des cartons de tabac dérobés. Il rendait enfin applicable aux condamnés la grâce accordée par les Co-princes le 14 mars 1994, « en tant que de besoin ».
M. Téllez a formé un recours en appel (recurs de suplicació) devant le Tribunal supérieur de justice, Sala Penal, sur le fondement de l'article 3 du décret du 13 juillet 1990. Il invoquait, d'une part, l'absence de narration précise des faits tenus pour établis ou de fondement juridique suffisant, et, d'autre part, l'erreur dans l'appréciation de la preuve ou la violation de la présomption d'innocence. Dans ses écritures, le défenseur soutenait que le Tribunal de Corts avait accordé davantage de crédit aux déclarations des coïnculpés, tant devant la police que devant le juge d'instruction et à l'audience, qu'aux dénégations de son client, malgré des contradictions relevées dans ces déclarations. Il faisait également valoir que la peine avait été prononcée au-delà de celle requise par le ministère public, sans que les juges aient fait usage de l'obligation prévue par l'article 169 du Code de procédure pénale, et que l'indemnisation civile était injuste en ce qu'elle ne tenait pas compte de la participation inégale des prévenus au vol.
Le ministère public a conclu à la confirmation du jugement, estimant qu'il existait une concordance totale entre les déclarations des coïnculpés, sans animosité apparente. Il a par ailleurs considéré que la peine, fixée à deux ans et demi d'emprisonnement dont six mois fermes, avait été imposée par le tribunal pour des raisons légales, au regard des articles 40 et 239 du Code pénal.
Question de droit
La question posée à la juridiction d'appel était double. Il s'agissait, en premier lieu, de déterminer si des déclarations de coïnculpés pouvaient fonder à elles seules une condamnation pénale, et à quelles conditions. En second lieu, il fallait apprécier si la condamnation de M. Téllez, reposant exclusivement sur ces déclarations, respectait la présomption d
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Robatori continuat.- Error en l'apreciació de la prova.- Presumpció d'innocència. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 07 de juny del 1995 - ROJ: STSJAD 17/1995 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT : Que en la causa de referència el M.I Tribunal de Corts va dictar sentència el dia 30 de març de 1994 del qual dimana el referenciat rotlle. El M.I Tribunal de Corts va dictar sentència amb la següent part dispositiva : "FALLEM : Que hem de condemnar i condemnem els processats Amador , Salcedo , Raya , Téllez i Caro com a responsables penalment en el concepte d'autors d'un delicte major continuat de robatori amb la concurrència en el primer de la circumstància atenuant de menor de 21 anys i en el segon de la circumstància agreujant de reincidència, i sense la… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 07 juin 1995 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA 17-95 DE 7 DE JUNY DE 1995
Robatori continuat.- Error en l'apreciació de la prova.- Presumpció d'innocència.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT : Que en la causa de referència el M.I Tribunal de Corts va dictar sentència el dia 30 de març de 1994 del qual dimana el referenciat rotlle. El M.I Tribunal de Corts va dictar sentència amb la següent part dispositiva : "FALLEM : Que hem de condemnar i condemnem els processats Amador , Salcedo , Raya , Téllez i Caro com a responsables penalment en el concepte d'autors d'un delicte major continuat de robatori amb la concurrència en el primer de la circumstància atenuant de menor de 21 anys i en el segon de la circumstància agreujant de reincidència, i sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal en els altres tres, a les penes següents:
A Salcedo , a Raya i a Caro la pena de DOS ANYS I SIS MESOS DE PRESÓ dels quals un any de presó ferma i la resta condicional qualificada, amb obligació d'indemnitzar, segons els mitjans al seu abast a la víctima del delicte.
A Amador , a la pena de DOS ANYS I SIS MESOS DE PRESÓ, dels quals sis mesos ferms i la resta condicional qualificada amb obligació d'indemnitzar, segons els mitjans al seu abast, a la víctima del delicte.
A Téllez a la pena de DOS ANYS I SIS MESOS DE PRESÓ, dels quals sis mesos ferms i la resta condicional qualificada amb l'obligació d'indemnitzar segons els mitjans a la víctima del delicte.