STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 1995 - ROJ: STSJAD 98/1995
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé19 décembre 1995
Numéro84/94
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorre (Sala Administrativa), 19 décembre 1995, ROJ STSJAD 98/1995
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre (Sala Administrativa), 19 décembre 1995, ROJ STSJAD 98/1995, ECLI:AD:TSJADAD:1995:98 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Le litige porte sur une construction réalisée par M. Ayuso, qualifié d'« agent » dans la décision, qui n'a pas été conforme au projet approuvé par la commune d'Encamp (*Comú d'Encamp*). Le projet initial avait été approuvé le 4 mars 1987. À la suite de la dénonciation de deux voisins, une procédure fut engagée pour inexécution du projet approuvé. Un acord du 8 novembre 1991 ordonna à l'intéressé d'adapter la construction au projet initial dans un délai maximal de trente jours. Son opposition, formée avec les effets d'un recours d'alzada, fut rejetée par silence administratif. Faute de saisine de la juridiction administrative et fiscale dans le délai légal, cet acte est devenu ferme (fundament 6).
Par acord du 7 juillet 1994, la commune accorda à l'intéressé un dernier délai improrogeable de trente jours pour procéder à l'adaptation. Ce nouvel acte fut confirmé tacitement à la suite d'un recours d'alzada devant le Gouvernement (antecedents, point 1). Par sentence du 7 juillet 1995, la Section administrative du Tribunal de Batlles rejeta la demande formée contre cet acord.
M. Ayuso interjeta appel le 24 juillet 1995, formalisé le 14 septembre suivant. Il reprenait en appel les moyens de première instance, à savoir l'existence de vices de procédure, en particulier le défaut d'audition préalable, la prescription du droit de la commune à ordonner la démolition et la caducité de la procédure. La commune d'Encamp conclut au rejet. L'audience eut lieu le 27 novembre 1995. Le tribunal rendit sa sentence le 19 décembre 1995, sous le numéro 95-46 (affaire AD-084-2/94, recours n° 84/94), la rapporteure étant le magistrat Albert Andrés Pereira.
## Question de droit
La décision pose quatre questions, qui correspondent aux moyens soulevés par l'appelant.
1. **Nature de la mesure.** L'acte ordonnant l'adaptation de la construction, sous menace de démolition, constitue-t-il une sanction administrative ou une mesure de rétablissement de la légalité ?
2. **Audition préalable.** Le défaut d'audition préalable de l'intéressé entache-t-il la décision d'un vice de procédure ?
3. **Prescription.** Le droit de l'administration est-il prescrit, l'appelant invoquant un délai d'un an à compter de l'achèvement de la construction ?
4. **Caducité.** La caducité de la procédure peut-elle être retenue, alors que l'inactivité est imputable à l'administration ?
## Solution et dispositif
Le tribunal rejette l'appel sur chacun de ces points et confirme intégralement la sentence de première instance (fundament 14).
**Sur la nature de la mesure.** Le tribunal distingue les effets possibles d'une infraction aux normes d'urbanisme : les mesures de rétablissement de l'ordre juridique troublé, l'indemnisation des dommages et, en dernier lieu, la sanction administrative. Il affirme que les mesures de restauration « ne sont pas proprement de nature sanctionnatrice, car elles visent à assurer le respect des normes méconnues par une action illégale, alors que les sanctions administratives, ordinairement des amendes, entraînent une affliction supplémentaire pour leur auteur » (fundament 4). L'acte litigieux, qui impose l'adaptation des travaux sous avertissement de démolition, relève donc de la restauration de la légalité et n'a pas de caractère sanctionnateur (fundament 5).
**Sur l'audition préalable.** Le tribunal relève que l'intéressé avait déjà présenté ses observations lors de la procédure initiale, et que l'acte attaqué s'inscrit dans la phase d'exécution d'un acte administratif ferme. Il n'est donc pas nécessaire de reproduire ce stade (fundament 8).
**Sur la prescription.** Le tribunal distingue deux hypothèses : la prescription du droit de la commune à réagir contre l'infraction, et le délai pendant lequel l'administration peut poursuivre l'exécution d'actes fermes déjà adoptés. En l'espèce, le second cas s'applique
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 1995 - ROJ: STSJAD 98/1995
Tribunal Superior de Justícia d'Andorre (Sala Administrativa), 19 décembre 1995, ROJ STSJAD 98/1995
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre (Sala Administrativa), 19 décembre 1995, ROJ STSJAD 98/1995, ECLI:AD:TSJADAD:1995:98 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige porte sur une construction réalisée par M. Ayuso, qualifié d'« agent » dans la décision, qui n'a pas été conforme au projet approuvé par la commune d'Encamp (Comú d'Encamp). Le projet initial avait été approuvé le 4 mars 1987. À la suite de la dénonciation de deux voisins, une procédure fut engagée pour inexécution du projet approuvé. Un acord du 8 novembre 1991 ordonna à l'intéressé d'adapter la construction au projet initial dans un délai maximal de trente jours. Son opposition, formée avec les effets d'un recours d'alzada, fut rejetée par silence administratif. Faute de saisine de la juridiction administrative et fiscale dans le délai légal, cet acte est devenu ferme (fundament 6).
Par acord du 7 juillet 1994, la commune accorda à l'intéressé un dernier délai improrogeable de trente jours pour procéder à l'adaptation. Ce nouvel acte fut confirmé tacitement à la suite d'un recours d'alzada devant le Gouvernement (antecedents, point 1). Par sentence du 7 juillet 1995, la Section administrative du Tribunal de Batlles rejeta la demande formée contre cet acord.
M. Ayuso interjeta appel le 24 juillet 1995, formalisé le 14 septembre suivant. Il reprenait en appel les moyens de première instance, à savoir l'existence de vices de procédure, en particulier le défaut d'audition préalable, la prescription du droit de la commune à ordonner la démolition et la caducité de la procédure. La commune d'Encamp conclut au rejet. L'audience eut lieu le 27 novembre 1995. Le tribunal rendit sa sentence le 19 décembre 1995, sous le numéro 95-46 (affaire AD-084-2/94, recours n° 84/94), la rapporteure étant le magistrat Albert Andrés Pereira.
Question de droit
La décision pose quatre questions, qui correspondent aux moyens soulevés par l'appelant.
Nature de la mesure. L'acte ordonnant l'adaptation de la construction, sous menace de démolition, constitue-t-il une sanction administrative ou une mesure de rétablissement de la légalité ?
Audition préalable. Le défaut d'audition préalable de l'intéressé entache-t-il la décision d'un vice de procédure ?
Prescription. Le droit de l'administration est-il prescrit, l'appelant invoquant un délai d'un an à compter de l'achèvement de la construction ?
Caducité. La caducité de la procédure peut-elle être retenue, alors que l'inactivité est imputable à l'administration ?
Solution et dispositif
Le tribunal rejette l'appel sur chacun de ces points et confirme intégralement la sentence de première instance (fundament 14).
Sur la nature de la mesure. Le tribunal distingue les effets possibles d'une infraction aux normes d'urbanisme : les mesures de rétablissement de l'ordre juridique troublé, l'indemnisation des dommages et, en dernier lieu, la sanction administrative. Il affirme que les mesures de restauration « ne sont pas proprement de nature sanctionnatrice, car elles visent à assurer le respect des normes méconnues par une action illégale, alors que les sanctions administratives, ordinairement des amendes, entraînent une affliction supplémentaire pour leur auteur » (fundament 4). L'acte litigieux, qui impose l'adaptation des travaux sous avertissement de démolition, relève donc de la restauration de la légalité et n'a pas de caractère sanctionnateur (fundament 5).
Sur l'audition préalable. Le tribunal relève que l'intéressé avait déjà présenté ses observations lors de la procédure initiale, et que l'acte attaqué s'inscrit dans la phase d'exécution d'un acte administratif ferme. Il n'est donc pas nécessaire de reproduire ce stade (fundament 8).
Sur la prescription. Le tribunal distingue deux hypothèses : la prescription du droit de la commune à réagir contre l'infraction, et le délai pendant lequel l'administration peut poursuivre l'exécution d'actes fermes déjà adoptés. En l'espèce, le second cas s'applique
Sentència
Núm. de Protocol: AD-084-2/94
S E N T E N C I A NUM. 95-46
PARTS:
Apel.lant: Sr. Ayuso
Representant: Sra. Arcos
Advocat: Sr. Alvarado
Apel.lada: Hble. Comú d'Encamp
Representant: Sra. Pina
Advocat: Sr. Carnero
COMPOSICIO DEL TRIBUNAL:
Albert Andrés Pereira
A la vila d'Andorra la Vella, el 19 de desembre de
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel.lació a les actuacions número AD-084-2/94.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 84/94 — Décision commentée
1.- La sentència de 7 de juliol de 1995 de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, a la qual es fa expressa referència quant a l'exposició de fets i a les al.legacions de les parts, va desestimar la demanda interposada pel Sr. Ayuso contra l'acord del Comú d'Encamp de data 7 de juliol de 1994, confirmat per la resolució desestimatòria tàcita del recurs d'alçada formulat davant el M.I. Govern. L'acord impugnat va concedir a l'agent un darrer termini improrrogable de trenta dies per tal de que procedís a adaptar determinada construcció al projecte autoritzat anteriorment per la ORG_0 local.
2.- Contra aquesta sentència, la part agent presentà recurs d'apel.lació el 24 de juliol de 1995, el qual fou formalitzat el 14 de setembre següent davant d'aquest Tribunal Superior de Justícia. El recurrent reitera, en defensa de les seves pretensions, els mateixos arguments que ja va exposar a la primera instància, que es refereixen a l'existència de diversos vicis de procediment, especialment la manca del tràmit d'audiència de l'interessat, a la prescripció del dret del Comú a ordenar l'enderrocament de l'obra i a la caducitat del procediment.
3.- Del recurs d'apel.lació formulat per l'actora se'n va donar trasllat al Comú d'Encamp, el qual el va contestar mitjançant escrit presentat el 29 de setembre de 1995, en que sol.licita la seva desestimació i la confirmació íntegra de la sentència impugnada, per entendre que aquesta resulta plenament ajustada a Dret.
4.- El dia 27 de novembre de 1995 tingué lloc l'acte de la vista oral, en el qual les parts van exposar allò més adient a la defensa de llurs interessos.
Fonaments de dret
F O N A M E N T S D E D R E T
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, de conformitat a allò que estableix l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Les actuacions que suposen un incompliment de la normativa urbanística poden produir diversos efectes, entre els quals destaquen, per la seva importància, les mesures encaminades a restablir el compliment de l'ordre jurídic pertorbat, la indemnització de danys i perjudicis quan sigui escaient i, en darrer terme, la imposició d'una sanció administrativa.
Encara que l'ús d'una terminologia sovint inexacta pugui donar lloc a confusions, és necessari precisar que les mesures adoptades per l'Administració per tal de restaurar l'ordre jurídic infringit no són pròpiament de naturalesa sancionadora, ja que van adreçades a assegurar el compliment de les normes que han estat desconegudes per una actuació il.legal, mentre que les sancions administratives - ordinàriament multes- comporten una aflicció suplementària per al seu autor, imposada com a conseqüència d'aquella activitat.
A la vista d'això, resulta que el contingut de l'acord impugnat, pel qual s'imposà a l'agent l'obligació d'adaptar la construcció que havia realitzat al projecte anteriorment aprovat pel Comú, amb l'advertiment de demolició de les obres, té la naturalesa pròpia de les mesures encaminades a restablir la legalitat infringida i no li pot ser atribuït un caràcter pròpiament sancionador.
Tercer.- El contingut de l'expedient administratiu permet apreciar que el projecte que inicialment presentà l'interessat fou objecte d'aprovació per part de la ORG_0 demandada el 4 de març de 1987. Posteriorment, i prèvia denuncia de dos veïns, es va iniciar un procediment derivat de la manca d'adequació de les obres al projecte aprovat, i s'atorgà un termini de deu dies a l'interessat per tal de que pogués presentar les seves al.legacions. Aquest procediment es va cloure mitjançant acord de 8 de novembre de 1991, en el qual es va ordenar al recurrent que, en el termini màxim de trenta dies, adaptés la construcció al projecte inicialment aprovat. Contra aquest acord, l'interessat formulà oposició -amb els efectes propis del recurs d'alçada- la qual fou desestimada per silenci administratiu. En no interposar demanda davant la jurisdicció administrativa i fiscal dins el termini legal, s'ha d'entendre que l'acord del Comú de 8 de novembre de 1991 és un acte consentit i ferm, la legalitat del qual no pot ser, doncs, revisada en aquest procediment.
Quan la ORG_0 demandada adreça a l'interessat l'acord objecte del present procés, concedint-li un darrer termini de trenta dies per procedir a l'adaptació de les obres al projecte aprovat, està en realitat adoptant mesures d'execució de l'anterior acord de 8 de novembre de 1991, que no ha estat complert fins ara de forma voluntària per part del seu destinatari. No es pot parlar, doncs, de l'existència d'un nou expedient, ja que l'acord ara impugnat forma part del mateix procediment i té per objecte reiterar la injunció que havia estat anteriorment adreçada a l'infractor.
En conseqüència, no es poden compartir els arguments del recurrent sobre una pretesa manca d'audiència prèvia a la resolució impugnada, atès que ja va formular oportunament les seves al.legacions, i no resulta necessari reproduir aquest tràmit en el període d'execució d'un acte administratiu ferm.
Quart.- Afirma el recurrent que ha prescrit el dret de l'Administració a adoptar les mesures que conté l'acte impugnat, pel transcurs del termini d'un any comptat des del moment en que va concloure la construcció litigiosa.
Tanmateix, aquest argument no pren en consideració que cal distingir, d'una banda, la prescripció del dret del Comú a reaccionar contra la infracció de les normes urbanístiques, prenent les mesures necessàries per al restabliment de la legalitat vulnerada i, d'altra banda, el període durant el qual l'Administració pot promoure l'execució dels actes ferms adoptats en l'exercici d'aquella potestat. En aquest cas, resulta aplicable el segon dels esmentats supòsits, ja que es tracta de dur a terme la injunció anteriorment acordada el 8 de novembre de 1991.
En conseqüència, tenint en compte l'analogia que presenta el compliment forçós dels actes administratius i el de les sentències dels tribunals, ja que en ambdós casos es tracta de la materialització de sengles títols d'execució, resulta aplicable el termini de prescripció de l'actio judicati, que evidentment no havia transcorregut en aquest cas, motiu pel qual han de ser desestimats els arguments del recurrent sobre aquest particular.
Cinquè.- La caducitat del procediment és una institució de naturalesa processal derivada de la inactivitat en la seva tramitació durant el període de temps assenyalat per la llei. Sobre aquest punt, el Codi de l'Administració només regula en l'article 123 els efectes de la caducitat quan la paralització de l'expedient és conseqüència de circumstàncies imputables a l'administrat. Per això, no resulta possible estimar la seva concurrència en aquest cas, en que la inactivitat s'atribueix a la ORG_0 demandada.
A més, en la hipòtesi de que es considerés aplicable de forma analògica l'esmentat precepte, cal tenir en compte que l'eficàcia de la caducitat requereix un previ advertiment de la part a qui aquella pot beneficiar, circumstància que tampoc s'ha produït en aquest procediment, per la qual cosa han de ser desestimades les al.legacions del recurrent sobre el particular.
Sisè.- Com a conseqüència dels raonaments anteriors, resulta procedent confirmar íntegrament els pronunciaments de la sentència apel.lada, sense que s'apreciï temeritat processal que justifiqui la imposició de les costes d'aquesta instància a cap de les dues parts.
Decisio
D E C I S I O
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
-Desestimar el recurs d'apel.lació que formula el Sr. Ayuso contra la sentència dictada per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles el 7 de juliol de 1995.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manen que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
NOTIFICACIO:
La present sentència ha estat notificada a les parts compareixents...........................................