I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 35/2002 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Administrativa, 11 mars 2002
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Administrativa, Sentència 2002-11, 11 mars 2002, recurs SS-018-1/2001, ROJ STSJAD 35/2002, ECLI:AD:TSJADAD:2002:35 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Mme Morell, ressortissante étrangère résidant dans la Principauté depuis 1961 selon le certificat du Service de police, a sollicité le bénéfice d'une pension de vieillesse de 5 000 points auprès de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS). Le conseil d'administration de la caisse, par résolution du 20 décembre 2000, puis la commission contentieuse, par décision du 24 janvier 2001, ont rejeté cette demande.
Saisie du recours, la Secció Administrativa de la Batllia a rejeté la demande par la sentència n° 2001-52 du 31 juillet 2001. Le motif retenu tient à ce que l'assurée n'établissait pas une activité salariée régulière pendant les soixante mois précédant l'entrée en vigueur du régime andorran de sécurité sociale, fixée au 1er avril 1968. Son inscription au Servei d'Immigració ne figurait en effet qu'à compter du 26 mai 1971.
L'intéressée a interjeté appel. Elle soutenait qu'en dépit de cette inscription tardive, elle avait effectivement travaillé pendant les cinq années précédant la mise en œuvre du système. La CASS a conclu à la confirmation, en faisant valoir que le travail accompli sans autorisation administrative de résidence et de travail ne saurait être qualifié de régulier. Les parties ont été dispensées de plaidoirie, la procédure ayant été substituée par des conclusions écrites, puis l'affaire a été mise en délibéré.
Le texte intégral ne précise pas la date exacte à laquelle le recours d'appel a été formé. Il indique une entrée au greffe de la Sala le 22 octobre 2000, date antérieure à la sentence de première instance du 31 juillet 2001. Cette incohérence chronologique apparente n'est ni relevée ni expliquée par le juge et n'affecte pas le raisonnement retenu.
Question de droit
La question posée à la Sala était la suivante : le travail exercé par un étranger sans bénéficier des autorisations administratives d'immigration ou de résidence requises peut-il être comptabilisé comme « travail régulier » au sens de l'article 41 du Re
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« TREBALL REGULAR. Cal gaudir de les pertinents autoritzacions administratives d'immigració o de residència. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 11 de març del 2002 - ROJ: STSJAD 35/2002 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1.- La Secció Administrativa de la Batllia, en la sentència número 2001-52, de 31 de juliol de 2001, va desestimar la demanda interposada per la Sra. Morell contra les resolucions del consell d'administració de la Caixa Andorrana de Seguretat Social, de 20 de desembre de 2000 i de la comissió contenciosa de 24 de gener de 2001, que li denegaren la pensió de vellesa de 5.000 punts. La resolució judicial objecte d'aquesta apel·lació es fonamenta en que l'agent no acredita una activitat assalariada regular de seixanta mesos abans de la posta en marxa del règim andorrà de segur… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 11 mars 2002 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA 2002-11 DE 11 DE MARÇ DE 2002
CASS. PENSIÓ DE VELLESA ARTICLE 41 DEL REGLAMENT TÈCNIC.
TREBALL REGULAR. Cal gaudir de les pertinents autoritzacions administratives d'immigració o de residència.
Antecedents de fet
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.- La Secció Administrativa de la Batllia, en la sentència número 2001-52, de 31 de juliol de 2001, va desestimar la demanda interposada per la Sra. Morell contra les resolucions del consell d'administració de la Caixa Andorrana de Seguretat Social, de 20 de desembre de 2000 i de la comissió contenciosa de 24 de gener de 2001, que li denegaren la pensió de vellesa de 5.000 punts. La resolució judicial objecte d'aquesta apel·lació es fonamenta en que l'agent no acredita una activitat assalariada regular de seixanta mesos abans de la posta en marxa del règim andorrà de seguretat social, l'1 d'abril de 1968 ja que no consta inscrita als registres del Servei d'Immigració fins el 26 de maig de 1971.
2.- Contra la sentència citada, la Sra. Morell va interposar un recurs d'apel·lació que va tenir entrada en la secretaria d'aquesta Sala el 22 d'octubre de 2000, que basa en que tot i no haver-se inscrit en el registre del Servei d'Immigració fins la data exposada, ha acreditat que, efectivament havia treballat en el període dels cinc anys anteriors a la posada en marxa del sistema de Seguretat Social.
3.- De l'anterior escrit se'n donà trasllat a la representació processal de la CASS, que el va impugnar el 8 de novembre de 2001 adduint que l'assegurada no ha acreditat activitat assalariada regular perquè no es pot considerar com a tal la duta a terme sense autorització de residència i treball atorgada per l'autoritat competent.