I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 51/2003 (ECLI:AD:TSJADAD:2003:51), Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Civil, 27 mars 2003
Décision commentée : STSJAD 51/2003, ECLI:AD:TSJADAD:2003:51, Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Civil, 27 mars 2003, recours n° 195/02 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Giner, fournisseur de matériel électrique, a assigné la société Marti SL devant la Batllia en paiement de la somme de 2 180,92 euros, correspondant à la fourniture de matériel électrique. La défenderesse s'est opposée à la demande en soutenant avoir payé l'intégralité de la somme réclamée.
Le Tribunal unipersonnel des Batlles, section civile, a fait droit à la demande par jugement du 21 octobre 2002. Il a condamné la société Marti à payer 2 180,92 euros, majorés des intérêts légaux courus depuis l'échéance de chacune des trois lettres de change acceptées et impayées, ainsi que la totalité des dépens.
La société Marti a interjeté appel. Elle soutenait, en substance, que la preuve du paiement par chèque ou en espèces n'était pas nécessaire lorsqu'elle détenait les effets remis, que la seule possession des lettres de change litigieuses valait preuve suffisante de leur paiement, et que les parties avaient convenu d'un règlement échelonné, l'adverse partie devant présenter personnellement les effets au gérant et propriétaire de Marti, lequel les acquittait et conservait en contrepartie la traite correspondante.
Les faits retenus par la Sala Civil peuvent être résumés ainsi. Deux factures, d'un montant total de 1 127 700 pesetas, ont été réglées au moyen de onze lettres de change acceptées par Marti. Quatre d'entre elles ont été payées à présentation. Trois ont été retournées par la banque pour le motif « payera par chèque ». Quatre autres ont été retournées impayées à échéance. Une cinquième lettre, émise en remplacement de la dernière, a également été retournée sans paiement, mais se trouvait en possession du débiteur. Trois nouvelles lettres de change, d'un montant global de 346 772 pesetas, ont ensuite été émises en contrepartie de traites antérieures (notamment les n° 7615684 et 7615685, ainsi que les n° 7643187 et 7615682). C'est le recouvrement de ces trois nouveaux effets qui fonde la demande (non précisé dans la décision : la date exacte de chaque échéance de ces trois derniers effets).
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était la suivante : la détention matérielle, par le débiteur, de lettres de change acceptées mais non acquittées par le créancier suffit-elle à établir le paiement de la dette qu'elles représentent ?
Une question subsidiaire tenait à l'appréciation des comptes entre les parties, que la Cour qualifie elle-même de « très confus ». Il lui revenait de déterminer quels effets avaient été effectivement payés, lesquels avaient été remplacés, et lesquels demeuraient dus.
La décision ne vise aucune disposition législative ou coutumière précise. Elle se réfère seulement à « la législation en vigueur et aux usages et cout
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2003 - ROJ: STSJAD 51/2003 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La societat Giner va presentar davant de l'Honorable Batllia, demanda contra la societat Marti en reclamació de la quantitat de 2.180,92 euros en concepte de pagament de divers material elèctric subministrat. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mars 2003 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA de 27 de març de 2003
Pagament del deute: prova del pagament
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La societat Giner va presentar davant de l'Honorable Batllia, demanda contra la societat Marti en reclamació de la quantitat de 2.180,92 euros en concepte de pagament de divers material elèctric subministrat.
II.- La societat Marti es va oposar a la demanda de l'agent, contestant que ha pagat la totalitat de l'import que se li reclama.
III.- Per sentència de data 21 d'octubre de 2002, l'Honorable Tribunal Unipersonal de Batlles, secció civil, va estimar les pretensions de l'actora i condemnar la societat Marti a pagar a la societat Giner, la quantitat de 2.180,92 euros més els interessos legals meritats des del venciment de cadascuna de les tres lletres de canvi acceptades i retornades impagades, i a pagar la totalitat de les costes judicials.
IV.- Contra aquesta resolució la societat Marti ha interposat recurs d'apel·lació.
V.- La part que recorre manifesta: que la prova de pagament per xec o en efectiu no és necessària quan aquesta societat té en la seva possessió els efectes lliurats; que la sola possessió de les canvials controvertides ha de considerar-se com a prova suficient del seu pagament; que les parts varen pactar que les 8 lletres retornades s'anirien pagant a poc a poc i que l'adversa personalment les aniria presentant al gerent i propietari de Marti el qual les aniria fent efectives, quedant-se aquest a canvi i en prova de pagament la corresponent canvial.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin.
FONAMENTS DE DRET
I.- No és controvertit, que en pagament de dues factures per un import total de 1.127.700 Pta. relatives al subministrament de divers material elèctric per part de la societat Giner a la societat Marti, aquesta darrera societat va acceptar 11 lletres de canvi.
II.- Resulta dels documents obrant en autes que 4 de les canvials, més concretament els núm. 7615679, a venciment el dia 15 de gener del 2001, 7615681, a venciment el dia 15 de novembre del 2000, 7615683, a venciment el dia 15 de setembre del 2000 i 7615687, a venciment el dia 15 de maig del 2000, d'un import de 100.000 PTA. cadascuna, varen ésser pagades a llur presentació; que 3 altres, núm. 7615684 a venciment el dia 15 d'agost del 2000, núm. 7615685, a venciment el dia 15 de juliol del 2000 i núm. 7615686 a venciment el dia 15 de juny del 2000, d'un import de 100.000 Pta. cadascuna, foren retornades pel banc, amb el motiu: pagarà per xec. Les 4 darreres lletres de canvi, núm. 7615678, d'un import de 100.000 PTA, núm. 7615680 d'un import de 100.000 PTA., núm. 7615682, d'un import de 130.000 tes, i núm. 7643187, d'un import de 127.700 PTA, foren retornades impagades a venciment; que la canvial núm. 7689077, lliurada en substitució de la darrera, fou també retornada sense pagament, però està en possessió del deutor.
III.- La part agent reclama avui, en el marc del present litigi, el pagament de la quantitat de 2.180,92 euros o de 362.861 PTA, relativa a 3 noves lletres de canvi acceptades per Marti, els núm. 7676463, 7676464 i 7676465, per un import global de 346.772 PTA, les quals foren lliurades a canvi d'una canvial núm. 850B corresponent a les núm. 7615685 i 7615684 , i en canvi de les canvials núm. 7643187 i 7615682.
IV.- Els comptes entre les parts estan molts confusos, tanmateix, d'una anàlisi acurada se'n desprèn els elements següents: 1) les lletres de canvi núm. 7615685 i 7615684 que foren retornades impagades, no foren abonades en efectiu com ho pretén Marti, ja que, encara que les mateixes estiguin en la seva possessió, aquest fet no té cap importància, atès que han donat lloc a una nova canvial núm. 850B per un import de 209.244 PTA corresponent al total de les dues lletres de canvi de referència, el que ha tingut per efecte d'anul·lar-les; 2) que les canvials 7643187 i 7615682 mai han estat satisfetes com ho reconeix Marti en el seu escrit de contesta a la demanda, pel que fa a la 7615682 i com no consta cap justificació pel que fa a la 7643187; 3) que en substitució de les lletres de canvi 850B, 7643187 i 7615682 acreditades impagades, Marti va acceptar 4 noves lletres de canvi d'un import cadascuna de 113.456 PTA, de les quals 3 foren retornades impagades; 4) que la reclamació de l'agent correspon a les 3 canvials esmentades amb despeses i comissions de retorn, i ha doncs de ser estimada, ja que no consta en autes cap prova del pagament de les mateixes que estan perfectament causades.
V.- La desestimació del recurs origina el pagament de les costes processals a la part que recorre.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas,
Decisio
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
Desestimar el recurs de la societat Marti SL; confirmar la sentència de l'Honorable Tribunal Unipersonal de Batlles de data 21 d'octubre de 2002, en totes les seves disposicions; condemnar la societat Marti SL al pagament de les costes processals de segona instància.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.
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