STSJAD 140/2003 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 16 juin 2003)
Décision commentée : STSJAD 140/2003 (Lire sur source officielle)
Références relevées dans le texte : ECLI:AD:TSJADAD:2003:140 ; recours AD-0053-2/2002 ; sentence n° 2003-25. La référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ/ECLI est retenue.
Faits et procédure
La requérante, ressortissante étrangère, réside au Principat d'Andorre depuis 1956. Elle s'y est mariée et y a eu deux enfants, nés en 1972 et 1973. Par sentence du Tribunal de Corts du 11 juillet 1985, elle a été condamnée pour un délit de défraudation de la propriété artistique à six mois de prison, assortis de la peine accessoire d'expulsion définitive. Elle a été expulsée en exécution de cette décision.
Le texte n'indique pas la date exacte de l'exécution de l'expulsion. Le résumé automatique (« Resum I.A. ») mentionne une expulsion en 1986, tandis que le corps de la décision renvoie à une « sentència judicial de 1986 » aux antécédents et à une condamnation de 1985 aux fondements. Ce point ne modifie pas le raisonnement, mais il convient de se reporter à la décision originale pour toute citation précise.
Après l'entrée en vigueur du Code pénal de 1990, le Tribunal de Corts a, par ordonnance du 29 mars 1999, déclaré la prescription de la responsabilité pénale. Par ordonnance du 9 avril 1999, il a suspendu la peine d'expulsion. La requérante a sollicité la régularisation de sa situation le 18 avril 2002, en demandant que lui soient décomptées les années de résidence antérieures à l'expulsion aux fins du renouvellement de son titre de séjour et de travail.
Le ministre de la Justice et de l'Intérieur (résolution du 17 juin 2002), puis le Gouvernement (rejet du recours de réformation du 31 juillet 2002), ont refusé cette demande. La requérante a saisi le Tribunal de Batlles, Section administrative, qui, par sentence n° 2003-21 du 20 mars 2003, a annulé les décisions administratives. Il a estimé que la peine était disproportionnée, eu égard à sa disparition rapide de l'ordonnancement pénal et à la durée de résidence de l'intéressée au moment de la condamnation (vingt-neuf ans), et a ordonné le décompte des années antérieures à l'expulsion.
Le Gouvernement a interjeté appel. Le Tribunal supérieur de justice, Sala administrativa, est compétent en vertu de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia (fondement n° 1).
Question de droit
La question posée est la suivante : une période de résidence interrompue par l'exécution d'une peine accessoire d'expulsion prononcée par une juridiction pénale peut-elle être décomptée pour l'obtention ou le renouvellement d'un titre de séjour et de travail, alors même que la responsabilité pénale est éteinte et que la peine a été ultérieurement effacée par une loi pénale plus favorable ?
La juridiction doit ainsi articuler deux ordres : celui de l'autorisation administrative de séjour, qui suppose une condition de résidence effective, et celui du droit pénal, dont elle doit déterminer les effets sur la première.
Solution et dispositif
La Sala administrativa estime l'appel et infirme la sentence de première instance. Elle retient que la résidence effective au Principat constitue « un pressupòsit fàctic indispensable » (présupposé factuel indispensable) à l'octroi des autorisations de cette nature, en
Sentència
SENTÈNCIA 2003-25 DE 16 DE JUNY DE 2003
ESTRANGERS. Còmput del període de temps de residència quan aquest fou interromput a conseqüència d'una sentència penal que va a imposar al sol·licitant la pena accessòria d'expulsió del Principat. Residència efectiva i consideracions sobre la resolució de l'ordre jurisdiccional penal i la seva influència en l'administratiu.
Antecedents de fet
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.- La Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, en la sentència 2003-21, de 20 de març de 2003, va estimar el recurs interposat per la representació processal de la Sra. Yuste contra la resolució del Ministre de Justícia i Interior de 17 de juny de 2002 i la del Govern de 31 de juliol de 2002 que desestimava el recurs de reposició interposat contra la primera, resolucions que havien denegat la sol·licitud de la demandat de que es regularitzés la seva situació d'immigració i que se li computessin els anys de residència al Principat des de 1956 fins que fou expulsada per sentència judicial de 1986 als efectes de la renovació del permís de residència i treball.
2.- Contra la sentència, la representació del Govern interposa un recurs d'apel·lació demanant la revocació de la sentència perquè la sol·licitant no compleix el requisit de residència efectiva al Principat durant el període comprès entre 1985 i abril de 2002 encara que fos absent en compliment d'una sentència judicial penal, i que si hagués volgut acreditar la intenció de residir hagués pogut tornar al Principat des de l'any 1990, en que fou reformat el Codi penal.
3.- De l'escrit anterior se n'ha donat trasllat a la representació de la demandant, que l'ha contestat demanant la confirmació de la sentència i la desestimació del recurs interposat pel Govern, entenent que son totalment correctes els arguments de la sentència, ja que la pena que se li va imposar era desproporcionada, compte tingut que al poc temps va desaparèixer amb el nou Codi penal, i que quan va ser condemnada ja feia 29 anys que residia al Principat; en conseqüència, va ordenar que en l'expedient de regularització, i als efectes de la seva renovació, se li computin els anys anteriors a l'expulsió.