I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 166/2003 (ECLI:AD:TSJADAD:2003:166)
Décision commentée : STSJAD 166/2003, Tribunal Superior de Justicia d'Andorre, Sala Administrativa, 19 décembre 2003 (ECLI:AD:TSJADAD:2003:166) (Lire sur source officielle)
Note : la référence fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
La requérante, Mme Hoyos, a sollicité le 18 avril 2002 une pension de vieillesse auprès de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), et a formulé une demande parallèle auprès de la sécurité sociale espagnole à la même date. Par décision du 27 juin 2002, la CASS lui a accordé une pension calculée selon les règles de l'article 41 du Reglament Tècnic, sur la base d'un total de 5 000 points.
La décision ultérieure de la CASS a été rendue à la suite d'informations transmises par l'Instituto Nacional de la Seguridad Social espagnol, qui faisait état de périodes de cotisation accomplies en Espagne. Selon la décision, Mme Hoyos avait cotisé en Espagne du 1er janvier 1960 au 30 juin 1963, période qui n'a pas été prise en compte pour le calcul de la pension andorrane. Le texte fait état d'une décision notifiée le 21 octobre 2002, puis d'une décision de la CASS du 11 décembre 2002, notifiée le 23 décembre suivant, confirmant la précédente. Le litige porte sur le contenu exact de ces actes et sur leur articulation chronologique, que le texte ne permet pas de reconstituer avec certitude (le dossier, notamment les folios cités, n'étant pas reproduit).
Le Tribunal de Batlles a rejeté la demande par jugement du 19 juin 2003. Mme Hoyos a interjeté appel le 23 juillet 2003. Elle soutenait, d'une part, que la CASS ne pouvait revenir sur un acte administratif régulièrement adopté, seul un organe juridictionnel pouvant en priver les effets, et, d'autre part, que les documents transmis par la sécurité sociale espagnole étaient contradictoires. La CASS répondait qu'il n'existait aucune contradiction, que les documents espagnols constituaient un même document avant et après complément, et que la procédure prévue par la convention bilatérale hispano-andorrane pour déterminer le montant de la pension faisait obstacle à ce que la décision du 27 juin 2002 devienne définitive.
Le Tribunal supérieur de justice, Sala Administrativa, statuant en appel (rapporteur : Bernard Plagnet, recours SS-007-1/03), a rejeté l'appel.
Question de droit
La décision soulève, en substance, deux questions.
La première concerne la fermeté (fermesa) de l'acte administratif d'attribution d'une pension. Il s'agissait de déterminer si la décision initiale de la CASS, favorable à la requérante, était devenue définitive, ce qui aurait fait obstacle à sa révision. Le tribunal relève que cette décision « no podia esdevenir definitiva » tant que la caisse ne disposait pas de l'ensemble du dossier de l'intéressée, et notamment des périodes de cotisation accomplies en Espagne.
La seconde porte sur la force probante des documents émanant de l'organisme espagnol et sur la charge de la preuve contraire. Le tribunal rappelle qu'il exist
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Pensió de vellesa de 5000 punts - Apreciació de la durada de cotització »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2003 - ROJ: STSJAD 166/2003 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1- La Sra. Hoyos va interposar recurs contra la resolució de la CASS de data 11 de desembre del 2002, confirmant en alçada la decisió del 21 d'octubre anterior sol·licitant l'anul·lació de la decisió i el reconeixement del dret a gaudir d'una pensió de vellesa de 5000 punts a partir del l'1 de maig del 2002. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 décembre 2003 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA 2003-51 DE 19 DE DESEMBRE DE 2003
CASS
Pensió de vellesa de 5000 punts - Apreciació de la durada de cotització
Antecedents de fet
A N T E C E D E N T S D E F E T
1- La Sra. Hoyos va interposar recurs contra la resolució de la CASS de data 11 de desembre del 2002, confirmant en alçada la decisió del 21 d'octubre anterior sol·licitant l'anul·lació de la decisió i el reconeixement del dret a gaudir d'una pensió de vellesa de 5000 punts a partir del l'1 de maig del 2002.
-
En la sentència de 19 de juny de 2003, el Tribunal de Batlles ha desestimat la demanda promoguda per la Sra. Hoyos.
-
En el seu recurs d'apel·lació de data 23 de juliol de 2003, la Sra. Hoyos manifesta principalment que :
-la CASS en un principi li havia acordat una pensió basada en l'article 41 del Reglament Tècnic, però més tard va modificar la seva decisió per motiu de les informacions rebudes per part de la Seguretat Social espanyola; sols el pronunciament d'un organisme jurisdiccional pot deixar sense eficàcia un acte administratiu regularment adoptat;