Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 14 mai 2004, ROJ STSJAD 75/2004 (ECLI:AD:TSJADAD:2004:75)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 14 mai 2004, ROJ STSJAD 75/2004 (ECLI:AD:TSJADAD:2004:75) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose la société bancaire Pastor à M. Nuñez, titulaire d'un compte courant ouvert par contrat du 24 mai 1991. Le compte présentait, au 31 octobre 2000, un solde débiteur de 434.042,05 EUR en faveur de la banque. Le montant réclamé en première instance est, dans le résumé et le dispositif de la décision de première instance, de 435.042,05 EUR. Cette divergence de chiffres figure dans le texte fourni et n'est pas explicitée par la juridiction d'appel.
La banque a saisi l'Honorable Batllia d'une demande en paiement, augmentée des intérêts fixés selon les conditions et tarifs de l'Agrupació de Banquers i Bancs d'Andorra. Le défendeur a contesté la véracité de la dette, en soutenant que les écritures et signatures figurant sur les documents produits par la banque ne lui étaient pas imputables.
Par sentence du 15 octobre 2003, le Tribunal de Batlles, section civile, a fait droit à l'intégralité de la demande et condamné M. Nuñez au paiement de la somme réclamée, majorée des intérêts, ainsi qu'aux dépens. M. Nuñez a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, présidée par M. Jean Louis Vuillemin (magistrat rapporteur), avec MM. Joan Manel Abril Campoy et Antoni Bruguera Manté, a été saisie de ce recours.
Question de droit
La décision pose deux questions connexes.
La première porte sur la valeur probante des expertises graphologiques. Trois rapports d'expertise ont été versés aux débats, avec des conclusions divergentes : la première experte conclut que l'ensemble des documents litigieux n'émane pas du défendeur ; le deuxième expert, désigné à la demande de la partie défenderesse, n'estime authentique que la signature apposée sur un document ; le troisième expert conclut à l'authenticité de l'ensemble des documents litigieux. Il appartenait donc à la juridiction d'appel de déterminer lequel de ces rapports devait emporter la conviction.
La seconde question concerne la force probante de la certification bancaire produite par la banque, c'est-à-dire des livres du banquier, à l'égard d'un défendeur qui conteste la réalité de la dette.
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte le recours et confirme le jugement de première instance. Son raisonnement repose sur les points suivants.
a) Hiérarchisation des expertises. La juridiction relève que deux points sont acquis : l'authenticité de l'« albarà » n° 74 142, déclarée par les experts Vall et Miró, et celle du contrat d'ouverture de compte, que le défendeur lui-même reconnaît dans son mémoire en défense. Elle observe ensuite que les experts désignés par la partie défenderesse ont examiné des photocopies et que, sur un point essentiel, le second expert a été contredit par les faits admis, puisqu'il a tenu pour non authentique l'écriture du contrat que le défendeur reconnaissait comme sienne. La juridiction en déduit que les rapports « s'étaient trompés au moins une fois sur un point important » et que cette erreur affecte la confiance qui peut leur être accordée.
b) Méthode de comparaison. Sans se déclarer elle-même experte en graphologie, la Sala retient que la mention « set cuatre u cuatre dos », portée sur le troisième document litigieux, présente une similitude totale avec la même mention figurant
Sentència
SENTÈNCIA de 14 de maig de 2004
Prova dels llibres dels banquers.- Prova pericial.
- Valoració de la prova
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Nuñez Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La societat Pastor va presentar davant de l'Honorable Batllia, demanda contra el Sr. Nuñez, en reclamació de la quantitat de 435.042,05 EUR, més l'interès fixat per l'Agrupació de Banquers i Bancs d'Andorra, en concepte de ròssec deutor de compte corrent.
II.- El Sr. Nuñez es va oposar a la demanda de l'agent, negant la veracitat del deute que se li imputa.
III.- Per sentència de data 15 d'octubre del 2003, l'Honorable Tribunal de Batlles, secció civil, va estimar íntegrament la demanda de la part actora i va condemnar el Sr. Nuñez a pagar a l'entitat bancària Pastor, la quantitat de 435.042,05 EUR, incrementada dels interessos fixats en funció de les condicions i tarifes establertes per l'Agrupació de Banquers i Bancs andorrans, imposant al demandat les costes processals causades.
IV.- Contra aquesta resolució, el Sr. Nuñez ha interposat recurs d'apel·lació.