I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 157/2004 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 25 novembre 2004)
Décision commentée : STSJAD, Civil, 25 novembre 2004 (ROJ : STSJAD 157/2004 ; ECLI:AD:TSJADAD:2004:157) (Lire sur source officielle)
Référence complétée à partir de l'en-tête du texte intégral, la référence canonique fournie étant incomplète.
Faits et procédure
Un contrat de location d'un local à usage commercial a été conclu le 29 novembre 1984 pour une durée d'un an. Selon la décision, il se prorogeait tacitement d'année en année, conformément à un pacte désigné comme « SISÈ » dans le contrat. Le bailleuse, Mme Sarabia, a engagé une procédure de désahucio (desnonament) à l'encontre du preneur, M. Amorós, dans le cadre des autes n° B-223-3/04, instruites selon la disposition additionnelle seconde de la loi sur les baux de biens urbains du 30 juin 1999.
Par sentence du 26 mai (année non précisée dans la décision), le Batlle a déclaré résilié le bail, condamné le défendeur à libérer le local, au paiement des sommes correspondant à l'occupation indue, et aux dépens. Le preneur a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice a rejeté le recours, confirmé la décision de première instance et mis les dépens de l'appel à la charge de l'appelant, y compris les honoraires des professionnels de la partie adverse.
Les faits pertinents, tels que reconstitués par la Cour, sont les suivants :
- la reconduction tacite de 1999 a eu lieu le 30 novembre 1999, pour une période de deux ans (art. 54.4), soit jusqu'au 29 novembre 2001 ;
- le bail s'est ensuite prorogé tacitement jusqu'au 29 novembre 2003 ;
- le 30 avril 2003, la bailleuse a notifié par lettre sa volonté de mettre fin à la relation contractuelle au 30 novembre 2003, soit avec un préavis d'environ sept mois ;
- le preneur n'a pas restitué le local.
Un point de fait mérite d'être relevé : la demanderesse avait indiqué, dans un acte, la date du 29 novembre 2002 au lieu du 29 novembre 2001 comme terme de la dernière prorogation. La Cour a examiné cet élément sous l'angle de la théorie des actes propres.
Question de droit
La décision soulève trois questions.
Première question : le droit transitoire. Quelle loi régit un bail conclu en 1984 et dont la reconduction tacite est intervenue après l'entrée en vigueur de la loi du 30 juin 1999 ? La Cour distingue deux moments. La loi du 3 septembre 1993 ne s'applique pas aux contrats antérieurs à elle (disposition transitoire première). En revanche, la loi du 30 juin 1999, en vigueur depuis le 12 août 1999, s'applique « à partir du moment où le contrat a été renouvelé par recon
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Contracte d'arrendament de local per a negoci : qüestions de dret transitori derivades de la reconducció tàcita.- Actes propis »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 25 de novembre del 2004 - ROJ: STSJAD 157/2004 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 novembre 2004 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA de 25 de novembre de 2004
Contracte d'arrendament de local per a negoci : qüestions de dret transitori derivades de la reconducció tàcita.- Actes propis
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En els autes de núm. B-223-3/04, substanciats segons les normes de la Disposició addicional segona de la Llei d'arrendaments de finques urbanes de 30 de juny de 1999, instats per la Sra. Sarabia contra el Sr. Amorós, en data 26 de maig darrer l'Hble. Batlle va dictar una Sentència en què va declarar resolt el contracte d'arrendament del local núm. 3 de l'XXXX i va condemnar el defenent a deixar-lo lliure i expedit, a pagar les quantitats corresponents per ocupació indeguda i les costes del procediment.
II.- El defenent ha formulat recurs d'apel·lació contra aquella resolució el qual ha estat tramitat d'acord amb la Llei.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté.