I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (STSJAD 167/2004)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ : STSJAD 167/2004 ; ECLI:AD:TSJADAD:2004:167) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Administrativa Date : 3 mars 2004 Numéro de recours : AD-0075-2/02 (jointe à AD-004-1/03) Rapporteur : Bernard Plagnet Type : Sentence (sentència n° 2004-06) Matière : Sanction disciplinaire de la fonction publique
Faits et procédure
Le requérant, M. Durán, fonctionnaire du corps des douanes (Cos de Duana), fait l'objet d'une sanction disciplinaire prononcée par une résolution du secrétaire d'État à la Fonction publique du 30 septembre 2002. Il forme le 23 octobre 2002 un recours d'alzada contre cette résolution. Ce recours est rejeté implicitement (désestimation per silenci). Le requérant attaque également la décision du 16 novembre 2002 mettant à exécution la sanction. Le texte indique par ailleurs une date de « 15 novembre 2002 » pour cette dernière décision dans le fondement relatif au fond et le dispositif ; l'écart n'est pas explicité dans la décision.
Le 2 décembre 2002, M. Durán saisit le Tribunal de batlles d'une demande (AD-075-2/2002), qui est déclarée irrecevable par jugement du 3 septembre 2003. Le 22 janvier 2003, il introduit une seconde demande (AD-004-2/2003), jointe à la première, et qui est rejetée sur le fond par le même jugement.
Dans son recours d'appel du 17 octobre 2003, le requérant soutient, en substance, que la demande initiale était recevable, car elle constituait la seule voie permettant d'obtenir en urgence la suspension de l'acte ; que le directeur des douanes était un organe manifestement incompétent pour intervenir sur un point qui ne pouvait relever que du Gouvernement ; que la résolution du 30 septembre 2002 était nulle de plein droit pour violation de l'article 77 de la loi sur la fonction publique ; et que la procédure d'instruction comportait plusieurs irrégularités.
Le Gouvernement conclut au caractère tardif de la demande initiale, au motif que le code de l'administration (article 126) fixe à deux mois le délai dans lequel l'administration doit statuer, la voie juridictionnelle ne s'ouvrant qu'à l'expiration de ce délai. Il soutient également que la résolution est intervenue dans le délai de trente jours ouvrables prévu pour les fautes graves par l'article 77, alinéa 2, et que le requérant n'a pas été placé en état de défense insuffisante.
Question de droit
La Cour est saisie de deux questions, qu'elle énonce expressément (fondement 2) :
- Question de recevabilité : la demande du 2 décembre 2002 était-elle recevable, eu égard au point de départ du délai de recours juridictionnel après un recours d'alzada resté sans réponse dans le délai de deux mois ?
- Question de fond : la sanction disciplinaire, et la décision de la mettre à exécution, sont-elles entachées de nullité, notamment en raison de la compétence de l'auteur de l'acte d'exécution, du respect du délai de l'article 77, de la régularité de la notification et des irrégularités alléguées dans
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Demanda extemporània - els fets son constitutius d'una falta i la sanció imposada és per tant ajustada a dret. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 03 de març del 2004 - ROJ: STSJAD 167/2004 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1.-El Sr. Durán va interposar recurs contra la desestimació per silenci del recurs d'alçada formulat el 23 d'octubre del 2002 contra la resolució del Secretari d'Estat de la Funció Pública del 30 de setembre anterior, i contra la decisió del 16 de novembre del 2002 procedint a l'execució de la decisió disciplinaria. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 03 mars 2004 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA 2004-06 DE 3 DE MARÇ DE 2004
SANCIO DISCIPLINARIA DE LA FUNCIO PUBLICA
Demanda extemporània - els fets son constitutius d'una falta i la sanció imposada és per tant ajustada a dret.
Antecedents de fet
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.-El Sr. Durán va interposar recurs contra la desestimació per silenci del recurs d'alçada formulat el 23 d'octubre del 2002 contra la resolució del Secretari d'Estat de la Funció Pública del 30 de setembre anterior, i contra la decisió del 16 de novembre del 2002 procedint a l'execució de la decisió disciplinaria.
2.- En la sentència de 3 de setembre del 2003, el Tribunal de Batlles ha declarat inadmissible la demanda formulada en data 2 de desembre del 2002 pel Sr. Durán registrada amb el núm. AD-075-2 / 2002 i ha desestimat en tots els seus termes la demanda formulada en data 22 de gener del 2003 pel mateix Sr. Durán, registrada amb el núm. AD-004-2 / 2003 acumulada a la que apareix repertoriada amb en núm. AD- 075-2/2002.
3 - En el seu recurs d'apel·lació de data 17 de octubre del 2003, el Sr. Durán manifesta principalment que :
-La demanda formulada el dia 2 de desembre del 2002 era admissible ja que era la única manera que tenia el Sr. Durán per demanar urgentment la suspensió de l'execució de l'acte a la Batllia (és a dir la suspensió de funcions i salari entre els dies 1 i 15 de desembre del 2002).