I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 204/2004, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 8 octobre 2004
Décision commentée : STSJAD 204/2004 (ECLI:AD:TSJADAD:2004:204) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société « Montenegro » possédait un immeuble sis avenue Copríncep Episcopal n° 86, à Encamp. Le 3 juillet 2001, de fortes pluies provoquèrent la saturation du collecteur général d'eaux usées de la Valira d'Orient, dans la zone urbaine d'Encamp. Le débordement qui en résulta inonda les sous-sols de l'immeuble.
La société engagea une action en responsabilité administrative contre le Gouvernement d'Andorre, qu'elle imputait aux travaux de remise en état et d'amélioration du collecteur réalisés par l'Administration. Par jugement du 18 septembre 2003, la Section administrative du Tribunal de batlles rejeta la demande. Il estima qu'aucune faute de service, par action ou omission, n'était établie. Selon lui, l'ouvrage n'était ni sous-dimensionné ni mal exécuté, l'entretien n'était pas en cause, l'ouvrage venant d'être mis en service, et la possibilité d'un mélange entre eaux pluviales et eaux usées n'était décelable qu'en cas de fortes précipitations.
La société interjeta appel le 7 octobre 2003, puis formalisa son recours devant le Tribunal supérieur le 13 novembre suivant. Elle soutenait que l'ouvrage avait été mal conçu et mal exécuté, le Gouvernement ayant connaissance de raccordements d'eaux pluviales au réseau. Le Gouvernement conclut au rejet, en affirmant que le projet était correct et que les conduites pluviales devaient, selon lui, être séparées du collecteur. La vista orale fut remplacée par une procédure écrite, les parties reprenant leurs moyens dans leurs conclusions.
Le recours portait le numéro AD-041-2/2002. Le Tribunal supérieur, Sala Administrativa, était composé sous la présidence du magistrat Albert Andrés Pereira, ponent.
Question de droit
La question posée était de savoir si l'Administration avait engagé sa responsabilité administrative en raison d'une conception ou d'une réalisation défectueuse des travaux du collecteur. Le fondement invoqué était la faute de service au sens de l'article 59.1 du Codi de l'Administració. Cette disposition range parmi les causes de responsabilité la faute de service résultant d'une mauvaise organisation du service, d'un fonctionnement dans des conditions illégales ou techniquement défectueuses, ou d'une absence de fonctionnement lorsque le service était tenu d'agir. La réparation du préjudice est régie par l'article 60 du même Code, qui exige que l'indemnité compense le dommage subi sans procurer d'enrichissement à la victime.
Le Tribunal relève que le fait générateur n'était pas contesté. Les parties s'accordaient sur la cause des dommages, à savoir la surcharge du collecteur lors de l'averse du 3 juillet 2001, et sur le fait que cette surcharge résultait du raccordement de conduites d'eaux pluviales à un ouvrage conçu exclusivement pour les eaux usées. Le débat se réduisait donc à une question d'anticipation : l'Administration pou
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« RESPONSABILITAT PATRIMONIAL Danys produïts en el soterrani d'un immoble com a conseqüència de la defectuosa concepció de les obres de millora d'un col·lector general d'aigües residuals. Existència d'una falta de servei, atès que era coneguda l'existència d'una barreja d'aigües pluvials i residuals. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 08 d'octubre del 2004 - ROJ: STSJAD 204/2004 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1r.- La sentència de 18 de setembre de 2003 de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles va desestimar la demanda formulada per l'entitat "Montenegro" contra el M.I. Govern, en què demanava que es declarés l'existència de responsabilitat administrativa en la producció dels danys derivats de la inundació que va patir l'immoble situat a l'XXXX, en data 3 de juliol de 2001, els quals considera l'agent que són conseqüència de les obres de reposició i millora del col·lector general d'aigües residuals del Valira d'Orient, a la zona del nucli urbà d'Encamp, que va dur a ter… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 08 octobre 2004 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
SENTÈNCIA 2004-44 DE 8 D'OCTUBRE DE 2004
RESPONSABILITAT PATRIMONIAL Danys produïts en el soterrani d'un immoble com a conseqüència de la defectuosa concepció de les obres de millora d'un col·lector general d'aigües residuals. Existència d'una falta de servei, atès que era coneguda l'existència d'una barreja d'aigües pluvials i residuals.
A N T E C E D E N T S D E F E T
1r.- La sentència de 18 de setembre de 2003 de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles va desestimar la demanda formulada per l'entitat "Montenegro" contra el M.I. Govern, en què demanava que es declarés l'existència de responsabilitat administrativa en la producció dels danys derivats de la inundació que va patir l'immoble situat a l'XXXX, en data 3 de juliol de 2001, els quals considera l'agent que són conseqüència de les obres de reposició i millora del col·lector general d'aigües residuals del Valira d'Orient, a la zona del nucli urbà d'Encamp, que va dur a terme l'Administració demandada.
L'esmentada sentència conclou que no es pot imputar a la defenent una falta de servei, per acció o omissió, ja que no s'ha acreditat que l'obra estigués infra-dimensionada, ni que s'hagués executat de forma deficient. Tampoc aprecia una manca de conservació i manteniment de la infrastructura, atès que l'obra s'havia posat en funcionament en data recent i, en darrer terme, considera que no és imputable al Govern la manca de previsió del fet de què les conduccions d'aigües residuals recollissin igualment aigües de pluja, ja que això només es podia detectar en cas de fortes precipitacions.
2n.- La representació de la part agent va interposar recurs d'apel·lació contra l'expressada sentència en data 7 d'octubre de 2003, que va formalitzar davant d'aquesta Sala el 13 de novembre següent. En defensa de les seves pretensions, al·lega que l'obra va ser concebuda deficientment i que no es va dur a terme de manera adequada, ja que el Govern era coneixedor de l'existència d'embrancaments d'aigües pluvials, de manera que no es van prendre les previsions adequades per tal d'evitar els sobreeiximents quan es produïssin forts aiguats.