Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 10 janvier 2005 (ROJ STSJAD 18/2005)
Décision commentée : Juridiction andorrane, « — » : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 10 janvier 2005, ROJ STSJAD 18/2005, ECLI:AD:TSJADAD:2005:18, recours n° 136/04 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 9 novembre 2001, M. Herrera conclut avec la société ORG_0 un contrat de financement pour l'acquisition d'un véhicule. Ce financement était assorti d'une assurance de perte totale du bien financé. Le 27 juillet 2003, M. Herrera est impliqué dans un accident de la circulation avec ce véhicule. Le véhicule est déclaré sinistre total, le coût de sa réparation étant supérieur à sa valeur vénale.
M. Herrera saisit le Batlle (juge de première instance) d'une demande tendant au remboursement des échéances acquittées à compter d'août 2003, assorties des intérêts légaux. La société ORG_0 s'oppose à la demande au motif que le conducteur conduisait sous l'empire de l'alcool, circonstance qui constitue un facteur d'exclusion de la garantie.
Par jugement du 2 juin 2004, le Tribunal de Batlles, section civile, accueille la demande. Il libère M. Herrera de ses obligations contractuelles à compter de la date du sinistre, condamne la société à restituer les échéances, avec intérêts légaux, et aux dépens. La société interjette appel. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, sous la présidence de M. Jean Louis Vuillemin, rapporteur, statue le 10 janvier 2005.
Question de droit
La question posée était de savoir si une clause d'exclusion de garantie figurant dans les conditions générales d'une police d'assurance peut être opposée à l'assuré lorsque celui-ci a adhéré au contrat d'assurance à l'occasion de la conclusion d'un contrat de financement, sans que ces conditions lui aient été expressément communiquées lors de la souscription.
Le tribunal la formule en ces termes : il s'agit de déterminer « si au moment de la souscription du contrat d'assurance, M. Herrera a eu connaissance de ces conditions générales, et si, par conséquent, elles lui sont opposables ». Le litige porte donc moins sur la réalité de l'état alcoolique du conducteur que sur l'opposabilité de la clause d'exclusion à l'assuré.
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte l'opposabilité de la clause. Elle retient que la clause litigieuse figurait dans les conditions générales de la police, rédigées en français, qui stipulaient notamment que « nous ne garantissons pas les dommages subis par le véhicule assuré si le conducteur est sous l'empire d'un état alcoolique ». Elle relève que la société ORG_0 s'était bornée, lors de la conclusion du contrat, à remettre à l'emprunteur une fiche d'information sur les assurances souscrites et à lui indiquer que le texte des conditions générales et particulières était disponible dans ses locaux.
Le raisonnement repose sur trois étapes :
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Principe. Dans tout contrat, le consentement doit être « réel, véritable et non vicié », de sorte que chaque partie n'est tenue que de ce qui a été convenu au moment de la signature. Il ne peut être ajouté après coup des obligations ou conditions qui n'ont pas été soumises à la connaissance de l'une des parties.
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Application aux contrats d'adhésion. La mise à disposition des conditions au siège de la société est jugée insuffisante. Lorsque le contrat est d'adhésion, le rédacteur doit remettre au preneur, avant son adhésion, l'ensemble des documents contenant les normes applicables, et particulièrement « les conditions d'exclusion de la garantie », afin que l'assuré soit parfaitement informé des effets du contrat avant de s'engager.
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Conséquence. La société « ne peut opposer » à M. Herrera des clauses qui ne lui ont pas été expressément communiquées lors de la conclusion du contrat. La décision de première instance est confirmée « dans tous ses éléments ».
Le dispositif, traduit du catalan, est le suivant :
« Rejeter le recours de la société [S. SA] ; confirmer le jugement du Tribunal de Batlles en date
Sentència
SENTÈNCIA DE 10 DE GENER DE 2005
Contracte d'assegurança del contracte de finançament d'un vehicle: no es poden oposar a l'assegurat les clàusules que no li han estat expressament comunicades
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El dia 9 de novembre del 2001, el Sr. Herrera va subscriure amb la societat ORG_0, un contracte de finançament per la compra d'un vehicle, amb una assegurança de pèrdua total del bé finançat. En data del 27 de juliol del 2003, el Sr. Herrera va tenir un accident de circulació amb el vehicle finançat per ORG_0. A resultes del dit accident el vehicle va ésser declarat sinistre total, atès que l'import de la seva reparació era superior al seu valor venal.
II.- El Sr. Herrera va presentar davant de l'Honorable Batllia, demanda contra la societat ORG_0, en retorn de la quantitat equivalent a les quotes abonades a comptar del mes d'agost del 2003, incrementades dels interessos legals.
III.- la societat ORG_0 va contestar que la part agent conduïa sota els efectes de l'alcohol, fet que constitueix un factor d'exclusió que no dóna dret a beneficiar-se de l'assegurança de pèrdua total del bé finançat; i per tant, es va oposar a la demanda de la part actora.
IV.- Per sentència de data 2 de juny del 2004, l'Honorable Tribunal de Batlles, secció civil, va estimar la demanda de l'agent, i alliberant el Sr. Herrera del compliment de les obligacions previstes, en el contracte de data 9 de novembre del 2001, a comptar de la data del sinistre, va condemnar a la societat ORG_0 a retornar al demandant, la quantitat equivalent a les quotes de l'any passat, amb els interessos legals, així com a pagar les costes processals.