STSJAD 186/2005 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 20 décembre 2005)
Décision commentée : STSJAD, Civil, 20 décembre 2005, ROJ STSJAD 186/2005, ECLI:AD:TSJADAD:2005:186, recours n° 162/05 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une femme, Mme Gibert, avait assigné son ancien compagnon, M. Corbacho, à la suite de la rupture d'une union libre (more uxorio). Elle demandait la restitution des objets qui se trouvaient au domicile commun, ou, subsidiairement, leur valeur. Elle réclamait également 6 542 180 pesetas au titre de salaires non perçus pour une activité exercée dans l'entreprise de son ancien compagnon entre août 1994 et décembre 1997, avec intérêts légaux et dépens. Le défendeur opposait l'exception dilatoire d'inadéquation de la procédure, estimant qu'une action en droit du travail aurait dû être engagée. Il formait en outre une demande reconventionnelle en indemnisation.
Par jugement du 13 mai 2005, le Tribunal de Batlles fit droit à la demande principale et condamna le défendeur au paiement de 39 319 euros. Il ratifia par ailleurs la possession des objets remis le 1er décembre 2003, rejeta la reconvention et ne prononça aucune condamnation aux dépens.
Un recours en appel fut formé contre ce jugement, en ce qu'il ne statuait pas sur les dépens. Le recours invoquait l'absence de motivation « lacónica » de cette abstention. Il soutenait que la règle objective de la condamnation aux dépens de la partie succombante, issue du Code 7,51,5, devait s'appliquer, la demande ayant été accueillie intégralement et la reconvention rejetée en totalité. Le recours précisait que le défendeur reconventionnel était décédé et que ses héritiers, inconnus, devaient supporter les dépens. Le magistrat rapporteur était Mme Amat Llari.
Précision de procédure : la décision désigne l'appelante tantôt comme « la Sra. Rosa M P.J. » (antécédent II), tantôt comme « la Sra. Gibert » (dispositif). Le texte ne permet pas de lever cette divergence, qui tient vraisemblablement à une erreur de rédaction. Elle n'affecte pas la solution.
Question de droit
La Sala Civil devait trancher une question de principe : le juge d'appel est-il tenu de condamner aux dépens la partie qui succombe, selon la règle du Code 7,51,5, lorsque le litige oppose d'anciens concubins et porte sur les conséquences de leur séparation ? Plus précisément, la question était de savoir si l'abstention du premier juge à statuer sur les dépens, fondée sur la nature familiale du litige, était régulière et devait être confirmée en appel.
Solution et dispositif
Le Tribunal supérieur rejette l'appel et confirme le jugement de première instance, y compris sur les dépens. Il ne prononce aucune condamnation aux dépens d'appel.
Le raisonnement se déroule en trois temps.
En premier lieu, la Cour écarte la prétention selon laquelle la règle du Code 7,51,5 s'imposerait aux juges. Elle affirme que ce critère « n'est pas d'application impérative » et que les tribunaux peuvent, en vertu de la Novelle 82, chapitre 10, ne pas statuer sur les dépens lorsqu'existent des circonstances justifiant cette abstention, « sans qu'un raisonnement approfondi soit nécessaire ».
En deuxième lieu, la Cour se réfère à une jurisprudence « réitérée » des tribunaux andorrans. Celle-ci écarte la condamnation expresse aux dépens dans les litiges de nature matrimoniale, en raison de la nature particulière des intérêts personnels ou familiaux en cause. La décision cite les arrêts STSJA des 26 avril 2001, 18 décembre 2001, 27 mars 2003 et 16 avril 2003, et réserve l'hypothèse d'une action téméraire, visée par l'arrêt du 20 juin 2002.
En troisième lieu, la Cour applique ce critère par analogie à l'union libre. Elle relève que la vie more uxorio a produit « une situation similaire à celle qui naît dans le mariage ». Elle estime que les questions soulevées, même lorsqu'elles présentent parfois un contenu patrimonial, relèvent d'une situation « qui affecte intimement les personnes ». Elle constate enfin l'absence d'indice d'une action téméraire de l'une des parties.
Sentència
SENTÈNCIA DE 20 DE DESEMBRE DE 2005
Costes: criteris per a la seva imposició en els litigis sobre trencament d'una unió estable de parella
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 22 de juny del 2001 la representació processal de la Sra. Gibert va presentar demanda contra el Sr. Corbacho sol·licitant el retorn dels objectes seus i del seu fill que es trobaven al domicili que havia estat comú mentre els litigants van conviure com parella i subsidiàriament que se li pagués una indemnització equivalent al seu valor. Reclamava també el pagament de la suma de 6.542.180 ptes. en concepte d'indemnització pels salaris no percebuts en el període comprès entre el mes d'agost del 1994 i el mes de desembre del 1997, durant el què va treballar pel negoci propietat de la part agent, més els interessos legals de les quantitats reclamades des del 31 de juliol del 1998 fins al seu pagament, més les costes judicials inclosos els honoraris d'advocat i procurador.
II.- La representació processal del Sr. Corbacho va contestar a la demanda en data set de setembre del 2001, oposant l'excepció peremptòria de inadequació del procediment, ja que en tot cas entenia que hauria estat necessari tramitar una demanda laboral i, respecte del fons del litigi, manifestant la seva disposició a retornar els béns que poguessin ser propietat de la part agent o del seu fill i oposant-se pel contrari al pagament de la quantitat reclamada com a conseqüència del treball efectuat per la Sra. Puig en el negoci de la seva propietat. La representació del Sr. S.B. formulava a més reconvenció, sol·licitant es condemnés a la Sra. Puig a pagar-li a ell la indemnització corresponent per l'estat econòmic en el què va deixar el negoci del qual havia tingut cura en el moment de trencar-se la relació de parella que els unia.