STSJAD ANDORRA, a 24 de gener del 2006 - ROJ: STSJAD 92/2006
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé24 janvier 2006
Numéro6/06
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 92/2006
> Décision commentée : STSJAD 92/2006 (ECLI:AD:TSJADAD:2006:92) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
La société P3 SA avait obtenu, par une décision du Tribunal de Batlles du 27 février 2002, confirmée par la Sala Administrativa le 19 septembre 2002, la reconnaissance de son droit à démolir l'édifice de l'Hospital de la Ribera (H.R.), situé à Encamp. Un décret du Gouvernement du 18 décembre 2002, publié le 19 décembre 2002, a ordonné la suspension provisoire et cautelaire, pour une durée d'un an, de l'octroi de licences de démolition ou de tout type de travaux sur les biens immeubles déclarés d'intérêt culturel, parmi lesquels figurait l'H.R. La décision précise que la suspension de l'effet de ce décret n'avait pas été ordonnée.
Le 7 janvier 2003, la société a sollicité du Comú d'Encamp l'autorisation de construire une résidence gériatrique sur le site, autorisation accordée le 5 mars 2003. Une demande identique adressée au Gouvernement a été rejetée par silence administratif. Après la mise en œuvre des recours administratifs, le Tribunal de Batlles, Section administrative, par jugement n° 2005-067 du 31 mai 2005, a fait droit à la demande de P3 SA, déclarant son droit à la construction.
Le Gouvernement a interjeté appel. Une audience orale s'est tenue le 11 novembre 2005. Le tribunal relève, en outre, que le bien a été déclaré d'intérêt culturel le 11 février 2004 et qu'une technique d'appréciation du projet (rapport technique du 13 février 2003 et avis de la Commission technique d'urbanisme du 20 février 2004) était défavorable à celui-ci. Le litige a été jugé par la Sala Administrativa du Tribunal supérieur de justice (recours n° 6/06, protocole AD-0038-2/2004).
La décision mentionne plusieurs dates qui ne se recoupent pas entièrement (demande au Comú du 7 janvier 2003 ; demande au Gouvernement du 4 septembre 2004 dans le dispositif). Cette divergence n'affecte pas le raisonnement de la juridiction, qui repose sur la coexistence de la suspension cautelaire et de la demande de licence.
## Question de droit
La question centrale était de savoir si la juridiction de première instance pouvait reconnaître le droit d'un pétitionnaire à obtenir une licence de construction alors qu'un acte réglementaire, le décret du 18 décembre 2002, suspendait l'octroi de telles licences sur le terrain concerné. Plus précisément, il s'agissait de déterminer :
1. si le caractère reconnu du droit de démolir, combiné à la conformité du projet au droit de l'urbanisme, suffisait à fonder un droit à construire ;
2. si l'octroi de la licence de construction relève d'une compétence liée et si, à ce titre, l'autorité doit prendre en compte l'ensemble de l'ordonnancement juridique applicable, y compris les normes qui font obstacle à l'octroi pour des motifs non urbanistiques.
Le premier juge avait répondu par l'affirmative, en s'appuyant sur l'article 134 de la Loi générale d'ordonnancement du territoire et de l'urbanisme (LGOTU), qui ne lie pas la licence de démolition à la licence de construction de bâtiments neufs.
## Solution et dispositif
La Sala Administrativa retient que l'octroi de licences constitue l'exercice d'une « potestat reglada » lorsqu'il porte sur des constructions neuves (article 134.1 LGOTU et article 84.1 du Règlement de construction du 26 février 2003). Elle souligne que l'article 105.2 du même règlement impose de contrôler la conformité aux normes de protection du patrimoine culturel, et que l'article 123.2 exige, pour les biens déclarés d'intérêt culturel, un avis favorable du ministère compétent.
Elle en déduit que la licence ne peut être accordée lorsqu'une norme spécifique y fait obstacle, même
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 24 de gener del 2006 - ROJ: STSJAD 92/2006
La société P3 SA avait obtenu, par une décision du Tribunal de Batlles du 27 février 2002, confirmée par la Sala Administrativa le 19 septembre 2002, la reconnaissance de son droit à démolir l'édifice de l'Hospital de la Ribera (H.R.), situé à Encamp. Un décret du Gouvernement du 18 décembre 2002, publié le 19 décembre 2002, a ordonné la suspension provisoire et cautelaire, pour une durée d'un an, de l'octroi de licences de démolition ou de tout type de travaux sur les biens immeubles déclarés d'intérêt culturel, parmi lesquels figurait l'H.R. La décision précise que la suspension de l'effet de ce décret n'avait pas été ordonnée.
Le 7 janvier 2003, la société a sollicité du Comú d'Encamp l'autorisation de construire une résidence gériatrique sur le site, autorisation accordée le 5 mars 2003. Une demande identique adressée au Gouvernement a été rejetée par silence administratif. Après la mise en œuvre des recours administratifs, le Tribunal de Batlles, Section administrative, par jugement n° 2005-067 du 31 mai 2005, a fait droit à la demande de P3 SA, déclarant son droit à la construction.
Le Gouvernement a interjeté appel. Une audience orale s'est tenue le 11 novembre 2005. Le tribunal relève, en outre, que le bien a été déclaré d'intérêt culturel le 11 février 2004 et qu'une technique d'appréciation du projet (rapport technique du 13 février 2003 et avis de la Commission technique d'urbanisme du 20 février 2004) était défavorable à celui-ci. Le litige a été jugé par la Sala Administrativa du Tribunal supérieur de justice (recours n° 6/06, protocole AD-0038-2/2004).
La décision mentionne plusieurs dates qui ne se recoupent pas entièrement (demande au Comú du 7 janvier 2003 ; demande au Gouvernement du 4 septembre 2004 dans le dispositif). Cette divergence n'affecte pas le raisonnement de la juridiction, qui repose sur la coexistence de la suspension cautelaire et de la demande de licence.
Question de droit
La question centrale était de savoir si la juridiction de première instance pouvait reconnaître le droit d'un pétitionnaire à obtenir une licence de construction alors qu'un acte réglementaire, le décret du 18 décembre 2002, suspendait l'octroi de telles licences sur le terrain concerné. Plus précisément, il s'agissait de déterminer :
si le caractère reconnu du droit de démolir, combiné à la conformité du projet au droit de l'urbanisme, suffisait à fonder un droit à construire ;
si l'octroi de la licence de construction relève d'une compétence liée et si, à ce titre, l'autorité doit prendre en compte l'ensemble de l'ordonnancement juridique applicable, y compris les normes qui font obstacle à l'octroi pour des motifs non urbanistiques.
Le premier juge avait répondu par l'affirmative, en s'appuyant sur l'article 134 de la Loi générale d'ordonnancement du territoire et de l'urbanisme (LGOTU), qui ne lie pas la licence de démolition à la licence de construction de bâtiments neufs.
Solution et dispositif
La Sala Administrativa retient que l'octroi de licences constitue l'exercice d'une « potestat reglada » lorsqu'il porte sur des constructions neuves (article 134.1 LGOTU et article 84.1 du Règlement de construction du 26 février 2003). Elle souligne que l'article 105.2 du même règlement impose de contrôler la conformité aux normes de protection du patrimoine culturel, et que l'article 123.2 exige, pour les biens déclarés d'intérêt culturel, un avis favorable du ministère compétent.
Elle en déduit que la licence ne peut être accordée lorsqu'une norme spécifique y fait obstacle, même
Sentència
Núm. de Protocol : AD-0038-2/2004
S E N T È N C I A NÚM. 06-2006
PARTS:
Apel·lant: M.I. GOVERN
Representant: P. M. (S.G.)
Advocat: Sevillano
Apel·lada: P3, S.A.
Representant: Vendrell
Advocat : Durán
A la vila d'Andorra la Vella, el 24 de gener de 2006.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número Núm. de Protocol : AD-0038- 2/2004.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. LLUIS SAURA LLUVIA, el qual expressa el parer del Tribunal.
A N T E C E D E N T S D E F E T
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 6/06 — Décision commentée
1.- La Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, en la sentència núm. 2005-067, de 31 de maig de 2005, va estimar la demanda interposada per la societat P3 S.A. contra la desestimació per silenci del Govern, de la denegació, també per silenci, de la sol·licitud de construcció d'una residència geriàtrica formulada el dia 4 de setembre anterior i va declarar el dret de la societat a la construcció del dret objecte de la sol·licitud.
2.- La representació del Govern interposa un recurs d'apel·lació contra la sentència basat, substancialment en què quan es va demanar el permís de construcció regia el Decret del Govern de 18 de desembre de 2002 que ordenava cautelarment la suspensió de llicències de tot tipus en relació a determinats béns declaraves d'interès cultural, cosa que impossibilitava l'atorgament de la llicència i mostra la disconformitat amb l'argument de la sentència de que el fet que la societat vegi decaure el dret a construir per altres causes no impossibilita el reconeixement del dret a construir per la conformitat del projecte amb la normativa urbanística d'aplicació.
3.- De l'escrit anterior se n'ha donat trasllat a la representació de la part agent, que demana la confirmació de la sentència amb desestimació del recurs oposat en contra, argumentant que el Govern coneix la sentència d'aquest Sala que atorga el dret a enderrocar l'edifici de l'H.L.R., per la qual cosa no li cal a P3 S.A. sol·licitar cap llicència d'enderrocament previ la construcció.
4.- El dia 11 de novembre de 2005 ha tingut lloc la vista oral, en la que les parts han pogut fer les manifestacions més adients als seus interessos respectius, quedant tot seguit les actuacions vistes per a deliberar i decidir el Tribunal.
F O N A M E N T S D E D R E T
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Per analitzar adequadament la qüestió que se suscita en aquesta segona instància cal partir dels següents elements de fet, que consten a les actuacions i no són discutides per les parts: la Secció administrativa del Tribunal de Batlles, en la sentència 2002-09, de 27 de febrer de 2002, va estimar la demanda de l'entitat mercantil P3 S.A. i després d'anul·lar el refús tàcit del Govern en relació a la sol·licitud d'enderrocament de l'edifici de l'H.R., situat a Encamp, presentada l'11 de gener de 2001, va declarar el dret de la part agent a l'esmentat enderrocament, sentència que fou confirmada per la d'aquesta Sala número 02-46, de 19 de setembre de 2002; el 19 de desembre de 2002 es va publicar el Decret del Govern del dia anterior que ordenava la suspensió provisional i cautelar durant el termini d'un any, de l'atorgament de llicències d'enderrocament o de qualsevol tipus d'obra, intervenció o actuació en els béns immobles d'interès cultural que figuren en l'annex, l'H.R. entre ells; el dia 7 de gener de 2003, P3 S.A. demana al Comú d'Encamp permís per construir una residència geriàtrica en el lloc que actualment ocupa l'H.R., que li fou atorgat per acord de 5 de març de 2003; demanada la mateixa autorització al Govern se li desestima per silencia administratiu, desencadenant-se els mecanismes de recursos administratius descrits en els antecedents de fet fins l'obtenció de la sentència favorable a P3 S.A.
Tercer.- La sentència del Tribunal de Batlles, tot reconeixent que el Decret de 18 de desembre de 2002 impedia tota intervenció en l'àmbit ocupat per l'H.R., indica que l'article 134 de la Llei general d'ordenació del territori i urbanisme (LGOTU) no vincula la llicència de demolició d'edificis a la llicència de construcció d'obres de nova planta i si el projecte s'ajusta a la legalitat urbanística, el fet que per efecte d'altre normativa la societat P3 S.A. vegi decaure el seu dret a edificar no elimina la possibilitat d'atorgar-li la llicència de construir.
L'atorgament de llicències respon a l'exercici d'una potestat reglada que quan te per objecte obres de nova planta d'edificacions (article 134.1 LGOTU i 84.1 del Reglament de construcció de 26 de febrer de 2003) requereix contrastar el projecte constructiu amb l'ordenament urbanístic aplicable; però de conformitat a allò establert en l'article 105.2 del Reglament la llicència d'obres te per objecte, a més, controlar l'adequació a les normes de protecció del patrimoni cultural fins el punt que l'article 123.2 demana als comuns que en el procediment d'autorització requereixin informe favorable del Ministeri encarregat del patrimoni cultural en els casos que la sol·licitud de la llicència tingui per objecte edificis declarats béns d'interès cultural.
Tot i que el que s'analitza en aquesta alçada és l'ajustament al Dret d'una resolució judicial, i no d'un acte del Comú, i que quan es va demanar tant al Comú com al Govern la llicència d'obres l'edifici de l'H.R. no havia estat encara declarat bé d'interès cultural, bo serà indicar que quan una normativa específica impedeix l'atorgament de llicències per altres raons a les estrictament urbanístiques, s'ha de tenir en compte a l'hora de resoldre les sol·licituds. I en el cas, el Decret de 18 de desembre de 2002, del que no s'havia acordat la suspensió d'eficàcia, imposava la suspensió de l'atorgament de llicències d'obres en el solar que ocupa l'actual edifici de l'H.R., suspensió que era vigent tant en el moment en què es va sol·licitar la llicència al Govern com en el moment en que es va tenir per resolta per silenci la sol·licitud, i només per l'existència d'aquesta suspensió cautelar ja no es podia atorgar la llicència.
Com a complement del que s'ha exposat, convé significar que la sentència d'aquesta Sala, núm. 2 del dia d'avui, en el litigi que precisament tenia per objecte exclusiu l'examen de legalitat del Decret abans esmentat, i que se suscitava entre les mateixes parts que el present, l'ha declarat ajustat al Dret.
Amb aquest marc legal, l'argument de la sentència de què encara que el dret a construir que comporta l'atorgament de la llicència no es pugui exercir per la vigència de la suspensió dels permisos d'enderrocament (i per la posterior declaració, des de l'11 de febrer de 2004 de bé d'interès cultural) no elimina la possibilitat de reconèixer-lo, és erroni perquè implica valorar parcialment l'ordenament jurídic aplicable a l'hora d'exercir la potestat d'atorgament de llicències de construcció.
En aquesta mateixa línia, cal no oblidar que en el procediment d'autorització davant el Comú, consta un informe tècnic de 13 de febrer de 2003 (folis 42 i 43 dels autes) que proposa la no aprovació del projecte precisament per la inclusió de l'H.R. en la relació de béns immobles d'interès cultural establerta en el Decret de 18 de desembre de 2002; i de la mateixa manera la Comissió Tècnica d'Urbanisme, en l'informe al Govern sobre la llicència demanada emès el 20 de febrer de 2004 (foli 67 dels autes) proposa la desestimació del recurs de reposició per les mateixes raons
Finalment, tot i que les llicències d'enderrocament i de construcció són actes jurídics independents, no té sentit atorgar el segon quan el primer és improcedent, i en aquest punt la Sala vol recordar a les parts, i especialment a l'agent, allò que va indicar en l'aute 17-2004, de 20 de desembre de 2004, en el que es va posar en relleu la inactivitat de P3 S.A. en l'exercici d'un dret -el d'enderrocar reconegut explícitament per aquesta Sala i abans pel Tribunal de Batlles- que només a ella li corresponia dur a la pràctica sense mes tràmits, i en no haver-ho fet, aquell dret va veure's desplaçat per una norma de suspensió cautelar.
Per les raons exposades correspon estimar el recurs d'apel·lació i revocar la sentència del Tribunal de Batlles, deixant sense efecte el reconeixement del dret de P3 S.A. a la construcció de l'edifici objecte de la sol·licitud de llicència davant el Govern.
Quart.- No es fa cap pronunciament sobre el pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
D E C I S I Ó
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix estimar el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal del Govern contra la sentència número 2005-067 de 31 de maig de 2005, dictada per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, que es revoca, i amb estimació de la demanda es declara ajustada al dret la denegació per silenci de la sol·licitud de llicència formulada al Govern el dia 4 de setembre de 2004 i la desestimació per silenci del recurs interposat en contra el 29 de desembre de 2003. No es fa cap pronunciament sobre el pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.