STSJAD ANDORRA, a 28 de juny del 2006 - ROJ: STSJAD 121/2006
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé28 juin 2006
Numéro38/06
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD n° 121/2006, 28 juin 2006 (ECLI:AD:TSJADAD:2006:121)
> Décision commentée : STSJAD n° 121/2006, Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala administrativa, 28 juin 2006 (Recurs 38/06) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Un ressortissant étranger, dont le nom varie selon les passages de la décision (« Bonet » dans le corps du texte, « Carranza » dans l'en-tête), sollicitait une autorisation de séjour et de travail en Principauté d'Andorre pour exercer les fonctions de barman durant la saison d'hiver 2005-2006. Il n'avait pas d'attaches particulières avec l'Andorre : il résidait à Montpellier, sa compagne et ses trois enfants vivaient en France, et il percevait une indemnisation chômage française.
Les antécédents de l'intéressé pèsent sur le dossier. En 2002, il avait travaillé en Andorre et avait été interpellé par la police en possession de cocaïne. Le Tribunal de Corts l'avait condamné le 5 mai 2003. Le texte indique qu'un recours d'audience avait été formé contre cette décision, sans préciser l'issue de ce recours (non précisé dans la décision). Une précédente demande de séjour avait été rejetée le 21 mai 2002.
Le 28 octobre 2005, l'intéressé présentait une nouvelle demande d'autorisation d'immigration temporaire. Le ministre de la Justice et de l'Intérieur la rejetait le 24 novembre 2005 sur le fondement de l'article 47 c) de la Llei qualificada d'immigració du 14 mai 2002. Le Govern confirmait ce refus par résolution du 4 janvier 2006. Le Tribunal de batlles rejetait le recours par jugement du 10 mars 2006.
Saisi en appel le 24 mars 2006, le requérant soutenait principalement trois moyens : la procédure d'autorisation devait être soumise aux principes du droit administratif répressif ; la présomption d'innocence avait été méconnue ; le refus était disproportionné. Le Govern répondait que la mesure préventive de police administrative possédait une substantivité propre et ne revêtait pas de caractère répressif, et il invoquait les condamnations pénales pour trafic de stupéfiants destinés à la consommation personnelle et pour conduite sous l'emprise de la cocaïne.
## Question de droit
La décision soulève deux questions.
**Première question** : une mesure de police administrative prise en application de la législation sur l'immigration relève-t-elle d'une logique répressive, de sorte que le principe de présomption d'innocence serait applicable à la procédure de délivrance ou de refus d'autorisation de séjour ?
**Seconde question** : le refus d'autorisation de séjour et de travail, fondé sur le comportement passé de l'étranger, est-il proportionné à l'objectif de protection de l'ordre public, et quel est le degré de contrôle juridictionnel exercé sur cette appréciation ?
## Solution et dispositif
Le Tribunal rejette l'appel sur les deux points.
**Sur la présomption d'innocence.** La Sala renvoie à sa jurisprudence constante, rappelée dans le jugement de première instance, selon laquelle les mesures de police adoptées sur le fondement de la loi qualifiée sur l'immigration « tenen una substantivitat pròpia, no revesteixen caràcter sancionador i per tant no es vulnera el principi de presumpció d'innocència » (fondement n° 2). Le moyen est donc écarté.
**Sur la proportionnalité.** Le juge procède en deux temps. Il vérifie d'abord la réalité des faits qui fondent la mesure, en l'espèce non contestée. Il contrôle ensuite le caractère non disproportionné de la mesure. Le tribunal relève que le comportement de l'intéressé, à savo
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 28 de juny del 2006 - ROJ: STSJAD 121/2006
STSJAD n° 121/2006, 28 juin 2006 (ECLI:AD:TSJADAD:2006:121)
Reproduction verbatim
Décision commentée : STSJAD n° 121/2006, Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala administrativa, 28 juin 2006 (Recurs 38/06) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un ressortissant étranger, dont le nom varie selon les passages de la décision (« Bonet » dans le corps du texte, « Carranza » dans l'en-tête), sollicitait une autorisation de séjour et de travail en Principauté d'Andorre pour exercer les fonctions de barman durant la saison d'hiver 2005-2006. Il n'avait pas d'attaches particulières avec l'Andorre : il résidait à Montpellier, sa compagne et ses trois enfants vivaient en France, et il percevait une indemnisation chômage française.
Les antécédents de l'intéressé pèsent sur le dossier. En 2002, il avait travaillé en Andorre et avait été interpellé par la police en possession de cocaïne. Le Tribunal de Corts l'avait condamné le 5 mai 2003. Le texte indique qu'un recours d'audience avait été formé contre cette décision, sans préciser l'issue de ce recours (non précisé dans la décision). Une précédente demande de séjour avait été rejetée le 21 mai 2002.
Le 28 octobre 2005, l'intéressé présentait une nouvelle demande d'autorisation d'immigration temporaire. Le ministre de la Justice et de l'Intérieur la rejetait le 24 novembre 2005 sur le fondement de l'article 47 c) de la Llei qualificada d'immigració du 14 mai 2002. Le Govern confirmait ce refus par résolution du 4 janvier 2006. Le Tribunal de batlles rejetait le recours par jugement du 10 mars 2006.
Saisi en appel le 24 mars 2006, le requérant soutenait principalement trois moyens : la procédure d'autorisation devait être soumise aux principes du droit administratif répressif ; la présomption d'innocence avait été méconnue ; le refus était disproportionné. Le Govern répondait que la mesure préventive de police administrative possédait une substantivité propre et ne revêtait pas de caractère répressif, et il invoquait les condamnations pénales pour trafic de stupéfiants destinés à la consommation personnelle et pour conduite sous l'emprise de la cocaïne.
Question de droit
La décision soulève deux questions.
Première question : une mesure de police administrative prise en application de la législation sur l'immigration relève-t-elle d'une logique répressive, de sorte que le principe de présomption d'innocence serait applicable à la procédure de délivrance ou de refus d'autorisation de séjour ?
Seconde question : le refus d'autorisation de séjour et de travail, fondé sur le comportement passé de l'étranger, est-il proportionné à l'objectif de protection de l'ordre public, et quel est le degré de contrôle juridictionnel exercé sur cette appréciation ?
Solution et dispositif
Le Tribunal rejette l'appel sur les deux points.
Sur la présomption d'innocence. La Sala renvoie à sa jurisprudence constante, rappelée dans le jugement de première instance, selon laquelle les mesures de police adoptées sur le fondement de la loi qualifiée sur l'immigration « tenen una substantivitat pròpia, no revesteixen caràcter sancionador i per tant no es vulnera el principi de presumpció d'innocència » (fondement n° 2). Le moyen est donc écarté.
Sur la proportionnalité. Le juge procède en deux temps. Il vérifie d'abord la réalité des faits qui fondent la mesure, en l'espèce non contestée. Il contrôle ensuite le caractère non disproportionné de la mesure. Le tribunal relève que le comportement de l'intéressé, à savo
Apel·lada: M.I. GOVERN Representant: Capellà Advocat : Viñas
A la vila d'Andorra la Vella, el 28 de juny de 2006
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número AD-002-1/06.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet el qual expressa el parer del Tribunal.
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.- El Sr. Bonet va interposar recurs contra la resolució del Govern de data 4 de gener del 2006, confirmant en alçada la resolució del Ministre de Justícia i Interior del 24 de novembre del 2005 sol·licitant l'anul·lació de l'acte administratiu impugnat.
2.- En la sentència del 10 de març del 2006, el Tribunal de Batlles ha desestimat la demanda promoguda pel Sr. Carranza.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 38/06 — Décision commentée
3.- En el seu recurs d'apel·lació de data 24 de març del 2006, el Sr. Bonet manifesta principalment que:
-el procediment d'autorització de residència i treball ha d'inspirar-se en els principis del dret administratiu sancionador
-s'ha vulnerat la presumpció d'innocència
-la denegació del permís de residència i treball es desproporcionada
4 - En la seva contesta de data 4 d'abril del 2006, el MI Govern manifesta principalment que:
-la mesura preventiva de policia administrativa té una substantivitat pròpia i no revesteix caràcter sancionador.
-el Sr. Bonet ha estat condemnat com autor d'un delicte major d'ús de productes estupefaents pel seu propi consum i dels delictes menors d'introducció d'aquests productes pel seu propi consum i conducció de vehicle sota aquesta influencia ( cocaïna).
5.- Trameses les actuacions a aquesta Sala, s'ha designat el magistrat ponent i han quedat vistes les actuacions per a deliberar i decidir.
F O N A M E N T S D E D R E T
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Aquesta Sala ha jutjat varies vegades com ho recorda justament la sentència recorreguda, que « les mesures de policia adoptades en mèrits de la llei qualificada d'immigració tenen una substantivitat pròpia, no revesteixen caràcter sancionador i per tant no es vulnera el principi de presumpció d'innocència » (fonament de dret Tercer).
La demanda promoguda pel Sr. Bonet ha de rebutjar-se en aquest punt.
Tercer.- Sobre el fons:
La situació del Sr. Bonet és molt diferent de les d'aquelles persones que han estat objecte de les sentències d'aquesta Sala de data 24 de febrer i 5 de maig de 2005, mencionades en el recurs d'apel·lació.
La situació del Sr. Bonet és com segueix:
No te cap lligam particular al Principat d'Andorra, però decideix treballar-hi temporalment com empleat de bar durant l'hivern.
La seva absència de lligams a Andorra ho confirma l'examen dels documents que figuren en l'expedient, per exemple, l'atestat lliurat pel servei d'indemnització de l'atur a França, que indica que diàriament està a la recerca d'un treball (veure foli 34, carta de data 22 de novembre de 2005). Igualment podem remarcar que la seva companya i els seus tres fills resideixen a França (veure foli. 36).
L'interessat ja havia treballat a Andorra l'any 2002, i en aquesta època havia estat detingut per la policia que li havia trobat cocaïna (veure l'informe, foli 52 i següents.). El Tribunal de Corts el va condemnar per aquests fets el 5 de maig de 2003 (veure foli 59) ; així i tot aquesta decisió ha estat l'objecte d'un recurs d'audiència (veure foli 17). Aquesta circumstància no repercuteix sobre el procediment administratiu, ja que com s'ha dit més amunt (fonament segon), les mesures de policia administrativa tenen una substantivitat pròpia.
Aquest fets són per conseqüent indiscutibles. D'altra banda, desprès de constatar aquests fets, la seva sol·licitud d'autorització de sojorn i treball va estar desestimada per resolució de data 21 de maig de 2002 (veure foli 63). A aquesta època es va confirmar que l'interessat vivia i treballava a França (a Montpellier) i que desitjava simplement treballar durant l'hivern a Andorra (veure la nota de la Policia de data 11 de setembre de 2002, foli 64).
En data 28 d'octubre del 2005, el Sr. Bonet ha formulat una nova sol·licitud d'autorització d'immigració temporal, en vistes a exercir una funció de bàrman durant un període determinat, és a dir durant la temporada de l'hivern 2005-2006 (veure foli 65).
Aquesta sol·licitud ha estat desestimada per resolució del Ministre de Justícia i Interior de data 24 de novembre del 2005, sobre el fonament de l'article 47 c) de la Llei qualificada d'immigració de data 14 de maig de 2002 (veure foli 16) i aquesta resolució fou confirmada per una resolució del MI Govern de data 4 de gener del 2006 (veure foli 8).
Convé per tant de treure les conseqüències jurídiques d'aquests fets que no es discuteixen.
Aquesta Sala ha jutjat varies vegades que en matèria de policia administrativa, els serveis de policia disposen d'una potestat discrecional.
Per tant, el jutge en primer lloc ha de verificar la realitat dels fets sobre els quals es fonamenta la policia. En aquest cas, com ja s'ha dit, la realitat d'aquests fets no es discuteixen. Desprès el jutge ha de verificar que la mesura no es desproporcionada. En aquest cas, el Sr. Bonet, ha tingut durant aquesta estada a Andorra una conducta quina naturalesa presenta un risc per a l'ordre públic. En efecte, ha introduït productes estupefaents al Principat i ha conduït un vehicle sota els efectes dels productes estupefaents ( cocaïna). En conseqüència, el MI Govern ha pogut estimar legalment que la conducta del Sr. Bonet presenta un risc per a l'ordre públic.
La demanda promoguda pel Sr. Bonet s'ha de rebutjar.
D E C I S I Ó
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer Desestimar el recurs d'apel·lació presentat pel Sr. Bonet.
Segon: Confirmar la sentencia recorreguda i declarar que la decisió del Govern del 4 de gener del 2006, confirmatòria de la resolució del Ministre de Justícia i Interior del 24 de novembre del 2005, és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa.
Aquesta sentencia es ferma i executiva
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.