STSJAD ANDORRA, a 28 de juny del 2006 - ROJ: STSJAD 127/2006
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé28 juin 2006
Numéro46/06
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 28 juin 2006, n° 46-2006 (STSJAD 127/2006)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, — (STSJAD 127/2006 ; ECLI:AD:TSJADAD:2006:127) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Les demandeurs, MM. Ricart, Blasco i Gaya, travaillent pour la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), organisme parapublic dépendant du Gouvernement. Ils ont sollicité, le 14 novembre 2003, la reconnaissance de la qualité de fonctionnaires public. Le Gouvernement a rejeté leur demande par une résolution du 11 février 2004, confirmée sur recours gracieux le 25 mars 2004.
Le Tribunal de Batlles, Section administrative, a rejeté leur demande par un jugement n° 2005-125 du 2 novembre 2005. Il a retenu que la qualité de fonctionnaire ne résulte pas de la nature des fonctions exercées, mais d'un ensemble d'actes successifs, au premier rang desquels le nomination par l'autorité compétente (article 27 de la Llei de la funció pública). Il a par ailleurs qualifié de protocolaire le serment prêté devant le Chef du Gouvernement et relevé que les demandeurs n'avaient produit aucune preuve des tâches concrètement accomplies.
M. Blasco i Gaya a interjeté appel. Il soutenait que la denégation de preuves en première instance lui causait un préjudice pour sa défense, que le jugement méconnaissait l'article 25 de la Constitution relatif à l'accès aux fonctions publiques, et que le décret des viguiers de 1971 avait été mal interprété. Le Gouvernement et la CASS ont conclu à la confirmation. L'audience s'est tenue le 24 mai 2006.
Le Tribunal était saisi, en appel, de la régularité de la procédure probatoire et du bien-fondé de la solution au regard du droit de la fonction publique.
## Question de droit
La décision soulève deux questions.
1. **Question principale** : des agents recrutés par une entité parapublique dépendant du Gouvernement peuvent-ils se prévaloir de la qualité de fonctionnaires public, soit sur le fondement du décret des viguiers de 30 avril 1971 (ou 1985, cf. infra), soit sur celui de l'article 25 de la Constitution ?
2. **Question incidente** : le refus de la première instance d'admettre des mesures d'instruction complémentaires porte-t-il atteinte au droit à la juridiction ?
## Solution et dispositif
**Sur la qualité de fonctionnaire.** Le Tribunal écarte d'abord le décret de 1971. Il relève que celui-ci est incompatible avec la Constitution, en ce qu'il établit une dépendance fonctionnelle à l'égard des viguiers, alors que la Constitution circonscrit les pouvoirs des organes juridictionnels à l'administration de la justice et soumet les actes de l'administration au contrôle judiciaire. Il retient toutefois, à titre surabondant, que ce décret a été abrogé par la disposition abrogatoire de la Llei de la funció pública.
Le Tribunal raisonne ensuite à partir du droit positif. La loi sur la fonction publique exclut expressément de son champ d'application (article 3.2.d) les entités parapubliques dépendant du Gouvernement, dont les agents sont régis par leur réglementation propre. Selon la disposition transitoire dixième, la réglementation du personnel de ces entités devait être adoptée avant le 31 décembre 2002. Cette réglementation n'ayant pas été adoptée pour la CASS, le statut de son personnel est constitué par le Règlement d'application n° 1 sur le statut du personnel et par les règles du droit du travail, désormais interprétées à la lumière de la Llei 8/2003, du 12 juin, sur le contrat de
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 28 de juny del 2006 - ROJ: STSJAD 127/2006
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 28 juin 2006, n° 46-2006 (STSJAD 127/2006)
Les demandeurs, MM. Ricart, Blasco i Gaya, travaillent pour la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), organisme parapublic dépendant du Gouvernement. Ils ont sollicité, le 14 novembre 2003, la reconnaissance de la qualité de fonctionnaires public. Le Gouvernement a rejeté leur demande par une résolution du 11 février 2004, confirmée sur recours gracieux le 25 mars 2004.
Le Tribunal de Batlles, Section administrative, a rejeté leur demande par un jugement n° 2005-125 du 2 novembre 2005. Il a retenu que la qualité de fonctionnaire ne résulte pas de la nature des fonctions exercées, mais d'un ensemble d'actes successifs, au premier rang desquels le nomination par l'autorité compétente (article 27 de la Llei de la funció pública). Il a par ailleurs qualifié de protocolaire le serment prêté devant le Chef du Gouvernement et relevé que les demandeurs n'avaient produit aucune preuve des tâches concrètement accomplies.
M. Blasco i Gaya a interjeté appel. Il soutenait que la denégation de preuves en première instance lui causait un préjudice pour sa défense, que le jugement méconnaissait l'article 25 de la Constitution relatif à l'accès aux fonctions publiques, et que le décret des viguiers de 1971 avait été mal interprété. Le Gouvernement et la CASS ont conclu à la confirmation. L'audience s'est tenue le 24 mai 2006.
Le Tribunal était saisi, en appel, de la régularité de la procédure probatoire et du bien-fondé de la solution au regard du droit de la fonction publique.
Question de droit
La décision soulève deux questions.
Question principale : des agents recrutés par une entité parapublique dépendant du Gouvernement peuvent-ils se prévaloir de la qualité de fonctionnaires public, soit sur le fondement du décret des viguiers de 30 avril 1971 (ou 1985, cf. infra), soit sur celui de l'article 25 de la Constitution ?
Question incidente : le refus de la première instance d'admettre des mesures d'instruction complémentaires porte-t-il atteinte au droit à la juridiction ?
Solution et dispositif
Sur la qualité de fonctionnaire. Le Tribunal écarte d'abord le décret de 1971. Il relève que celui-ci est incompatible avec la Constitution, en ce qu'il établit une dépendance fonctionnelle à l'égard des viguiers, alors que la Constitution circonscrit les pouvoirs des organes juridictionnels à l'administration de la justice et soumet les actes de l'administration au contrôle judiciaire. Il retient toutefois, à titre surabondant, que ce décret a été abrogé par la disposition abrogatoire de la Llei de la funció pública.
Le Tribunal raisonne ensuite à partir du droit positif. La loi sur la fonction publique exclut expressément de son champ d'application (article 3.2.d) les entités parapubliques dépendant du Gouvernement, dont les agents sont régis par leur réglementation propre. Selon la disposition transitoire dixième, la réglementation du personnel de ces entités devait être adoptée avant le 31 décembre 2002. Cette réglementation n'ayant pas été adoptée pour la CASS, le statut de son personnel est constitué par le Règlement d'application n° 1 sur le statut du personnel et par les règles du droit du travail, désormais interprétées à la lumière de la Llei 8/2003, du 12 juin, sur le contrat de
Sentència
Núm. de Protocol: AD-0034-2/04 TSA: 75/05
S E N T È N C I A NÚM. 46-2006
PARTS:
Apel·lant: Blasco i Gaya
Representant: Tamarit
Advocat. Téllez
Apel·lada: M.I. GOVERN
Representant: Castrillo
Advocat : Raya
Apel·lada: CASS
Representant: Briones
Advocat: Ruiz
Apel·lada: Ricart i altres
Representant: Tamarit
Advocat. Nuñez
A la vila d'Andorra la Vella, el 28 de juny de 2006
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 46/06 — Décision commentée
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número AD-0034-2/2004.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. LLUIS SAURA LLUVIA el qual expressa el parer del Tribunal.
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.- La Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, en la sentència 2005-125, de 2 de novembre de 2005, va desestimar l demanda interposada pels Srs. Ricart,Blasco i Gaya, i va declarar que la resolució del Govern de 25 de març de 2004 que desestimava el recurs interposat contra la d'11 de febrer anterior son ajustades al Dret, en tant que van desestimar la sol·licitud formulada el 14 de novembre de 2003 de que se'ls declarés que tenen la condició de funcionaris.
2.- Contra la sentència esmentada han interposat un recurs d'apel·lació els Sr. Blasco i Gaya en el que a més d'indicar que la denegació d proves en primera instància els genera indefensió, consideren que la sentència vulnera l'article 25 de la Constitució, sobre el dret d'accedir als càrrecs públics i la interpretació errònia del Decret dels veguers de 30 d'abril de 1971.
3.- Les representacions del Govern i de la Caixa Andorrana de Seguretat Social han contestat l'apel·lació demanant la confirmació de la sentència en considerar que els demandant són treballadors de la parapública i no tenen ni poden tenir l'estatus de funcionari públic.
4.- El dia 24 de maig de 2006 ha tingut lloc la celebració de la vista oral, en la que les parts han pogut fer les manifestacions més adients als seus interessos respectius, quedant tot seguit les actuacions vistes per a deliberar i decidir.
F O N A M E N T S D E D R E T
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Per resoldre sobre si als apel·lants se'ls ha de reconèixer o no la condició de funcionari cal partir del fet de que el Sr. Blasco va ser nomenat inspector de la Seguretat Social pels Veguers el 8 de juliol de 1985 en aplicació del Decret de 30 d'abril de 1985 i el Sr. Gaya va ser contractat pel consell d'administració de la CASS com ajudant d'inspecció el mes de desembre de 1993, i no s'ha qüestionat que els inspectors de la CASS són pagats per la parapública, no tenen cap dependència funcional dels altres poders públics i mai han estat enquadrats orgànicament en l'estructura de l'Administració general.
La sentència del Tribunal de Batlles confirma les resolucions del Govern que denegaven als sol·licitants la seva condició de funcionaris argumentant, d'una banda, que la condició de funcionari no s'adquireix per la naturalesa de les funcions que es desenvolupen sinó per un conjunt d'actes successius, entre els quals destaca el nomenament conferit per l'autoritat competent (article 27 de la Llei de la funció pública); d'una altra banda que el jurament prestat davant el Cap de Govern va ser un acte de naturalesa protocol·lària i, finalment, que sempre han estat enquadrats en l'estructura orgànica i funcional de la CASS, tot i que els demandants no han aportat cap prova sobre les tasques concretes que duen a terme.
Tercer.- Els apel·lants denuncien que la sentència vulnera els preceptes constitucionals que prescriuen un accés a la funció pública en condicions d'igualtat (article 25), però el que novament vertebra el seu argument és l'aplicació del Decret dels veguers de 30 d'abril de 1971, que en el marc del reglament contenciós de la CASS de 29 de desembre de 1967, que els encarregava de la seva aplicació, van crear un departament d'inspecció i de control que havia de funcionar prop dels batlles i per llur delegació, anant les despeses del seu funcionament a càrrec de la pròpia CASS.
Amb independència de que aquest Decret és incompatible, pel que fa a la dependència funcional que estableix, amb la Constitució andorrana -que circumscriu les potestats dels òrgans jurisdiccionals a la d'administrar Justícia i sotmet els actes de l'Administració pública al control judicial- el cert és que també s'ha de considerar derogat per la Disposició derogatòria de la Llei de la funció pública per la qual cosa no pot emparar les pretensions dels demandants.
Quart.- Tanmateix, i partint del sistema actualment vigent, la Llei de la funció pública exclou expressament del seu àmbit aplicatiu (article 3.2.d) les entitats parapúbliques dependents del Govern, els treballadors de les quals es regulen pel que disposa la seva normativa pròpia, preveient (Disposició transitòria desena) que abans del 31 de desembre de 2002 s'aprovi la normativa relativa al personal que sigui necessària pel funcionament de les entitats parapúbliques, que en el cas de la CASS -no havent-se aprovat aquesta normativa- ve constituïda pel Reglament d'aplicació número 1 sobre l'estatut del personal i per les normes de la relació laboral, avui dia interpretades a la llum de la Llei 8/2003, de 12 de juny, sobre el contracte de treball.
Per tant, la normativa reguladora de la funció pública no permet atribuir al personal contractat per la CASS la condició de funcionari.
En conseqüència de tot el que s'exposa, cal desestimar el recurs d'apel·lació i confirmar la sentència recorreguda.
Cinquè.- En aquesta segona instància, els apel·lants denuncien vulneració del dret a la jurisdicció per la negació indeguda de proves en primera instància, la pràctica de les quals demanen novament, però aquesta pràctica s'ha de denegar per tal com se circumscriu a aportar a les actuacions la documentació relativa al seu acte de jurament, per extreure'n de la mateixa que el Govern els va reconèixer la condició de funcionaris, quan, com bé diu la sentència del Tribunal de Batlles, aquest va ser un acte protocol·lari que no te cap valor a l'hora de definir la naturalesa de la relació dels recurrents amb el Govern o amb l'Administració general de l'Estat.
Sisè.- No s'aprecien circumstàncies determinants d'un pronunciament especial sobre el pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
D E C I S I Ó
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix desestimar el recurs d'apel·lació interposat pels Srs. Ricart,Blasco i Gaya contra la sentència de la Secció Administrativa 2005-125, de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, que es confirma, sense fer pronunciament especials obre el pagament de les despeses d'aquesta segons instància.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.