I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 268/2009 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 29 octobre 2009)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 29 octobre 2009, recours n° 123/09, ROJ STSJAD 268/2009 (ECLI:AD:TSJADAD:2009:268) (Lire sur source officielle)
Note préliminaire : la référence canonique fournie avec la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI) a été retenue.
Faits et procédure
Les époux Palau et Pérez ont divorcé. Par une demande déposée le 18 mai 2007, l'épouse sollicitait la dissolution du mariage, l'attribution de l'autorité parentale aux deux parents, la garde et la custodie de la fille commune à la mère, la fixation d'un régime de visites en faveur du père et une pension alimentaire de 439,86 euros mensuels à la charge de celui-ci.
Le père a soulevé, le 8 juin 2007, une exception dilatoire de litispendance, invoquant une procédure de divorce pendante devant le Juzgado de La Bisbal de l'Empordà (Gérone, Espagne). Il a subsidiairement acquiesce à la dissolution du mariage et à l'autorité parentale conjointe, mais s'est opposé au régime de visites proposé, au motif que la mère résidait alors à Gérone et entravait la relation entre le père et l'enfant. Il a formé une demande reconventionnelle tendant à un régime de contacts progressif. L'épouse a contesté l'exception et la demande reconventionnelle.
Par jugement du 3 avril 2009, le Tribunal unipersonnel, Sala Civil, a prononcé le divorce et arrêté les mesures suivantes : maintien de l'autorité parentale partagée et garde à la mère ; pension alimentaire de 439,86 euros, révisable annuellement selon l'IPC, les dépenses extraordinaires étant partagées par moitié ; régime de contacts provisoire de six mois, puis régime définitif (un week-end sur trois, moitié des vacances d'été et de Noël, Semaine sainte et Carnaval chez le père). Aucune condamnation aux dépens n'a été prononcée.
Les deux parties ont interjeté appel. Le père demandait la modification du régime de visites (week-ends alternés, ponts, répartition des vacances). La mère demandait le maintien à la charge du père des dépenses extraordinaires et contestait le régime de visites ainsi que le partage des fêtes. Le dispositif indique que le recours a été jugé par la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia. Le texte ne précise pas la suite donnée à l'exception de litispendance, qui n'est pas reprise en appel (non précisé dans la décision).
Question de droit
La Cour devait trancher deux points principaux, en sus de la question des dépens :
- Le régime de visites paterno-filiales fixé en première instance peut-il être modifié en appel, notamment quant à la fréquence des week-ends, aux ponts, aux vacances d'été et aux fêtes de fin d'année, de Semaine sainte et de Carnaval ?
- La charge des dépenses extraordinaires de la fille commune doit-elle être maintenue au père, avec ou sans condition d'accord préalable, et sel
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 29 d'octubre del 2009 - ROJ: STSJAD 268/2009 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal de la Sra. Pérez va formular demanda de divorci contra el Sr. Palau en data 18 de maig del 2007 sol·licitant que es declarés la dissolució del matrimoni contret pels litigants, que s'atribuís la pàtria potestat sobre la filla comú Quesada als dos progenitors, restant la nena sota la guarda i custòdia de la seva mandant, que s'establís un règim de visites a favor del Sr. Palau i que es fixés una pensió d'aliments a favor de la filla comú i a càrrec del seu pare d'un import de 439,86 euros mensuals.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 octobre 2009 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC- 123/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 29 d'octubre de 2009
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal de la Sra. Pérez va formular demanda de divorci contra el Sr. Palau en data 18 de maig del 2007 sol·licitant que es declarés la dissolució del matrimoni contret pels litigants, que s'atribuís la pàtria potestat sobre la filla comú Quesada als dos progenitors, restant la nena sota la guarda i custòdia de la seva mandant, que s'establís un règim de visites a favor del Sr. Palau i que es fixés una pensió d'aliments a favor de la filla comú i a càrrec del seu pare d'un import de 439,86 euros mensuals.
II.- En data 8 de juny del 2007 la representació processal del Sr. Palau va formular excepció peremptòria de litispendència civil, afirmant que estava pendent de Sentència un procés de divorci tramitat al Jutjat de La Bisbal de l'Empordà (Girona-Espanya). Subsidiàriament, va contestar a la demanda manifestant el seu acord pel que fa a la petició de dissolució del matrimoni, i d'atribució de la pàtria potestat sobre la filla comú als dos progenitors, restant la menor sota la guarda i custòdia de la seva mare, i acceptant fer-se càrrec de la pensió de 439,86 euros que demanava l'adversa, però oposant-se al règim de visites que proposava la demandant, atès que en aquell moment la Sra. Pérez residia a Girona i obstaculitzava la relació entre el seu mandant i la Quesada, fet que havia tingut com a conseqüència que la nena desenvolupés una actitud de rebuig envers el seu pare. La representació processal del Sr. Palau formulava alhora demanda reconvencional sol·licitant que s'acordés un règim de contactes paterno- filials progressiu que descrivia.