I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJ Andorre (Sala civil), 26 novembre 2009, n° 109/09 (ROJ STSJAD 276/2009)
Décision commentée : TSJ Andorre, Sala civil, 26 novembre 2009, n° 109/09 (ROJ STSJAD 276/2009 ; ECLI:AD:TSJADAD:2009:276) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le Sr Diez, agent immobilier, a saisi le Tribunal de batlles d'une action en paiement fondée sur un contrat de courtage. Il réclamait à titre principal la somme de 309 521,25 EUR, et à titre subsidiaire celle de 61 900 EUR, au titre de la rémunération de son intervention dans la vente de l'immeuble « Hotel P. » à Sant Julià de Lòria. Les défendeurs, les Srs Caro et Vives, propriétaires de l'immeuble, contestaient toute commission d'agence et soutenaient qu'aucun mandat professionnel ne leur avait été confié.
Par jugement du 9 avril 2009, le Tribunal de batlles, section civile, a accueilli la demande et condamné les défendeurs à payer 309 521,25 EUR, outre les dépens. Les Srs Caro et Vives ont interjeté appel.
Les faits retenus par la juridiction d'appel sont les suivants. Le 21 décembre 2005, une promesse privée irrévocable de vente de l'immeuble a été conclue au prix de 6 190 425 EUR avec un acquéreur que la décision désigne tantôt comme « Sr Noguès », tantôt comme « Sr Julián » (le texte ne permet pas de trancher avec certitude sur ce point). Cette promesse n'a pas été réalisée, les vendeurs ayant renoncé à la vente.
La question litigieuse était donc de savoir si la conclusion de la promesse résultait de l'intervention du Sr Diez, et si celui-ci avait été chargé de la vente par un contrat verbal de courtage.
Question de droit
Le litige soulevait deux questions principales.
La première concernait la validité et la preuve d'un contrat de courtage conclu verbalement. Le Tribunal rappelle que le contrat de courtage est défini comme celui par lequel une partie s'oblige à verser une commission à l'autre partie pour qu'elle mette en relation le promettant avec un tiers, en vue de la conclusion d'un contrat entre celui-ci et le tiers, sans que le courtier devienne partie à ce dernier contrat. Il relève que ce contrat, introduit dans l'ordre juridique andorran par la coutume, est consensuel, ne requiert aucune forme particulière et demeure innommé dans sa modalité facio ut des. Il en déduit la validité du contrat convenu verbalement, tout en reconnaissant que la preuve d'un tel contrat est malaisée.
La seconde portait sur les conditions de la créance de commission. Le Tribunal énonce que le courtier est tenu
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 26 de novembre de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 26 de novembre del 2009 - ROJ: STSJAD 276/2009 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El Sr. Diez va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari, contra els Srs. Caro i Vives, en reclamació de la quantitat de 309.521,25 EUR en concepte de remuneració d'un contracte de corretatge, o subsidiàriament, de la quantitat de 61.900 EUR en concepte de comissió. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 26 novembre 2009 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC-109/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 26 de novembre de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El Sr. Diez va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari, contra els Srs. Caro i Vives, en reclamació de la quantitat de 309.521,25 EUR en concepte de remuneració d'un contracte de corretatge, o subsidiàriament, de la quantitat de 61.900 EUR en concepte de comissió.
II.- Els Srs. Caro i Vives van oposar-se a totes les pretensions de la part agent, contestant que no hi va haver cap encàrrec professional al Sr. Diez, ni es va pactar tampoc mai cap comissió al seu favor per cap operació immobiliària.
III.- Per sentencia de data 9 d'abril del 2009, l'Hble Tribunal de Batlles, secció civil, estimant la demanda de la part agent, va condemnar als Srs. Caro i Vives a pagar al Sr. Diez, la quantitat de 309.521,25 EUR mes les costes processals.
IV.- Contra aquesta resolució els Srs. Caro i Vives han interposat recurs d'apel·lació.