STSJAD 277/2009 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 26 novembre 2009, recurs 127/09)
Décision commentée : STSJAD, Civil, 26 novembre 2009, ROJ STSJAD 277/2009, ECLI:AD:TSJADAD:2009:277 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose une technicienne en sécurité alimentaire, de nationalité argentine, à son employeur, le propriétaire de l'entreprise B. Engagée en juin 2004, la salariée a sollicité en 2004 puis en décembre 2005 une autorisation de résidence et de travail auprès du Service d'immigration. Les deux demandes mentionnaient des salaires de base différents (1 664,51 EUR, puis 1 320 EUR). Par lettre du 18 juin 2007, la salariée a rompu unilatéralement et sans préavis le contrat de travail, au motif que l'employeur n'avait jamais versé l'intégralité du salaire convenu. L'employeur a déposé 627 EUR à titre de liquidation.
En première instance, le Tribunal unipersonnel des bailliages (section civile) a, par jugement du 24 avril 2009, condamné l'employeur à verser 27 716,37 EUR, assortis des intérêts légaux depuis le 22 juin 2007, à régulariser les déclarations et cotisations auprès de la CASS et à acquitter l'indemnité pour désistement justifié.
L'employeur a interjeté appel. La salariée réclamait en première instance 23 562,69 EUR, décomposés en salaire dû (14 929,69 EUR), indemnité pour désistement justifié (7 940 EUR) et vacances (1 320 EUR). Le défendeur soutenait notamment que le salaire convenu était de 1 000 EUR, que la créance antérieure au 20 juillet 2004 était prescrite et que la salariée n'avait formulé aucune réclamation pendant l'exécution du contrat. Une exception de préjudicialité pénale, relative à une plainte de l'employeur pour escroquerie et usage de document inauthentique, avait été rejetée par ordonnance du 9 novembre 2007.
Le magistrat rapporteur est Jean Louis Vuillemin. La formation est composée de MM. Vuillemin et Abril Campoy et de Mme Amat Llari.
Question de droit
La cour devait résoudre deux questions.
La première, centrale, portait sur la détermination du salaire de base effectivement convenu. Deux documents, signés par les deux parties, se contredisaient : la demande d'autorisation de résidence et de travail du 5 mai 2004 mentionnait 1 664,51 EUR, tandis que les bulletins de paie indiquaient 1 000 EUR, puis 1 050 EUR. Il fallait donc apprécier la force probante respective de ces pièces au regard des autres éléments du dossier.
La seconde concernait les conséquences de la rupture du contrat par la salariée. Il s'agissait de savoir si le paiement partiel du salaire justifiait la rupture immédiate prévue par l'article 75 de la Llei sobre el contracte de treball, et l'indemnisation corrélative, ainsi que le bien-fondé de la demande au titre des congés payés.
Solution et dispositif
Sur le salaire de base. La cour écarte la valeur probante de la demande du 5 mai 2004. Elle relève qu'elle présente « massa contradiccions » avec les autres circonstances de fait : le document a été rempli par l'employeur, il comporte une écriture qui ne correspond à aucune des deux parties, et il mentionne des coordonnées téléphoniques et télécopie distinctes de celles de l'entreprise. Les déclarations de la salariée devant le juge d'instruction, évaluant le salaire à environ 1 400 EUR, et la seconde demande de décembre 2005, qui mentionne 1 320 EUR accompagné d'une clause manuscrite de l'employeur, sont également pris en compte. La cour retient, à l'inverse, que les bulletins de paie n'ont jamais fait l'objet de contestation de la part de la salariée. Elle en déduit la chronologie suivante : 1 000 EUR par mois jusqu'en janvier 2005, 1 050 EUR de février à octobre 2005, 1 140,25
Sentència
TSJC- 127/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 26 de novembre de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La Sra. Villalba va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda laboral contra el Sr. Luís, en reclamació de la quantitat de 23.562,69 EUR en concepte de salari degut (14.929,69EUR), d'indemnització per desistiment justificat (7.940 EUR), de vacances (1.320 EUR) amb els interessos legals corresponents, i en declaració i cotització prop de la CASS de la quantitat esmentada.
II.- El Sr. Luís va plantejar l'excepció de prejudicialitat penal la qual fou resolta per Aute de data 9 de novembre del 2007 en el sentit de no donar lloc a l'esmentada qüestió. Sobre el fons del litigi, el mateix va oposar-se a totes les pretensions de la part agent, contestant que la reclamació corresponent al salari efectuat amb anterioritat al 20 de juliol de l'any 2004 ha prescrit; que l'acord verbal entre les parts del salari base a percebre per la Sra. Villalba era de 1.000 EUR; que no va ser el defenent el qui mitjançant la sol·licitud d'immigració de data 5 de maig del 2004, va estipular un salari base de 1.664,51 EUR.
III.- Per sentència de data 24 d'abril del 2009, l'Hble. Tribunal Unipersonal de Batlles, secció civil, estimant parcialment la demanda de la part agent, va condemnar al Sr. Luís a pagar a la Sra. Villalba, la quantitat de 27.716,37 EUR més els interessos legals des de la data del dia 22 de juny del 2007, i declarar la seva obligació de regularitzar les declaracions i cotitzacions a la CASS i a cotitzar la indemnització per desistiment justificat, amb imposició de les costes processals.