I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 46/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:46)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), sentència du 27 janvier 2010, recours n° 224/09, ROJ STSJAD 46/2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:46 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose M. Badía à Mme Blasco, parents d'une fille mineure, désignée dans la décision par l'initiale « N. ». Les parents étaient séparés en vertu d'une convention réglant le régime de séparation, conclue le 19 juillet 2005 et approuvée par une sentence du 8 février 2007.
Le 23 octobre 2008, M. Badía a formé une demande de modification de cette convention. Il sollicitait l'attribution de la garde et de la custodie de sa fille, ainsi que la fixation des contacts avec la mère. Mme Blasco s'y est opposée le 6 novembre 2008, au motif qu'aucun changement substantiel ne justifiait un transfert de la garde.
Par sentence du 23 juillet 2009, le Tribunal unipersonnel, section civile, a déclaré la demande irrecevable, sans condamnation aux dépens. M. Badía a interjeté appel en demandant la révocation de cette décision et l'admission de sa demande.
La décision retrace par ailleurs le contexte du dossier. Un ordonnance (« Aute ») du Batlle de Menors, en date du 15 avril 2009, a provisoirement attribué la garde et la custodie à M. Badía. Cette ordonnance prévoit l'élaboration par la Direction du Service social d'un calendrier de visites en faveur de la mère, ainsi qu'un suivi destiné à évaluer l'évolution de l'enfant. Selon le texte, un signalement des forces de police aurait été transmis au Batlle de Menors, après avoir été porté à la connaissance du ministère public. La décision mentionne une « citation à juger » datée du 23 septembre 2008, soit antérieure à la demande du 23 octobre 2008, sans que le texte n'explicite précisément l'articulation chronologique de ces dates.
Question de droit
La question centrale est de savoir si la juridiction civile peut statuer définitivement sur la garde et la custodie d'un mineur, alors que la juridiction des mineurs (Batlle de Menors) connaît déjà du cas et a adopté une mesure provisoire à l'égard de l'enfant.
La Sala Civil doit concilier deux séries de dispositions. D'une part, l'article 2.4 de la Llei qualificada de la jurisdicció de menors, du 22 avril 1999, attribue compétence au Batlle de Menors pour prendre des mesures destinées à la protection du mineur. L'article 32 de la loi désignée par l'abréviation « LQA » (abréviation non développée dans la décision) dispose, dans le même sens, qu'il convient que cette juridiction intervienne pour éviter les conséquences d'une situation de danger pour la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant. D'autre part, les articles 53 et 54 de la loi désignée par l'abréviation « LQM » (abréviation non développée dans la décision) autorisent la juridiction civ
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de gener de 2010 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de gener del 2010 - ROJ: STSJAD 46/2010 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 23 d'octubre del 2008 la representació processal del Sr. Badía va formular demanda de modificació del conveni regulador del règim de separació del 19 de juliol del 2005, aprovat per Sentència del 8 de febrer del 2007, contra la Sra. Blasco demanant que li fos atribuïda la guarda i custòdia de la seva filla menor N. i que es regulessin els corresponents contactes materno-filials. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 janvier 2010 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-224/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de gener de 2010 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 23 d'octubre del 2008 la representació processal del Sr. Badía va formular demanda de modificació del conveni regulador del règim de separació del 19 de juliol del 2005, aprovat per Sentència del 8 de febrer del 2007, contra la Sra. Blasco demanant que li fos atribuïda la guarda i custòdia de la seva filla menor N. i que es regulessin els corresponents contactes materno-filials.
II.- La Sra. Blasco va contestar a la demanda en data 6 de novembre del 2008, oposant-se a ella amb l'argument que no s'havien produït canvis substancials que justifiquessin l'atribució de la guarda i custòdia de la filla menor al seu pare.
III.- La Sentència de l'Hble. Tribunal Unipersonal, Secció civil, de data 23 de juliol del 2009 va inadmetre la demanda promoguda pel Sr. Badía, sense efectuar especial condemna en costes.