STSJAD 47/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:47)
Décision commentée : STSJAD 47/2010, Sala Civil, 27 janvier 2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:47 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte du 24 mars 2009, Mme Morell a formé une demande en divorce contre M. Pla. Elle sollicitait la dissolution du mariage, l'attribution de la garde et de la garde-chair de la fille mineure du couple, l'usage du domicile familial, la fixation d'un droit de visite au profit du père et le versement par celui-ci d'une pension alimentaire de 423,71 euros mensuels. Elle demandait également que les deux parents supportent par moitié les dépenses extraordinaires de l'enfant.
Dans sa réponse du 21 avril 2009, M. Pla acceptait la dissolution du mariage, l'attribution de la garde à la mère, le maintien de l'autorité parentale conjointe, ainsi que le versement de la pension. Il ne se prononçait pas sur les modalités de prise en charge des dépenses extraordinaires.
Par jugement du 14 juillet 2009, le Tribunal unipersonnel (ORG_1) a fait droit partiellement à la demande. Il a prononcé le divorce, maintenu l'autorité parentale conjointe, confié la garde à la mère, fixé le droit de visite, alloué la pension alimentaire et attribué le domicile familial à Mme Morell. Il a enfin précisé que les dépenses extraordinaires de la fille seraient supportées par les parents « par moitiés égales ».
M. Pla a interjeté appel. Il ne contestait pas le principe du partage par moitié. Il demandait que la juridiction d'appel précise quelles dépenses devaient être qualifiées d'extraordinaires, et proposait une liste fondée sur les activités sportives, les colonies de vacances, le suivi de cours ou d'études spécifiques et les excursions et voyages scolaires, sous réserve d'un accord préalable des deux parents.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était la suivante : le juge saisi d'un litige relatif aux dépenses extraordinaires d'un enfant, dans le cadre d'une séparation conflictuelle, doit-il définir de manière précise et limitative la notion de dépense extraordinaire, ou peut-il se référer à un critère général et à une liste indicative issue d'un accord antérieur des parents ?
Le moyen unique soulevé par l'appelant portait donc sur l'insuffisance de précision du jugement de première instance quant à l'objet de la contribution égalitaire aux dépenses de l'enfant.
Solution et dispositif
La Sala Civil a rejeté l'appel. Elle a d'abord refusé de « précis[er] exactement quelles sont les dépenses d'une mineure qu'il faut considérer comme extraordinaires », en estimant que la qualification dépend des circonstances de chaque espèce et que la liste sollicitée ne serait pas adaptée. Elle a ensuite rappelé le critère dégagé par sa jurisprudence antérieure : une dépense est ordinaire lorsqu'elle est régulière et prévisible, et extraordinaire lorsqu'il est impossible de savoir à l'avance si elle surviendra ni quel en sera le montant. Elle a enfin relevé que la convention régulatrice signée par les époux le 30 avril 2007 et homologuée le 12 juin de la même année qualifiait déjà d'extraordinaires plusieurs catégories de dépenses. Il s'agit des activités extrascolaires ou sportives, des colonies de vacances, des excursions et voyages scolaires, de l'achat de matériel scolaire en début d'année, des frais médicaux, d'orthodontie et d'hospitalisation non couverts par la CASS, ainsi que des frais liés au suivi de cours ou d'études spécifiques. Elle a jugé ce document suffisant pour trancher les questions les plus fréquentes.
S'agissant des dépens, la Sala a fait application du chapitre X de la Novella 82, tel que mentionné dans la décision, et n'a prononcé aucune condamnation de ce chef.
Le dispositif est ainsi rédigé (texte original en catalan, traduction fidèle en français) :
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-233/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de gener de 2010 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 24 de març del 2009 la representació processal de la Sra. Morell va formular demanda de divorci contra el Sr. Pla, sol·licitant que es declarés la dissolució del matrimoni contret pels litigants, que s'atribuís a la seva mandant la guarda i custòdia de la filla menor de la parella, i l'ús de domicili familiar, que s'establís un règim de visites a favor del pare que detallava i que es condemnés al defenent a pagar una pensió d'aliments a favor de la seva filla de 423,71 euros mensuals, fent-se càrrec els dos progenitors per meitat de les despeses extraordinàries de la menor.
II.- La representació processal del Sr. Pla va contestar a la demanda en data 21 d'abril del 2009 acceptant que es declarés dissolt el matrimoni, que s'atribuís la guarda i custòdia de la filla menor a la seva mare restant la pàtria potestat compartida, acceptant igualment que el domicili familiar li fos atribuït a la Sra. Morell però amb un termini màxim de sis mesos a partir de la Sentència de divorci, moment en el què caldria procedir a la seva venda, sol·licitant que el règim de visites fos el que es va pactar al conveni de separació dels esposos i acceptant el pagament de la pensió d'aliments en favor de la seva filla que se li demanava, sense fer menció de la manera com es cobririen les despeses extraordinàries de la menor.