I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 25 février 2010 (ROJ STSJAD 58/2010)
Décision commentée : TSJ d'Andorre, Sala Civil, 25 février 2010, recours n° 208/09, ROJ STSJAD 58/2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:58 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un contrat privé de vente du 17 septembre 2003, M. Álvarez a cédé à M. Campillo un appartement (sous-sol, premier étage, porte deux) et une place de stationnement n° 6 au sous-sol -3, situés à Encamp. Le prix était fixé à 114 192,30 EUR, payable comme suit : 24 040,48 EUR à la signature, puis 90 151,82 EUR en mensualités de 480 EUR à compter du 1er octobre 2003.
Les parties ont produit chacune un exemplaire différent du contrat. Seul celui de M. Álvarez comporte une clause « D », prévoyant qu'en cas de défaut de paiement de trois mensualités, le vendeur pourrait recouvrer le bien, moyennant restitution de l'acompte. Les expertises graphologiques ont établi que chaque exemplaire avait été signé par les deux parties. Le tribunal a retenu l'exemplaire du vendeur, faute de document établissant la substitution de l'un à l'autre.
M. Campillo a saisi le Tribunal de batlles selon la procédure ordinaire, afin d'obtenir la condamnation de M. Álvarez à passer l'acte authentique de vente, à défaut en période d'exécution de la sentence. M. Álvarez s'est opposé à la demande et a formé une demande reconventionnelle en résolution pour inexécution, avec indemnisation d'une occupation indue à 480 EUR par mois. Subsidiairement, il réclamait le paiement des mensualités échues et des charges, provisoirement chiffrées à 1 928,39 EUR.
Par jugement du 3 juillet 2009, le Tribunal de batlles, section civile, a rejeté la demande principale. Il a accueilli partiellement la demande reconventionnelle : condamnation au paiement de 1 440 EUR d'arriérés (mai 2004, juin et août 2005), des mensualités de 480 EUR postérieures à l'introduction de l'instance, et de 1 928,39 EUR de charges communautaires. À titre subsidiaire, il a prononcé la résolution du contrat, la restitution de la possession du bien et l'allocation d'une indemnité d'occupation de 480 EUR par mois depuis décembre 2005.
Les deux parties ont interjeté appel.
Question de droit
Le litige soulevait deux questions principales.
**La
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 25 de febrer del 2010 - ROJ: STSJAD 58/2010 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El Sr. Campillo va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari contra el Sr. Álvarez, en la qual interessava que en el seu dia es dictés sentència condemnant el defenent a atorgar a favor seva, escriptura pública de compravenda relativa al pis soterrani primer porta segona i la plaça d'aparcament n°6 situada al soterrani -3, ambdós de l'edifici U. radicat Carrer de XXXX d'ENCAMP, pel preu de 114.192,30 EUR, el qual es liquidarà en l'acte d'atorgament d'aquell instrument públic, amb deducció dels imports pagats a compte amb anterio… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 février 2010 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC- 0208/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 25 de febrer del 2010.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El Sr. Campillo va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari contra el Sr. Álvarez, en la qual interessava que en el seu dia es dictés sentència condemnant el defenent a atorgar a favor seva, escriptura pública de compravenda relativa al pis soterrani primer porta segona i la plaça d'aparcament n°6 situada al soterrani -3, ambdós de l'edifici U. radicat Carrer de XXXX d'ENCAMP, pel preu de 114.192,30 EUR, el qual es liquidarà en l'acte d'atorgament d'aquell instrument públic, amb deducció dels imports pagats a compte amb anterioritat, segons s'estableix en els apartats A i B del contracte, calculats aquells imports a deduir fins a la data d'atorgament de l'escriptura; i en el cas que el Sr. Álvarez no atorgués voluntàriament aquella escriptura pública, que el seu atorgament sigui efectuat en la seva substitució i en període d'execució de sentència.
II.- El Sr. Álvarez va oposar-se a totes les pretensions de la part agent, contestant que l'actor ha deixat de pagar una sèrie de mensualitats i ha incomplert amb el pacte signat de forma que no pot formular ara la demanda que va interposar perquè s'exposa a la nul·litat del pacte signat i sobre el qual fonamenta la seva demanda. Va igualment formular una demanda reconvencional en resolució per incompliment de les seves clàusules, del contracte signat entre les parts, estant disposat a retornar al Sr. Campillo en el moment que es resolgui el contracte, les quantitats pagades fins a la data de la resolució; i en indemnització pel temps d'ocupació indeguda del seu apartament en la quantitat de 480 EUR cada mes donat que abans de la celebració de la venda el Sr. Campillo ocupava el referit apartament com a llogater i pagava en concepte de lloguer del mateix, la quantitat de 480EUR. Subsidiàriament, en el cas que no s'admeti la demanda reconvencional i s'admeti la demanda principal, el Sr. Álvarez reclama l'abonament pel Sr. Campillo de totes les quotes mensuals pactades en el contracte, més les despeses relatives al pis que el Sr. Álvarez va haver de pagar i que es quantifiquen de forma provisional en la quantitat de 1.928,39 EUR.