I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 201/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:201), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 juillet 2010
Décision commentée : STSJAD 201/2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:201 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 juillet 2010, recours n° 157/10) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 15 mai 2003, une agence immobilière, désignée dans la décision par le sigle « V.S.V. », et M. Diez concluent un contrat de location portant sur un appartement situé à Soldeu, paroisse de Canillo. Le loyer est fixé à 305 euros par mois. Le bail doit prendre fin le 14 mai 2004, et le preneur perd son dépôt de garantie en cas de résiliation anticipée. Il n'est pas contesté que le locataire a acquitté les mensualités jusqu'en mai 2007, ainsi que les charges de chauffage et d'électricité consommées jusqu'à cette date.
Le 3 octobre 2008, la titulaire de l'entreprise « V.S.V. », Mme Tur, assigne le locataire. Elle demande la résolution du bail, l'expulsion du défendeur, le paiement de 2 754,85 euros avec intérêts, de 323,80 euros supplémentaires, d'une indemnité journalière de 20 euros jusqu'à la restitution de la possession, ainsi que les charges de chauffage et d'électricité postérieures à janvier 2008. Le défendeur soutient qu'il a quitté les lieux en mai 2007, réglé l'intégralité des sommes dues et remis les clés à l'agence.
Par jugement du 23 mars 2010, le Tribunal unipersonnel, Section civile, rejette la demande dans toutes ses prétentions. Mme Tur interjette appel. Elle conteste l'existence d'un abandon des lieux en mai 2007 et la remise de la possession à l'agence.
La décision est rendue par la Sala civil du Tribunal Superior de Justícia. Les métadonnées désignent M. Jean Louis Vuillemin comme rapporteur, tandis que le corps du texte mentionne Mme Eulàlia Amat Llari comme magistrate rapporteure (la décision ne précise pas la raison de cette divergence).
Question de droit
La question centrale est d'ordre probatoire : le locataire a-t-il effectivement restitué la possession de l'appartement à la bailleresse en mai 2007, ce qui ferait obstacle aux demandes d'indemnités d'occupation et de loyers postérieurs ?
L'appelante conteste à la fois le fait de l'abandon et le fait de la remise de possession. Elle soutient que l'abandon matériel des lieux ne suffit pas à établir une restitution juridique de la chose à la bailleresse. Le Tribunal Superior doit donc déterminer si les éléments versés aux débats permettent de tenir pour établi le double fait de l'abandon et de la remise.
La décision ne cite aucune disposition législative précise pour trancher ce point. Elle se fonde sur l'appréciation des preuves selon le critère de la « sana crítica » (libre appréciation raisonnée des preuves). Les fondements invoqués relèvent du droit des obligations et du droit de la location, m
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 22 de juliol del 2010 - ROJ: STSJAD 201/2010 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 3 d’octubre del 2008 la representació processal de la Sra. Tur, en la seva qualitat de titular del negoci “V.S.V.”, va formular demanda contra el Sr. Diez sol·licitant que es declarés la resolució del contracte d’arrendament formalitzat entre les parts en data 15 de maig del 2003 en relació a l’apartament número 103, situat a la primera planta de l’XXXX, disposant el desnonament del defenent i condemnant-lo a abonar a la seva mandant la suma de 2.754,85 euros, amb els seus interessos, més altres 323,80 euros i un import de 20 … »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l’Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 22 juillet 2010 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-157/10
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d’Andorra la Vella, a 22 de juliol de 2010
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 3 d’octubre del 2008 la representació processal de la Sra. Tur, en la seva qualitat de titular del negoci “V.S.V.”, va formular demanda contra el Sr. Diez sol·licitant que es declarés la resolució del contracte d’arrendament formalitzat entre les parts en data 15 de maig del 2003 en relació a l’apartament número 103, situat a la primera planta de l’XXXX, disposant el desnonament del defenent i condemnant-lo a abonar a la seva mandant la suma de 2.754,85 euros, amb els seus interessos, més altres 323,80 euros i un import de 20 euros per dia fins el retorn de la possessió en concepte d’ocupació indeguda, més l’import corresponent a les despeses de calefacció i electricitat per cada mes, o fracció, transcorregut a partir del mes de gener del 2007, encara que posteriorment es va rectificar posant de relleu que es referia al mes de gener del 2008, i fins el moment en què tingués lloc el traspàs possessori, imposant al defenent les costes del procediment.