STSJAD ANDORRA, a 14 d'octubre del 2011 - ROJ: STSJAD 219/2011
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé14 octobre 2011
Numéro26/11
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 14 octobre 2011, n° 26/11 (STSJAD 219/2011)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 14 d'octubre del 2011, n° de recurs 26/11, Sentència n° 20-11, ROJ : STSJAD 219/2011, ECLI:AD:TSJADAD:2011:219 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise à la juridiction suprême de l'ordre judiciaire andorran s'enracine dans une succession d'atteintes aux biens commises en bande organisée, ainsi que dans un incident d'outrage et de menaces dirigé contre les forces de police à l'occasion de la garde à vue de l'un des mis en cause.
Il résulte des faits tenus pour constants par les juridictions du fond que, le 21 août 2000, le prévenu, M. Herrera (dit S., également désigné sous le patronyme de Covaci au cours de l'instruction), né le 13 octobre 1978, s'est rendu en Principauté d'Andorra depuis l'étranger en compagnie de trois coauteurs identifiés — Mmes Sarabia, Caro et Benitez, toutes de nationalité roumaine et sans antécédents judiciaires —, ainsi que d'un cinquième adulte demeuré non identifié et de mineurs. Le groupe circulait à bord d'un véhicule immatriculé à l'étranger.
Leur dessein concerté consistait à soustraire frauduleusement du numéraire et des bijoux au préjudice de plusieurs commerces de la principauté selon un mode opératoire rodé : opérant en groupe, certains membres distrayaient l'attention du personnel commercial en se faisant présenter divers articles sans intention d'achat, tandis que leurs complices en profitaient pour ouvrir les vitrines ou s'introduire dans les pièces interdites d'accès à la clientèle.
Au cours de la seule journée du 21 août 2000, plusieurs établissements furent ainsi ciblés :
- Vers 13 h 30, au sein de la bijouterie L., située avenue Príncep Benlloch à Andorra la Vella, les prévenus ont dérobé dans une vitrine non verrouillée des marchandises pour une valeur de 276 179 pesetas ;
- Vers 14 h 30, au sein de l'établissement F. 10, sis avenue Meritxell à Andorra la Vella, des biens d'une valeur de 180 000 pesetas ont été prélevés dans une vitrine non verrouillée ;
- Vers 18 h 15, dans le bureau de la bijouterie F.L., située avenue Verge de Canòlic à Sant Julià de Lòria, ils ont soustrait des marchandises évaluées à 630 000 pesetas, une montre de marque Cartier déposée en réparation pour une valeur indéterminée, ainsi que la somme de 349 040 pesetas en numéraire ;
- Vers 19 h 15, au sein de la bijouterie A.O., située rue de la Llacuna à Andorra la Vella, l'un des membres du groupe a accédé depuis l'extérieur, par une fenêtre entrebâillée située à 1,5 mètre de hauteur, à un bureau pour vider un coffre-fort ouvert, s'emparant de marchandises d'une valeur de 4 453 974 pesetas, de 350 000 pesetas en espèces et de deux chèques d'un montant total de 15 000 pesetas ;
- Vers 20 h 15, dans la bijouterie G.O., rue de l'Aigueta à Andorra la Vella, les prévenus sont parvenus à dérober, dans une vitrine verrouillée dont ils avaient préalablement subtilisé la clé, des marchandises pour une valeur de 1 653 225 pesetas.
Le groupe a été intercepté par le service de police le soir même au poste frontière du Riu Runer alors qu'il s'apprêtait à quitter le territoire national. La fouille a permis de recouvrer la totalité des objets soustraits à la bijouterie L., ainsi qu'une fraction substantielle des biens provenant des autres enseignes. Les agents ont en outre découvert en possession directe du prévenu Herrera la somme de 1 227 000 pesetas en liquide.
Le second volet factuel procède du comportement adopté par M. Herrera au cours de sa rétention. Le 24 août 2000, alors qu'il se trouvait placé sous la garde de l'agent de police immatriculé sous le numéro professionnel 238 au siège de la justice (*Seu de la Justícia*), l'intéressé a invectivé ce fonctionnaire en lui déclarant en langue espagnole : « *toda la policia sois unos cabrones* » (« toute la police, vous êtes des salauds »). Il a poursuivi sur un ton comminatoire : « *yo no tenía ninguna pistola, cuando salga de la cárcel compraré una y tú eres el primero de la lista* » (« je n'avais pas de pistolet, quand je sortirai de prison j'en achèterai un et tu seras le premier sur la liste »), joignant le geste à la parole en mimant le maniement d'une arme à feu et un tir en direction de l'agent. Cette saillie s'inscrivait dans un climat de tension nourri par la découverte antérieure, non attribuée, d'une arme de poing de calibre 6,35 mm.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Poursuivi initialement devant le Tribunal de Corts (juridiction pénale de première instance pour les délits majeurs et mineurs), M. Herrera a fait l'objet d'un premier jugement de condamnation par défaut le 20 juin 2002 (la décision mentionnant également, selon les passages, la date du 22 juin 2002). Par cette première décision, le tribunal lui avait infligé une peine unique de quatre années d'emprisonnement ferme, quatre mille euros d'amende et l'expulsion définitive du Principat d'Andorra.
Le condamné ayant ensuite formé opposition par la voie du recours d'audience (*recurs d'audiència*), l'affaire a été réexaminée contradictoirement par le Tribunal de Corts. Par un jugement rendu le 29 juin 2011 (dossier n° TC-167-3/00), la juridiction du fond a déclaré M. Herrera pénalement responsable en qualité d'auteur, sans circonstances modificatives de sa responsabilité, d'un délit majeur continué de vol avec effraction ou escalade (*delicte major continuat de robatori*), d'un délit mineur continué de vol simple (*delicte menor continuat de furt*), ainsi que des délits mineurs de menaces (*amenaces*) et d'injures à un agent de la force publique (*injúries a un agent de l'autoritat*).
En répression, le Tribunal de Corts l'a condamné à une peine unique de trois années d'emprisonnement ferme, à l'expulsion du Principat pour une durée de quinze ans, ainsi qu'aux dépens. Le tribunal a par ailleurs ordonné l'imputation, au bénéfice du condamné, de deux grâces collectives décrétées par les coprinces les 29 octobre 2003 et 8 septembre 2010, chacune accordant une remise de peine de huit mois, soit une déduction globale de seize mois d'emprisonnement.
M. Herrera a relevé appel de ce jugement devant la Chambre pénale du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (enregistré sous le numéro d'enrôlement / *rotlle* 26/11).
Au soutien de son pourvoi en appel, la défense a circonscrit sa contestation selon une double ligne d'attaque :
1. D'une part, tout en acquiesçant aux déclarations de culpabilité prononcées pour le délit majeur de vol qualifié continué et le délit mineur de vol continué, l'appelant contestait la matérialité et la preuve des délits mineurs d'injures et de menaces. Il soutenait que ces infractions reposaient exclusivement sur les déclarations subjectives de l'agent n° 238, déclarations qui devaient être écartées faute d'autres éléments corroborants et compte tenu d'un possible malentendu linguistique, l'accusé ne maîtrisant que fort imparfaitement la langue castillane. Subsidiairement, la défense soulevait la prescription des peines attachées à ces délits mineurs, grief que le Tribunal de Corts aurait omis de retenir pour opérer une réduction proportionnelle plus marquée de la sanction globale.
2. D'autre part, l'appelant dénonçait la disproportion de la peine privative de liberté maintenue à trois ans. Il arguait de l'écoulement d'un délai particulièrement long — onze années séparant les faits du jugement d'appel — et de son amendement attesté par une réinsertion sociale effective durant cet intervalle. Il sollicitait en conséquence la réformation de la décision entreprise, son absolution des chefs d'injures et de menaces, et la réduction du quantum de la peine d'emprisonnement à trente mois, assortie d'une limitation de la partie ferme à la seule durée de détention préventive d'ores et déjà purgée.
Le ministère public (*Ministeri Fiscal*) a conclu au rejet intégral de l'appel. Sur la culpabilité relative aux atteintes à l'autorité publique, le parquet a fait valoir que la dénonciation initiale de l'agent de police n° 238 avait été formellement et précisément réitérée sous serment lors des débats oraux du 19 mars 2002, tandis que l'accusé s'était borné, lors de l'audience de 2011, à opposer de vagues dénégations fondées sur l'amnésie. Sur la prescription, l'accusation a répliqué que le tribunal ayant usé de la faculté de prononcer une peine unique absorbante adossée à l'infraction la plus grave (le délit majeur de vol), c'est uniquement le délai de prescription applicable à cette peine criminelle unifiée (quinze ans en vertu de l'article 84 du Code pénal) qui devait être pris en considération, excluant toute prescription autonome des composantes délictuelles mineures. Enfin, sur la proportionnalité de la sanction, le ministère public a rappelé que le premier juge avait d'ores et déjà tenu compte du temps écoulé en abaissant la peine initiale de quatre à trois ans, abattement auquel s'ajoutait le bénéfice direct de seize mois au titre des décrets de grâce des coprinces.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'arrêt de la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia pose trois questions juridiques fondamentales touchant au droit de la preuve pénale, à la théorie de la peine unique en concours d'infractions et à la prise en compte du délai raisonnable dans la fixation de la sanction :
1. **Sur le plan probatoire :** La déposition unique émanant de la victime, en l'occurrence un agent de la force publique assermenté, permet-elle à elle seule de renverser la présomption d'innocence protégée par l'article 10.2 de la Constitution andorrane, en dépit du vieil adage *testis unus
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STSJAD ANDORRA, a 14 d'octubre del 2011 - ROJ: STSJAD 219/2011
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 14 octobre 2011, n° 26/11 (STSJAD 219/2011)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 14 d'octubre del 2011, n° de recurs 26/11, Sentència n° 20-11, ROJ : STSJAD 219/2011, ECLI:AD:TSJADAD:2011:219 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
L'affaire soumise à la juridiction suprême de l'ordre judiciaire andorran s'enracine dans une succession d'atteintes aux biens commises en bande organisée, ainsi que dans un incident d'outrage et de menaces dirigé contre les forces de police à l'occasion de la garde à vue de l'un des mis en cause.
Il résulte des faits tenus pour constants par les juridictions du fond que, le 21 août 2000, le prévenu, M. Herrera (dit S., également désigné sous le patronyme de Covaci au cours de l'instruction), né le 13 octobre 1978, s'est rendu en Principauté d'Andorra depuis l'étranger en compagnie de trois coauteurs identifiés — Mmes Sarabia, Caro et Benitez, toutes de nationalité roumaine et sans antécédents judiciaires —, ainsi que d'un cinquième adulte demeuré non identifié et de mineurs. Le groupe circulait à bord d'un véhicule immatriculé à l'étranger.
Leur dessein concerté consistait à soustraire frauduleusement du numéraire et des bijoux au préjudice de plusieurs commerces de la principauté selon un mode opératoire rodé : opérant en groupe, certains membres distrayaient l'attention du personnel commercial en se faisant présenter divers articles sans intention d'achat, tandis que leurs complices en profitaient pour ouvrir les vitrines ou s'introduire dans les pièces interdites d'accès à la clientèle.
Au cours de la seule journée du 21 août 2000, plusieurs établissements furent ainsi ciblés :
Vers 13 h 30, au sein de la bijouterie L., située avenue Príncep Benlloch à Andorra la Vella, les prévenus ont dérobé dans une vitrine non verrouillée des marchandises pour une valeur de 276 179 pesetas ;
Vers 14 h 30, au sein de l'établissement F. 10, sis avenue Meritxell à Andorra la Vella, des biens d'une valeur de 180 000 pesetas ont été prélevés dans une vitrine non verrouillée ;
Vers 18 h 15, dans le bureau de la bijouterie F.L., située avenue Verge de Canòlic à Sant Julià de Lòria, ils ont soustrait des marchandises évaluées à 630 000 pesetas, une montre de marque Cartier déposée en réparation pour une valeur indéterminée, ainsi que la somme de 349 040 pesetas en numéraire ;
Vers 19 h 15, au sein de la bijouterie A.O., située rue de la Llacuna à Andorra la Vella, l'un des membres du groupe a accédé depuis l'extérieur, par une fenêtre entrebâillée située à 1,5 mètre de hauteur, à un bureau pour vider un coffre-fort ouvert, s'emparant de marchandises d'une valeur de 4 453 974 pesetas, de 350 000 pesetas en espèces et de deux chèques d'un montant total de 15 000 pesetas ;
Vers 20 h 15, dans la bijouterie G.O., rue de l'Aigueta à Andorra la Vella, les prévenus sont parvenus à dérober, dans une vitrine verrouillée dont ils avaient préalablement subtilisé la clé, des marchandises pour une valeur de 1 653 225 pesetas.
Le groupe a été intercepté par le service de police le soir même au poste frontière du Riu Runer alors qu'il s'apprêtait à quitter le territoire national. La fouille a permis de recouvrer la totalité des objets soustraits à la bijouterie L., ainsi qu'une fraction substantielle des biens provenant des autres enseignes. Les agents ont en outre découvert en possession directe du prévenu Herrera la somme de 1 227 000 pesetas en liquide.
Le second volet factuel procède du comportement adopté par M. Herrera au cours de sa rétention. Le 24 août 2000, alors qu'il se trouvait placé sous la garde de l'agent de police immatriculé sous le numéro professionnel 238 au siège de la justice (Seu de la Justícia), l'intéressé a invectivé ce fonctionnaire en lui déclarant en langue espagnole : « toda la policia sois unos cabrones » (« toute la police, vous êtes des salauds »). Il a poursuivi sur un ton comminatoire : « yo no tenía ninguna pistola, cuando salga de la cárcel compraré una y tú eres el primero de la lista » (« je n'avais pas de pistolet, quand je sortirai de prison j'en achèterai un et tu seras le premier sur la liste »), joignant le geste à la parole en mimant le maniement d'une arme à feu et un tir en direction de l'agent. Cette saillie s'inscrivait dans un climat de tension nourri par la découverte antérieure, non attribuée, d'une arme de poing de calibre 6,35 mm.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Poursuivi initialement devant le Tribunal de Corts (juridiction pénale de première instance pour les délits majeurs et mineurs), M. Herrera a fait l'objet d'un premier jugement de condamnation par défaut le 20 juin 2002 (la décision mentionnant également, selon les passages, la date du 22 juin 2002). Par cette première décision, le tribunal lui avait infligé une peine unique de quatre années d'emprisonnement ferme, quatre mille euros d'amende et l'expulsion définitive du Principat d'Andorra.
Le condamné ayant ensuite formé opposition par la voie du recours d'audience (recurs d'audiència), l'affaire a été réexaminée contradictoirement par le Tribunal de Corts. Par un jugement rendu le 29 juin 2011 (dossier n° TC-167-3/00), la juridiction du fond a déclaré M. Herrera pénalement responsable en qualité d'auteur, sans circonstances modificatives de sa responsabilité, d'un délit majeur continué de vol avec effraction ou escalade (delicte major continuat de robatori), d'un délit mineur continué de vol simple (delicte menor continuat de furt), ainsi que des délits mineurs de menaces (amenaces) et d'injures à un agent de la force publique (injúries a un agent de l'autoritat).
En répression, le Tribunal de Corts l'a condamné à une peine unique de trois années d'emprisonnement ferme, à l'expulsion du Principat pour une durée de quinze ans, ainsi qu'aux dépens. Le tribunal a par ailleurs ordonné l'imputation, au bénéfice du condamné, de deux grâces collectives décrétées par les coprinces les 29 octobre 2003 et 8 septembre 2010, chacune accordant une remise de peine de huit mois, soit une déduction globale de seize mois d'emprisonnement.
M. Herrera a relevé appel de ce jugement devant la Chambre pénale du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (enregistré sous le numéro d'enrôlement / rotlle 26/11).
Au soutien de son pourvoi en appel, la défense a circonscrit sa contestation selon une double ligne d'attaque :
D'une part, tout en acquiesçant aux déclarations de culpabilité prononcées pour le délit majeur de vol qualifié continué et le délit mineur de vol continué, l'appelant contestait la matérialité et la preuve des délits mineurs d'injures et de menaces. Il soutenait que ces infractions reposaient exclusivement sur les déclarations subjectives de l'agent n° 238, déclarations qui devaient être écartées faute d'autres éléments corroborants et compte tenu d'un possible malentendu linguistique, l'accusé ne maîtrisant que fort imparfaitement la langue castillane. Subsidiairement, la défense soulevait la prescription des peines attachées à ces délits mineurs, grief que le Tribunal de Corts aurait omis de retenir pour opérer une réduction proportionnelle plus marquée de la sanction globale.
D'autre part, l'appelant dénonçait la disproportion de la peine privative de liberté maintenue à trois ans. Il arguait de l'écoulement d'un délai particulièrement long — onze années séparant les faits du jugement d'appel — et de son amendement attesté par une réinsertion sociale effective durant cet intervalle. Il sollicitait en conséquence la réformation de la décision entreprise, son absolution des chefs d'injures et de menaces, et la réduction du quantum de la peine d'emprisonnement à trente mois, assortie d'une limitation de la partie ferme à la seule durée de détention préventive d'ores et déjà purgée.
Le ministère public (Ministeri Fiscal) a conclu au rejet intégral de l'appel. Sur la culpabilité relative aux atteintes à l'autorité publique, le parquet a fait valoir que la dénonciation initiale de l'agent de police n° 238 avait été formellement et précisément réitérée sous serment lors des débats oraux du 19 mars 2002, tandis que l'accusé s'était borné, lors de l'audience de 2011, à opposer de vagues dénégations fondées sur l'amnésie. Sur la prescription, l'accusation a répliqué que le tribunal ayant usé de la faculté de prononcer une peine unique absorbante adossée à l'infraction la plus grave (le délit majeur de vol), c'est uniquement le délai de prescription applicable à cette peine criminelle unifiée (quinze ans en vertu de l'article 84 du Code pénal) qui devait être pris en considération, excluant toute prescription autonome des composantes délictuelles mineures. Enfin, sur la proportionnalité de la sanction, le ministère public a rappelé que le premier juge avait d'ores et déjà tenu compte du temps écoulé en abaissant la peine initiale de quatre à trois ans, abattement auquel s'ajoutait le bénéfice direct de seize mois au titre des décrets de grâce des coprinces.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'arrêt de la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia pose trois questions juridiques fondamentales touchant au droit de la preuve pénale, à la théorie de la peine unique en concours d'infractions et à la prise en compte du délai raisonnable dans la fixation de la sanction :
Sur le plan probatoire : La déposition unique émanant de la victime, en l'occurrence un agent de la force publique assermenté, permet-elle à elle seule de renverser la présomption d'innocence protégée par l'article 10.2 de la Constitution andorrane, en dépit du vieil adage *testis unus
Sentència
Rotlle núm. 26/11 Causa núm. TC-167-3/00 Sentència núm. 20-11
Ponent M.I. Sr. Josep Maria Pijuan Canadell
S E N T È N C I A
Magistrats M.I. Srs. Yves Picod
Josep Maria Pijuan Canadell
Marie Conte
Andorra la Vella, a catorze d'octubre de dos mil onze.
En el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada del Sr. Herrera (S.), pres per aquesta causa contra la sentència de data 29 de juny del 2011 dictada pel M. Il·ltre. Tribunal de Corts en la Causa i Rotlle de referència, seguida per un delicte major continuat de robatori, un delicte menor continuat de furt i els delictes menors d'amenaces i injuries a un agent de l'autoritat. Sent part el Mgfc. Ministeri Fiscal. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el MI. Sr. Josep Maria Pijuan Canadell.
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: Que el MI. Tribunal de Corts dictà sentència de data 29 de juny del 2011 amb la següent part dispositiva: "Fallem: que hem de condemnar i condemnem Herrera (dit S.) com a responsable penalment en concepte d'autor, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, pel delicte major continuat de robatori, pel delicte menor continuat de furt i delictes menors d'amenaces i injúries a un agent de l'autoritat, a la pena de TRES ANYS DE PRESÓ FERMA, a l'EXPULSIÓ DEL PRINCIPAT PER UN TERMINI DE QUINZE ANYS i al pagament de les despeses processals causades.
Que procedeix fer aplicació al condemnat Herrera (S.) dels indults dels Coprínceps de dates 29 d'octubre del 2003 i 8 de setembre del 2010 de 8 mesos de presó cadascun d'ells".
II.-RESULTANT: Que la precedent sentència es recolza en els següents fets que declara provats en el seu primer Resultant: "són fets provats que el 21 d'agost de 2000, els acusats Herrera, nascut el 13 d'octubre de 1978, Sarabia, nascuda el 4 d'octubre de 1981, Caro, nascuda el 9 d'agost de 1954 i Benitez, nascuda el 1er. de gener de 1980, tots ells de nacionalitat romanesa i sense antecedents penals, decidiren de comú acord desplaçar-se al Principat en companyia d'un cinquè adult que no ha estat identificat i dels menors i Vall, amb el vehicle ORG_0 325 i matricula XXXX, per tal de sostreure joies i diners en diferents establiments comercials.
El mètode utilitzat pels acusats per aconseguir les sostraccions, consistia en entrar en grup als comerços, estant encarregats els uns de distreure els empleats fent- se mostrar divers tipus de mercaderia que no compraven, mentre que els altres aprofitaven per obrir les vitrines o accedir a les dependències prohibides als clients.
Així, aconseguiren agafar:
Vers les 13'30 hores, en una vitrina no tancada de la joieria L., situada al núm. 14 de l'Av. Príncep Benlloch d'Andorra la Vella, mercaderia per valor de 276.179 pessetes.
Vers les 14'30 hores, en una vitrina no tancada de la botiga F. 10, situada al núm. 83 de l'Avinguda Meritxell d'Andorra la Vella, mercaderia per valor de 180.000 pessetes.
Vers les 18'15 hores, del despatx de la joieria F.L., situada al núm. 56 de l'Avinguda Verge de Canòlic de Sant Julià de Lòria, mercaderia per valor de 630.000 pessetes, un rellotge Cartier que tenien allí per reparar d'un valor desconegut i l'import de 349.040 pessetes.
Vers les 19'15 hores, de la caixa forta oberta al despatx de la joieria A.O., situada al núm. 11 del Carrer de la Llacuna d'Andorra la Vella, on un d'ells havia accedit des de l'exterior per una finestra entreoberta situada a 1'5 metres d'alçada, mercaderia per valor de 4.453.974 pessetes, l'import de 350.000 pessetes i 2 talons per un import de 15.000 pessetes.
Vers les 20'15 hores, en una vitrina tancada de la joieria G.O., situada al núm. 16 del Carrer de l'Aigueta d'Andorra la Vella, després d'haver-se apoderat i d'haver utilitzat la clau que l'obria, mercaderia per valor de 1.653.225 pessetes.
Foren controlats a la frontera del Riu Runer, quan procedien a abandonar el Principat.
En l'escorcoll practicat el Servei de Policia, descobriren :
La totalitat de la mercaderia sostreta a la joieria L. que ha estat restituïda al seu legítim propietari.
Part, d'un valor de 50.000 pessetes, de la mercaderia sostreta a la botiga F. 10, que va ser restituïda al seu legítim propietari.
Joies per valor de 195.000 pessetes i el rellotge Cartier, sostrets a la joieria F.L., que foren restituïdes al seu propietari o tenedor.
Joies per valor de 577.500 pessetes sostretes a la joieria A.O., que foren restituïdes al seu legítim propietari.
Part, d'un import de 946.900 pessetes, de la mercaderia sostreta a la joieria G.O., que va ser restituïda al seu legítim propietari.
El Servei de Policia, trobà igualment en possessió de Herrera la quantitat de 1.227.000 pessetes, de Caro 77.000 pessetes i 1.500 francs francesos i de Benitez 3.755 pessetes.
El 24 d'agost del 2000, Herrera, s'adreçà a l'agent de policia titular del carnet professional núm. 238, que assegurava la seva custòdia a la Seu de la Justícia, en els termes següents: "toda la policia sois unos cabrones".
Afegí: "yo no tenía ninguna pistola, cuando salga de la cárcel compraré una y tú eres el primero de la lista", fent l'acció de tenir realment una arma a les mans i disparar.
El legal representant de la joieria L. renuncià a res reclamar, altrament els representants legals dels altres comerços demanen les següents indemnitzacions:
Botiga F. 10, 130.000 pessetes.
Joieria F.L., 784.040 pessetes.
Joieria A.O., 4.226.474 pessetes.
Joieria G.O., 706.325 pessetes".
III.-RESULTANT: que la Defensa de l'acusat Sr. Herrera (dit S.) ha formulat recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència en el que, acceptant les condemnes pels delictes major continuat de robatori i menor continuat de furt, impugna la condemna pels delictes menors d'amenaces i d'injúries a agent de l'autoritat, per no haver apreciat el Tribunal de Corts la prescripció de les penes corresponents als delictes menors en la reducció de la pena inicialment imposada a dit acusat i en què la pena imposada no es proporcionada en atenció al temps transcorregut des de la data dels fets, onze anys, i a la reinserció social de l'acusat, per la qual cosa demana que el Sr. Herrera (dit S.) sigui absolt dels delictes menors d'amenaces i d'injúries a agent de l'autoritat i que la pena imposada pel Tribunal de Corts sigui rebaixada a la pena de trenta mesos de presó, dels quals sigui presó ferma el temps que ja porta privat de llibertat.
IV.-RESULTANT: que en el present recurs ha comparegut el Ministeri Fiscal, oposant-se al recurs per considerar que mentre que l'acusat es va limitar a negar les amenaces i injúries a l'agent de l'autoritat, per contra existeix la denúncia efectuada per l'agent de Policia núm. 238, ratificada en l'acte de la primera vista oral celebrada en data més propera als fets, i que la simple negativa de l'acusat en l'acte de la vista celebrada onze anys després no és suficient per desvirtuar la versió de l'agent de policia. Pel que fa a la prescripció de les penes pels delictes menors, també s'oposa a aquest motiu del recurs perquè en haver-se imposat per tots els delictes una pena única, corresponent al delicte major, per ser més beneficiós al reu, sols es podria estimar la prescripció si ho fos de la pena única imposada, a la que li és aplicable el termini de prescripció de quinze anys. I, en quan al motiu del recurs fonamentat en la manca de proporció de la pena imposada en atenció al temps transcorregut des de la data dels fets i a la reinserció social de l'acusat, el Ministeri Fiscal fa notar que el Tribunal de Corts en la sentència dictada en el recurs d'audiència ja va reduir en un any la pena que li fou imposada en la sentència de 22 de juny del 2002.
FONAMENTS DE DRET
I.-CONSIDERANT: que la condemna de l'acusat Sr. Herrera (dit S.) pels delictes menors d'amenaces i d'injúries a agent de l'autoritat es fonamenta en la denúncia formulada per l'agent del Servei de Policia núm. 238, degudament ratificada en l'acte de la vista oral, considerant el Tribunal de Corts que aquesta prova no queda desvirtuada en l'acte de la vista del recurs d'audiència en què l'acusat es limità a negar haver amenaçat o insultat als agents o bé que no ho recordava.
Tenim abastament declarat: 1r) que el principi de la presumpció d'innocència significa que ningú no pot ser condemnat sense prova de càrrec vàlidament obtinguda i produïda amb totes les garanties que exigeix el dret a la defensa, garantit en el mateix article 10.2 de la Constitució; 2n) que la sola manifestació de la víctima val com a prova de càrrec per desvirtuar el dret fonamental a la presumpció d'innocència sempre i quan no hi hagi raons objectives que li restin credibilitat, atès la vigència en el procediment penal andorrà del principi de lliure valoració de la prova, segons el que disposa l'article 160 del Codi de Procediment Penal, exclou l'apotegma testis unus, testis nullus apotegma que no té cap eficàcia en el procediment penal; i, 3r) que, en tot cas, el testimoni de la víctima haurà de sotmetre's a contradicció de les parts i haurà de ser ponderat pel Tribunal tenint en compte l'absència en la víctima de qualsevol mòbil de ressentiment o enemistat vers l'acusat que pugui comprometre la seva credibilitat, l'existència de dades objectives perifèriques que el reforcin i la persistència i fermesa de la víctima en la seva declaració incriminatòria, reiterada en el temps i sense ambigüitats ni contradiccions, sempre tenint en compte que és el Tribunal d'instància el que, gràcies a la immediació que permet el judici oral, pot valorar de manera més acurada el grau de credibilitat de la víctima segons la fermesa mostrada en l'acte del judici.
Són fets que el Tribunal de Corts declara provats en la seva sentència que en data 24 d'agost del 2000 l'acusat s'adreçà a l'agent de policia amb carnet professional núm. 238, quan l'estava custodiant a la Seu de la Justícia, dient-li "toda la policia sois unos cabrones", afegint que "yo no tenia ninguna pistola, cuando salga de la cárcel compraré una y tú eres el primero de la lista", alhora que feia l'acció de tenir realment una arma a les mans i disparar. I aquests fets es declaren provats amb base a la denúncia efectuada per l'agent de Policia núm. 238, ratificada en l'acte de la primera vista oral celebrada en data 19 de març de 2002 on, efectivament, comparegué l'agent del Servei de Policia núm. 238 dient que Covaci l'insultà, l'amenaçà de mort i l'increpà reiteradament, i que en Covaci parlava castellà i l'entengué perfectament. És cert que en l'acte de la vista del recurs d'audiència i en relació amb l'incident amb la policia, l'acusat va declarar que no recordava gran cosa, només que el van acusar d'haver-lo insultat, però que no va amenaçar mai a ningú i que no creia que hagués fet cap senyal amenaçant a cap agent. Això no obstant, aquelles declaracions de l'agent núm. 238, havent estat sotmeses als principis d'immediació, publicitat i contradicció, tenen plena validesa i eficàcia per desvirtuar el principi de la presumpció d'innocència.
Diu la Defensa en l'escrit del recurs que es creà una certa tensió entre l'acusat i els agents de policia per la troballa d'una pistola marca MF calibre 6,35 mm. amb núm. de sèrie 144208, sense que es pogués determinar qui n'era el propietari, i que tot podria ser un malentès, però l'agent té declarat, sota jurament, que l'acusat va fer l'acció de tenir un arma a les mans i disparar, per la qual cosa no es pot concloure que tot fos un malentès degut al fet de què l'acusat no parlava correctament el castellà.
Procedeix, doncs, desestimar aquest primer motiu del recurs.
II.-CONSIDERANT: que, pel que fa a la prescripció de les penes corresponents als delictes menors, el motiu també ha de ser rebutjat ja que a l'acusat li fou imposada una única pena de presó, corresponent a la infracció criminal més greu, que era el delicte major de robatori, aplicació de pena única que resultava molt més beneficiosa a l'acusat. Per tant, als efectes d'apreciar la prescripció de la pena de presó ens hem d'atenir a la pena única imposada, quatre anys de presó, i al termini de prescripció que li és aplicable, que és el de quinze anys, d'acord amb l'article 84 del Codi Penal.
III.-CONSIDERANT: que, finalment i pel que fa al motiu del recurs fonamentat en què la pena imposada no és proporcionada en atenció al temps transcorregut des de la data dels fets, onze anys, i a la reinserció social de l'acusat, s'ha de dir que en la sentència dictada en data 20 de juny del 2002 el Tribunal de Corts imposà a l'acusat la pena única de quatre anys de presó, multa de quatre mil euros i l'expulsió definitiva del Principat, i en la sentència ara recorreguda, dictada arran del recurs d'audiència, li han estat imposades les penes de tres anys de presó ferma y l'expulsió del Principat per un període de quinze anys. Així doncs, la pena de presó inicialment imposada fou reduïda en un any, el que representa la quarta part, atenent "al temps transcorregut des de la data de la comissió dels fets" i a què el Sr. Herrera "ha assolit una certa integració i rehabilitació social", per la qual cosa el Tribunal de Corts sí ha tingut en compte tant el temps transcorregut des dels fets com la reinserció social de l'acusat. A més a més, el fet del llarg temps transcorregut des de la comissió dels fets fins a què ha estat dictada la sentència recorreguda ha tingut l'efecte favorable per l'acusat de la reducció de setze mesos de presó en virtut dels indults de dates 19 d'octubre del 2003 i 8 de setembre del 2010.
IV.- que, per tot el que s'ha exposat, procedeix la confirmació íntegra de la sentència apel·lada, amb la imposició al recorrent de les despeses processals del recurs atès que totes les seves pretensions han estat desestimades.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
La Sala Penal del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
D E C I D I M
1.- Desestimar el recurs d'apel·lació interposat per la Defensa de l'acusat Sr. Herrera (dit S.) contra la sentència dictada pel Tribunal de Corts en data 29 de juny del 2011, en la causa TC-167-3/00.
2.- Confirmar íntegrament dita sentència.
3.- Condemnar al recurrent al pagament de les despeses processals causades pel recurs.
4.- Retornar la Causa al M. Il·ltre. Tribunal de Corts, amb certificació de la present Sentència, per al seu compliment i execució.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.