I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
TSJ d'Andorre, Sala Civil, 31 mai 2012, TSJC-415/11 (ROJ STSJAD 123/2012)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, sentence n° TSJC-415/11, 31 mai 2012, ROJ STSJAD 123/2012, ECLI:AD:TSJADAD:2012:123 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Águila, établissement de crédit, a consenti à la société Guerrero, par acte public du 20 mars 2007, un crédit en compte courant plafonné à 300 000 euros, d'une durée d'un an et renouvelable tacitement, assorti d'une garantie hypothécaire. Deux associés et administrateurs, MM. Manso et Serra, se sont portés fiadors solidaires de la société débitrice et ont affecté à cette garantie une parcelle située à La Massana.
Par ordonnance du 17 mars 2010, la société Guerrero a été déclarée en état de cessation de paiements et placée en règlement judiciaire. Les administrateurs judiciaires désignés se sont alignés sur la demande. La banque a alors déclaré le contrat de crédit résolu et a engagé une action contre le débiteur principal et les fiadors, en réclamant 298 742,42 euros, les intérêts bancaires depuis le 15 avril 2010 et les dépens.
Par jugement du 20 octobre 2011, le Tribunal de Batlles (section civile) a fait droit à la demande et a condamné solidairement les défendeurs au paiement. Les fiadors ont interjeté appel. Ils faisaient valoir, en substance, qu'ils n'avaient jamais été informés de la défaillance du débiteur ni requis d'exécuter leur engagement avant l'introduction de l'instance, de sorte que l'action personnelle et l'action hypothécaire ne pouvaient être exercées contre eux.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, composée de MM. Jean Louis Vuillemin (magistrat rapporteur et président), Joan Manel Abril Campoy et Mme Eulàlia Amat Llari, a statué le 31 mai 2012.
Question de droit
La décision soulève deux questions.
Première question, de procédure. Le recours qui se borne à reproduire les moyens soumis au premier juge, sans critiquer le raisonnement de celui-ci, peut-il être rejeté pour ce seul motif ? La Cour répond par l'affirmative, en se référant à une jurisprudence « bien établie » qui qualifie d'abus processuel la répétition, la concrétisation et l'extension superflues des griefs d'appel.
Seconde question, de fond. Le créancier peut-il poursuivre le fiadors solida
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 31 de maig del 2012 - ROJ: STSJAD 123/2012 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La societat Águila va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari, contra la societat Guerrero i contra els Srs. Manso i Serra, en reclamació de la quantitat de 298.742,42 EUR en concepte de ròssec deutor de compte corrent, més els interessos bancaris a comptar del dia 15 d'abril del 2010, així com les costes judicials, incloses les despeses i honoraris d'advocat i procurador. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 31 mai 2012 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-415/11
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 31 de maig de 2012.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La societat Águila va presentar davant de l'Hble. Batllia demanda a tramitar pel procediment ordinari, contra la societat Guerrero i contra els Srs. Manso i Serra, en reclamació de la quantitat de 298.742,42 EUR en concepte de ròssec deutor de compte corrent, més els interessos bancaris a comptar del dia 15 d'abril del 2010, així com les costes judicials, incloses les despeses i honoraris d'advocat i procurador.
II.- Els Srs. Manso i Serra varen oposar-se a totes les pretensions de la part agent, contestant que l'adversa no els hi va notificar en cap moment, en tant que part fiadora, l'incompliment de les obligacions assumides per part de la societat Guerrero, en relació a l'escriptura pública de crèdit en compte corrent, ni els ha requerit de procedir al seu compliment en tant que fiadors de la societat Guerrero i, molt menys, els hi ha notificat la posició del compte, de forma que, ni tant sols els ha donat l'oportunitat de complir amb les obligacions que varen assumir, en tant que fiadors de la societat Guerrero, abans de presentar demanda contra ells.