I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, —
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Lire sur source officielle)
Identifiants de la décision : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Administrativa, sentència núm. 74-2012, 4 octobre 2012, recurs n° 16/12 (rotlle TSJA-016/12), numéro de protocole SS-0096-1/2011, ROJ STSJAD 337/2012, ECLI:AD:TSJADAD:2012:337. Rapporteur : Pere Pastor Vilanova. Composition : Bernard Plagnet (président), Albert Andrés Pereira, Pere Pastor Vilanova.
Faits et procédure
Le litige naît du refus opposé par la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) à la demande de pension de veuvage présentée par M^me^ Villalba après le décès de son époux, survenu le 26 mai 2011 à l'âge de 67 ans. La demande fut déposée le 7 juin 2011. La CASS la rejeta par décision du 14 juin 2011, confirmée en recours administratif le 2 août 2011.
Le motif du refus tient à la condition de cotisation prévue par l'article 180.1 de la loi andorrane de sécurité sociale. Celui-ci exige, pour l'ouverture du droit à pension de veuvage lorsque l'assuré décédé est âgé de trente ans ou plus et est mort d'une maladie commune ou d'un accident non professionnel, qu'il ait cotisé au moins soixante mensualités au cours des soixante-douze derniers mois. La CASS établit que le défunt n'avait cotisé que trente-six mensualités sur cette période. Les relevés de points (folios 32-34) confirment ce décompte. Il ressort de la décision que le défunt avait pris une préretraite en juin 2003, à l'âge de soixante ans, et percevait une pension de retraite espagnole jusqu'à soixante-cinq ans, cette pension n'ouvrant pas cotisation auprès de la CASS. La CASS a soutenu que la période de référence (juillet 1997-juin 2003) ne comportait aucune cotisation.
Par jugement du 6 février 2012 (sentence 2012-012), le Tribunal unipersonnel du Batlle, Section administrative, rejeta la demande de M^me^ Villalba. Celle-ci interjeta appel le 2 avril 2012. Elle soutenait principalement que son époux avait cotisé trois cents mensualités depuis 1981, qu'elle pouvait prétendre à la pension de veuvage sur le fondement de la loi n° 9/2006 du 21 juin 2006, que la préretraite de 2003 ne pouvait lui être opposée, et que la loi la plus favorable devait s'appliquer.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions :
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Question de fond : la condition d'équivalence de cotisation de l'article 180.1 de la loi de sécurité sociale est-elle remplie lorsque le défunt a cotisé trente-six mensualités sur les soixante-douze derniers mois, la période intermédiaire ayant été couverte par une pension de retraite servie par un État étranger sans cotisation auprès de la CASS ?
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Question de droit intertemporel : une loi antérieure, la loi n° 9/2006 du 21 juin 2006 sur les mesures urgentes et ponctuelles de réforme du système de sécurité sociale, peut-elle encore être invoquée, alors que le législateur a procédé à l'abrogation expresse de ce texte par la loi de sécurité sociale
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, el quatre d'octubre del dos mil dotze. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 04 d'octubre del 2012 - ROJ: STSJAD 337/2012 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número SS-0096-1/2011. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el què disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal, es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal Unipersonal del Batlle, Secció Administrativa dels quals procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 04 octobre 2012 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: SS-0096-1/2011 Núm. de Rotlle: TSJA-016/12
S E N T È N C I A NÚM. 74-2012
PARTS:
Apel·lant: Villalba
Representant: Gutierrez
Advocat : Gálvez
Apel·lada: CASS
Representant: Anaya
Advocat: Caro
A la vila d'Andorra la Vella, el quatre d'octubre del dos mil dotze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número SS-0096-1/2011.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Pere Pastor Vilanova, el qual expressa el parer del Tribunal.