STSJAD 165/2013, Sala Civil, 28 juin 2013 (TSJC-008/13)
Décision commentée : Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala Civil, 28 juin 2013, TSJC-008/13 (ROJ : STSJAD 165/2013 ; ECLI:AD:TSJADAD:2013:165) (Lire sur source officielle)
Note de référence : la mention « Juridiction andorrane, — » figurant dans les métadonnées fournies ne permet pas d'identifier la décision. La référence ci-dessus est reconstituée à partir du texte intégral (numéro de recours, identifiant ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Une société de travaux publics, désignée dans la décision par « Corbacho », a engagé une procédure abrégée (n° B-0158-1/2010) contre la société « Espada » pour obtenir le paiement de 3 086,31 euros. Cette somme correspondait en partie au prix de travaux de transport de terres depuis un dépôt jusqu'à une zone destinée aux bicyclettes, puis de nivellement et d'aplanissement de ce terrain. La défenderesse soutenait que son engagement portait uniquement sur l'aménagement d'un terrain compatible avec la pratique du « bike trial ».
Par jugement du 30 octobre 2012, le Tribunal unipersonnel du Batlle a accueilli partiellement la demande et condamné « Espada » à payer 962,68 euros, avec intérêts légaux. Le juge a statué sans condamnation aux dépens, chaque partie supportant les siens, ou les communs par moitié.
Le juge de première instance a retenu une créance de 995,28 euros, qui portait sur la vente de 37 700 kg de sable fin. La décision relève qu'il admettait l'absence de contrat écrit et l'absence de preuve de l'achat de sable par « Corbacho ». Il a néanmoins accueilli la prétention au motif que le sable ne serait pas un élément naturel d'Andorre et qu'il aurait donc été nécessairement acquis auprès d'un tiers. Le montant de la condamnation (962,68 euros) ne correspond pas à celui de la créance retenue dans les motifs (995,28 euros). Le texte ne permet pas de trancher cette divergence, qui n'est pas relevée par la Cour.
« Espada » a interjeté appel. Elle soutenait que l'absence de production du bon de livraison n° 232, relatif à l'acquisition du sable par la partie adverse, aurait dû conduire au rejet de la demande, que « Corbacho » n'avait pas vendu de sable, et que du sable naturel pouvait être trouvé sur le territoire, notamment dans les secteurs d'Engolasters et des Cortals d'Encamp. Elle demandait en outre la condamnation de « Corbacho » aux dépens d'appel.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil peut se formuler ainsi : dans une action en paiement de travaux accessoires à une prestation de transport de terres, le créancier qui ne prouve ni la vente ni l'achat de sable peut-il obtenir la rémunération d'une fourniture de matériau, lorsque le juge de première instance a déduit l'onérosité de cette fourniture de la nature non naturelle du sable en Andorre ?
Sous cet angle, la décision pose deux problèmes distincts :
- Le contrôle de l'appréciation de la preuve. Le juge d'appel peut-il substituer son appréciation à celle du premier juge, qui a inféré l'existence d'une vente d'une circonstance générale (la rareté naturelle du sable) ?
- La qualification économique de l'opération. L'opération de transport et de nivellement emportait-elle nécessairement une fourniture de matériau facturable, ou pouvait-elle être gratuite pour le client, la rémunération de l'entrepreneur étant couverte par d'autres avantages ?
Le titre de la décision (« Présomption de gratuité dans le transport de sable et gravats ») résume la solution retenue sur le second point. Le texte ne fait pas apparaître de règle générale de présomption ; il s'agit d'une appréciation concrète des éléments du dossier.
Solution et dispositif
La Sala Civil estime le recours. Elle relève que « Corbacho » n'a jamais produit le bon de livraison n° 232 et n'a fourni « aucune preuve concluante » sur l'origine du sable. Elle retient ensuite plusieurs éléments :
- la pratique usuelle, selon laquelle l'entreprise de travaux publics réutilise des terres issues d'autres excavations sans facturer de fourniture au
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-008/13
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 28 de juny de 2013.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En les actuacions del procediment abreujat núm. B-0158-1/2010, instades per la societat "Corbacho" contra la societat "Espada", en data 30 d'octubre de 2012, l'Hble. Tribunal Unipersonal del Batlle va dictar Sentència, la part dispositiva de la qual va decidir: "Estimar parcialment la demanda formulada per la representació processal de Corbacho contra la societat Espada, condemnant-se aquesta darrera a pagar a l'agent la suma de 962,68.- EUR, més els interessos legals que aquesta devengui a comptar del dia de fermesa de la present Resolució i fins el dia del seu total pagament i sense fer especial pronunciament en relació a les costes processals havent cada part d'assumir les seves pròpies si per meitats les comunes".