I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 173/2013 (ECLI:AD:TSJADAD:2013:173)
Décision commentée : STSJAD 173/2013, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 28 juin 2013, ECLI:AD:TSJADAD:2013:173 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte authentique du 6 octobre 2006, M. Jover a donné à son fils, M. Conde, le niveau de sous-sol premier d'un immeuble, avec la quote-part correspondant aux éléments communs. Dans les années 2006-2007, M. Conde y a réalisé des travaux (dont le détail n'est pas précisé dans la décision) qui ont consisté à transformer deux étages en un seul.
Par acte authentique du 9 novembre 1989, M. Jover et son frère, M. Bonet, avaient conclu une convention répartissant entre eux les parts indivises de l'immeuble. Cet acte stipulait notamment que « les installations qui traversent les différents étages de l'édifice, telles que les tuyaux de chauffage, d'eau ou tout autre approvisionnement, auront la consideration de communautaires ». Le caractère de cette stipulation n'est pas contesté.
Par demande du 9 avril 2008, déposée selon la procédure ordinaire, M. Conde a sollicité la reconnaissance d'une servitude de passage de canalisation au niveau de sous-sol deux du nouvel immeuble, la cessation des actes troublant son exercice, la remise en état sous trois mois, le paiement de 671,05 euros de dommages-intérêts et la condamnation aux dépens. M. Bonet a soulevé une exception d'incompétence de juridiction ou une clause compromissoire, rejetée par ordonnance du 21 juillet 2008. Au fond, il a soutenu que c'était la partie demanderesse qui avait modifié les conduites en posant des tubes traversant sa propriété.
Par jugement du 1er février 2013, le Tribunal de Batlles a fait droit, pour l'essentiel, à la demande : il a reconnu la servitude, ordonné l'élimination de la coupure affectant une canalisation et le rétablissement de la dérivation, alloué 671,05 euros avec intérêts légaux et mis les dépens à la charge du défendeur.
M. Bonet a interjeté appel en sollicitant la réformation du jugement et le rejet de la demande. M. Conde a conclu à la confirmation et à la condamnation de l'appelant aux dépens d'appel. La décision commentée est rendue par la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, rapporteur M. Vincent Anière (recours n° 75/13).
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions.
La première porte sur la recevabilité d'un moyen nouveau en appel. L'appelant soutenait que la canalisation litigieuse ne figurait pas sur les plans, qu'elle n'existait pas à la date de l'acte de 1989 et qu'elle avait été installée unilatéralement par le père de la partie adverse, en empiétant sur le logement du défendeur. Il invoquait ainsi une version des faits absente de l'ensemble de ses écritures de première instance.
La seconde porte sur le fond : il s'agissait de savoir si la convention de
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 28 de juny del 2013 - ROJ: STSJAD 173/2013 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal del Sr. Conde va interposar demanda civil a tramitar pel procediment ordinari, de data 09-04-2008, envers el Sr. Bonet, en virtut de la qual sol·licitava que es dictés Sentència: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l’Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 juin 2013 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-075/13
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d’Andorra la Vella, el 28 de juny de 2013.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Conde va interposar demanda civil a tramitar pel procediment ordinari, de data 09-04-2008, envers el Sr. Bonet, en virtut de la qual sol·licitava que es dictés Sentència:
Reconeixent i declarant l’existència d’una servitud de pas de canonada per la planta soterrani segona del nou edifici O., que connecta el desaigüe de la planta soterrani primera (propietat del Sr. ENTITY_4) amb la connexió a les conduccions generals existents a la planta soterrani tercera (també propietat del Sr. ENTITY_5) del mateix edifici.
Condemnant el demandat a posar fi als actes que ha realitzat contraris a l’existència de la servitud o pertorbadors del seu exercici, i a restablir, en els millors terminis i, com a molt tard, dins els tres mesos següents al moment que es dicti sentència (ferma i definitiva), la situació existent amb anterioritat amb el moment en que el mateix va dur a terme la pertorbació que ha donat lloc a la tramitació de les presents actuacions, eliminant el tall de la mencionada canonada i, d’aquesta manera, permetent la necessària conducció d’aigua al seu pas de la planta soterrani segona del nou edifici O., de la seva propietat.