I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 221/2013 (ECLI:AD:TSJADAD:2013:221)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 28 novembre 2013, recurs n° 141/13, ROJ STSJAD 221/2013, ECLI:AD:TSJADAD:2013:221 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un contrat qualifié d'« agence commerciale » conclu le 13 avril 2005, la société L.E. confiait à la société 2.JM.M.S., SL la commercialisation, en son nom et pour son compte, de matériaux de construction qu'elle distribuait, notamment ceux de la marque « L.E. ». Des commissions, calculées sur le montant facturé, étaient prévues au profit de l'agent.
La société L.I.V., SL a ensuite confié à 2.JM.M.S., SL la réalisation de cette mission par voie de sous-traitance. Selon l'agent, les commissions ont été réglées jusqu'en janvier 2006, puis L.I.V., SL a cessé de payer, laissant une dette de 28 491,51 euros. L'agent s'est alors adressé à L.E., qui ne lui a versé que 2 232,65 euros, ramenant la créance à 26 258,86 euros. Une réclamation extrajudiciaire est restée sans effet.
Par demande du 8 octobre 2008, 2.JM.M.S., SL a assigné L.I.V., SL et un co-défendeur, M. Sarabia. Ce dernier n'a pas comparu et a été déclaré en situation de rebellion processuelle. Par jugement du 5 décembre 2012, le Tribunal de Batlles a condamné L.I.V., SL à payer 26 258,86 euros, majorés des intérêts légaux à compter du 3 septembre 2009, et aux dépens, et a absous M. Sarabia. Les motifs de cette absolution ne figurent pas dans l'arrêt d'appel (non précisé dans la décision).
L.I.V., SL a interjeté appel, en demandant la révocation du jugement et le rejet de la demande. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a été saisie sous le numéro 141/13, rapporteur Mme Eulàlia Amat Llari.
Question de droit
Le litige posait deux questions. La première portait sur le fondement de l'action de l'agent contre la société qui, sans être liée à lui par contrat, avait sous-traité la mission à son cocontractant : une société tierce peut-elle être tenue au paiement des commissions dues à l'agent lorsqu'elle a elle-même confié la commercialisation à celui-ci ? La seconde concernait l'incidence, sur cette obligation, du paiement partiel effectué par le mandant initial (L.E.) et de la transaction alléguée entre celui-ci et l'agent dans le cadre d'une procédure menée devant une juridiction française.
L'appelante soutenait que l'agent n'avait aucun lien contractuel avec elle, que les paiements partiels de L.E. démontraient que la dette n'était pas la sienne, et que les pactes conclus entre l'agent et des tiers ne pouvaient l'affec
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 28 de novembre del 2013 - ROJ: STSJAD 221/2013 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 8 d'octubre del 2008 la representació processal de la societat "2.JM.M.S., SL" va presentar demanda contra la societat "L.I.V., SL" i el Sr. Sarabia sol·licitant que es condemnés als defenents a abonar a la seva mandant la suma de 26.258,86 euros, import de les comissions a les què aquesta tenia dret en virtut del contracte d'agència comercial signat per les parts i que no li havien estat abonades, més els interessos legals de dita quantitat a partir de la data de la rescissió del citat contracte, és a dir a partir del dia 30/06/2006, o bé, subsidiàriament, a pa… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 novembre 2013 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC-141/13
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 28 de novembre de 2013.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 8 d'octubre del 2008 la representació processal de la societat "2.JM.M.S., SL" va presentar demanda contra la societat "L.I.V., SL" i el Sr. Sarabia sol·licitant que es condemnés als defenents a abonar a la seva mandant la suma de 26.258,86 euros, import de les comissions a les què aquesta tenia dret en virtut del contracte d'agència comercial signat per les parts i que no li havien estat abonades, més els interessos legals de dita quantitat a partir de la data de la rescissió del citat contracte, és a dir a partir del dia 30/06/2006, o bé, subsidiàriament, a partir de la data de la contesta a la demanda, imposant a l'adversa les costes del procediment.
II.- Malgrat haver estat degudament citada, la part demandada no va comparèixer en la data assenyalada per tal de contestar la demanda i va ser declarada en situació de rebel·lia processal.
III.- La Sentència dictada per l'Hble. Tribunal de Batlles en data 5 de desembre del 2012 va acordar estimar parcialment la demanda interposada per la societat mercantil "2.JM.M.S., SL" contra la societat "L.I.V., SL" i el Sr. Sarabia, condemnant únicament a la primera demandada a pagar a l'agent la quantitat de 26.258,86 euros, més els interessos legals de dita suma a comptar del dia 3 de setembre del 2009 i fins el seu total pagament i a l'abonament de les costes processals generades pel procediment, inclosos els honoraris d'advocat i procurador a acreditar en període d'execució de Sentència, absolent al demandat Sr. Sarabia de la totalitat de les pretensions de l'actora.