Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 décembre 2013, TSJC 216/13 (ROJ : STSJAD 255/2013)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, sentència n° TSJC-216/13, 17 décembre 2013, ROJ : STSJAD 255/2013, ECLI:AD:TSJADAD:2013:255 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une société de travaux (désignée dans la décision « C.F., ORG_0 ») a été engagée en juin 2005 par une société propriétaire d'un local commercial (« S., S.L. » ou « S., ORG_4 ») pour en réaliser la réforme. Le devis initial s'élevait à 49 302,60 euros. Il n'est pas contesté que seule la somme de 42 000 euros a été versée. Les travaux ont pris fin au plus tard à la fin de l'année 2005.
La société entrepreneuse a introduit une demande en paiement de 22 815 euros, correspondant, selon elle, au solde du devis estimatif et au coût des travaux supplémentaires. La citation en justice est intervenue le 27 janvier 2011, dans le cadre de la procédure ordinaire n° 0044-6/2011. Le retard de l'action était imputé par la demanderesse à des « problèmes internes de restructuration », étrangers au litige.
Le Tribunal de Batlles, par sentence du 18 avril 2013, a rejeté l'exception de prescription opposée par la défenderesse, considéré que les travaux avaient été intégralement exécutés et relevé que le paiement effectif des sommes n'était pas établi. Il a condamné la défenderesse au paiement de 22 815 euros, assorti d'intérêts légaux depuis le 7 avril 2011, et aux dépens.
La société défenderesse a interjeté appel. Elle soutenait notamment que la créance relevait du délai triennal applicable aux créances des menestrals ou artisans, que l'action était donc prescrite, et que les travaux supplémentaires avaient été réglés directement aux sous-traitants. La question de la nature civile ou commerciale du contrat était également discutée.
Question de droit
La Sala Civil devait trancher deux questions principales :
- Le délai de prescription applicable à l'action en paiement du prix d'un contrat d'ouvrage conclu avec un artisan est-il le délai triennal propre aux créances des menestrals et artisans, ou le délai trentenaire de l'usatge omnes causae ?
- La qualification du contrat (civil ou commercial) a-t-elle une incidence sur la prescription applicable ?
La décision contient en outre une question subsidiaire relative à l'existence d'un acte interruptif antérieur à la citation.
Solution et dispositif
Le Tribunal retient que « dins el concepte de menestrals o artesans s'han d'incloure els crèdits que es desprenen de la prestació d'oficis o tasques manuals i també els que executen professionals de l'àmbit de la ciència o de les arts », en reprenant une jurisprudence constante (TSJC 73/04 du 23 septembre 2004, 031/08 du 18 septembre 2008, 339/10 du 30 juin 2011, TSJC-126/12 du 15 novembre 2012).
Il applique cette doctrine aux travaux de paletterie, menuiserie, électricité, plomberie et climatisation, qui relèvent selon lui d'activités caractéristiques d'un art ou d'un métier « fonamentalment manual ». La créance est donc soumise au délai triennal.
S'agissant de la qualification du contrat, le Tribunal juge qu'elle « resulta aquí indiferent » : la prescription découle de la seule qualité de menestral ou d'artisan du créancier, et non de la nature du contrat exécuté. Il relève en outre qu'aucun élément ne permet de retenir un acte interruptif antérieur à la citation, et que la demanderesse n'a invoqué aucun fait de nature à rendre inopérante la prescription spéciale. Il estime que, les travaux ayant
Sentència
TSJC-216/13
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 17 de desembre de 2013.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En les actuacions del procediment ordinari núm. 0044-6/2011, instades per la societat "C.F., ORG_0" contra la societat "S., ORG_4", en data 18 d'abril de 2013, l'Hble. Tribunal de Batlles va dictar Sentència, la part dispositiva de la qual va decidir: "Estimar la demanda interposada per la representació processal de la societat ORG_3, ORG_0 contra la societat S., ORG_4, condemnant aquest darrer a pagar a l'agent l'import de 22.815 euros, que serà incrementat pels interessos legals comptadors a partir del dia 7 d'abril de 2.011, i fins al total pagament del deute, així com al pagament de les costes processals causades amb inclusió expressa dels honoraris d'advocat, de procurador i de perit".
II.- La societat "S., S.L." ha interposat recurs d'apel·lació contra aquesta resolució.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova.