STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2014 - ROJ: STSJAD 250/2014
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé19 décembre 2014
Numéro62/14
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 250/2014, Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala administrativa, 19 décembre 2014
> Décision commentée : STSJAD 250/2014, Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Sala administrativa), 19 décembre 2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:250 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note éditoriale : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir du titre, des métadonnées et de l'identifiant ECLI figurant dans le texte intégral.*
## Faits et procédure
Un médecin, le Dr Diez, a fait l'objet d'une sanction administrative de 1 500 euros, prononcée par le ministère de la Santé et du Bien-être le 26 juin 2013. La sanction lui reprochait d'avoir, entre le 17 octobre et le 15 novembre 2012, renouvelé à deux reprises une prescription de Dolantina® pour un même patient, alors que la période était couverte par une prescription antérieure. Ce fait est qualifié de « manque de contrôle et de précautions exigibles » dans l'activité médicale, au sens de l'article 64 B.2 de la Llei general de sanitat du 20 mars 1989, modifiée par la loi 1/2009 du 23 janvier.
Le recours de réposition formé contre cette sanction ayant été rejeté par le Gouvernement, le Dr Diez a saisi le Tribunal de batlles. Par jugement du 16 mai 2014, ce tribunal a annulé l'acte litigieux, au motif qu'une correlation suffisante entre l'infraction et la sanction faisait défaut. Le Gouvernement a interjeté appel.
Le Tribunal supérieur de justice, Sala administrativa, a été saisi du recours d'appel (recours n° 62/14). La formation était composée des magistrats Pere Pastor Vilanova (rapporteur), Bernard Plagnet et Albert Andrés Pereira. La décision est une sentence (n° 66-2014).
Le Gouvernement soutenait principalement que l'infraction à l'article 30 du Reglament de medicaments était sanctionnée par l'article 64 B.2 de la Llei general de sanitat, que le Code pénal n'était pas davantage précis, et que le Reglament avait rang de loi. Le Dr Diez répondait que l'article 30 était lui-même assorti d'une sanction prévue à son article 41, que la Llei general de sanitat n'avait aucun lien avec la prescription de médicaments, et que la graduation de la sanction ne reposait pas sur des critères objectifs.
## Question de droit
La question posée était celle de savoir si une sanction administrative infligée sur le fondement de la Llei general de sanitat pouvait être regardée comme conforme aux exigences de légalité, de prévisibilité et de clarté de la norme répressive, telles qu'elles découlent de l'article 7 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), alors que le comportement reproché relevait, selon le juge, d'une autre norme réglementaire.
Plus précisément, le juge devait déterminer si la correlation entre l'infraction tipifiée par le Reglament de medicaments et la sanction prévue par la loi générale sanitaire était suffisamment établie.
## Solution et dispositif
Le Tribun
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2014 - ROJ: STSJAD 250/2014
STSJAD 250/2014, Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala administrativa, 19 décembre 2014
Reproduction verbatim
Décision commentée : STSJAD 250/2014, Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Sala administrativa), 19 décembre 2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:250 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir du titre, des métadonnées et de l'identifiant ECLI figurant dans le texte intégral.
Faits et procédure
Un médecin, le Dr Diez, a fait l'objet d'une sanction administrative de 1 500 euros, prononcée par le ministère de la Santé et du Bien-être le 26 juin 2013. La sanction lui reprochait d'avoir, entre le 17 octobre et le 15 novembre 2012, renouvelé à deux reprises une prescription de Dolantina® pour un même patient, alors que la période était couverte par une prescription antérieure. Ce fait est qualifié de « manque de contrôle et de précautions exigibles » dans l'activité médicale, au sens de l'article 64 B.2 de la Llei general de sanitat du 20 mars 1989, modifiée par la loi 1/2009 du 23 janvier.
Le recours de réposition formé contre cette sanction ayant été rejeté par le Gouvernement, le Dr Diez a saisi le Tribunal de batlles. Par jugement du 16 mai 2014, ce tribunal a annulé l'acte litigieux, au motif qu'une correlation suffisante entre l'infraction et la sanction faisait défaut. Le Gouvernement a interjeté appel.
Le Tribunal supérieur de justice, Sala administrativa, a été saisi du recours d'appel (recours n° 62/14). La formation était composée des magistrats Pere Pastor Vilanova (rapporteur), Bernard Plagnet et Albert Andrés Pereira. La décision est une sentence (n° 66-2014).
Le Gouvernement soutenait principalement que l'infraction à l'article 30 du Reglament de medicaments était sanctionnée par l'article 64 B.2 de la Llei general de sanitat, que le Code pénal n'était pas davantage précis, et que le Reglament avait rang de loi. Le Dr Diez répondait que l'article 30 était lui-même assorti d'une sanction prévue à son article 41, que la Llei general de sanitat n'avait aucun lien avec la prescription de médicaments, et que la graduation de la sanction ne reposait pas sur des critères objectifs.
Question de droit
La question posée était celle de savoir si une sanction administrative infligée sur le fondement de la Llei general de sanitat pouvait être regardée comme conforme aux exigences de légalité, de prévisibilité et de clarté de la norme répressive, telles qu'elles découlent de l'article 7 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), alors que le comportement reproché relevait, selon le juge, d'une autre norme réglementaire.
Plus précisément, le juge devait déterminer si la correlation entre l'infraction tipifiée par le Reglament de medicaments et la sanction prévue par la loi générale sanitaire était suffisamment établie.
Solution et dispositif
Le Tribun
Sentència
Núm. de Protocol: AD-0098-2/2013 Núm. de Rotlle: TSJA-062/14
SENTÈNCIA NÚM. 66-2014
PARTS:
Apel·lant: M.I. GOVERN
Representant: Sra. Carnero
Advocat: Sra. Barberá
Apel·lat: Sr. Diez
Representant: Sra. Expósito
Advocat: Sra. Yuste
M. I. Sr. Albert Andrés Pereira
Andorra la Vella, dinou de desembre del dos mil catorze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número AD-0098-2/2013.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Pere Pastor Vilanova, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 62/14 — Décision commentée
1.- El Sr. Diez va interposar demanda jurisdiccional contra la denegació, per part del GOVERN, del recurs de reposició formulat contra la sanció administrativa de 1.500 EUR imposada pel Ministeri de Salut i Benestar en data 26 de juny del 2013.
2.- El Tribunal de Batlles ha desestimat la demanda subsegüent mitjançant sentència del dia 16 de maig del 2014.
3.- En el seu escrit d'apel·lació, el M.I. GOVERN manifesta principalment que:
el Sr. Diez havia incomplert l'article 30 del Reglament de medicaments, quina infracció quedava sancionada a l'article 64 B.2 de la llei general de sanitat;
els fets havien estat castigats en funció de la gravetat constatada;
el Codi penal era també imprecís;
la manca de control i precaucions professionals (prescripció contínua de Dolantina amb finalitats no mèdiques) constituïa una falta greu;
es va posar en perill la salut del pacient;
el Reglament de medicaments tenia rang de llei.
4.- El Sr. Diez va contestar, dient que la infracció de l'article 30 del Reglament de medicaments, quedava sancionada en el seu article 41; l'article 64 B.2 de la llei general de sanitat no estava connectat amb la prescripció de medicaments; la graduació de la sanció no obeïa a criteris objectius.
5.- Trameses les actuacions a aquesta Sala, s'ha designat el magistrat ponent i han quedat vistes les actuacions per deliberar i decidir.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- El Sr. Diez va formular demanda contra el GOVERN, en relació amb la imposició d'una sanció administrativa de 1.500 EUR en motiu de la prescripció indeguda de medicaments. L'Administració demandada s'hi va oposar.
El Tribunal de Batlles ha anul·lat l'acte impugnat en considerar que no existia una correlació suficient entre la infracció comesa i la sanció imposada.
El GOVERN s'alça contra la sentència emesa pel Tribunal de Batlles.
Tercer.- La decisió litigiosa conté el pronunciament següent:
"Imposar a1 Sr. Diez, com a cotitular del ORG_0, una sanció de 1500 EUR per infracció a l'article 64.B.2 de la Llei General de Sanitat del 20 de març del 1989, modificada per la llei 1/2009, del 23 de gener, per manca de control i precaucions exigibles en l'activitat mèdica per haver renovat en dues ocasions una prescripció de Dolantina® per a un malalt, durant la durada d'un període cobert per una prescripció anterior, entre el dia 17 d'octubre del 2012 i el 15 de novembre del 2012" (foli 9).
Dit d'una altra manera, es recrimina al Sr. Diez, metge de professió, la prescripció continuada, però no diligent, d'un medicament estupefaent (Dolantina) pel compte d'un mateix pacient. Aquesta infracció, no negada pel recurrent, queda tipificada a l'article 30 del Reglament de medicaments, aprovat pel M.I. Consell General el dia 4 d'octubre de 1977:
"Es prohibeix als metges i dentistes de fer fórmules i als farmacèutics d'executar-les o de renovar una prescripció de substàncies de la taula B per a un malalt, durant la durada d'un període cobert per a una prescripció anterior de substàncies de la mateixa taula, llevat de menció formal inscrita sobre la recepta especial B pel facultatiu prescriptor, i fent menció de la prescripció anterior".
El Ministeri de Salut i Benestar va entendre que la conducta de l'interessat infringia també l'article 64 B.2 de la Llei General de Sanitat del 20 de març de 1989, el qual qualifica com a greus, els mancaments: "... que es produeixin com a conseqüència de la manca de control i precaucions exigibles en l'activitat, centre, servei, establiment o instal·lació de què es tracti".
La sanció imposada revesteix una coloració penal, en presentar un caràcter dissuasiu. I tota pena ha de ser conforme amb les previsions de l'article 7.1 del CEDH. Segons la jurisprudència del TEDH, les infraccions i les penes han de ser previsibles, accessibles i clares. Reproduïm, a continuació, la jurisprudència del Tribunal d'Estrasburg en la matèria (cas Streletz, Kessler i Krenz c. Alemanya -GC-, 22 de Març del 2001):
"La garantie que consacre l'article 7, élément essentiel de la prééminence du droit, occupe une place primordiale dans le système de protection de la Convention, comme l'atteste le fait que l'article 15 n'y autorise aucune dérogation en temps de guerre ou autre danger public. Ainsi qu'il découle de son objet et de son but, on doit l'interpréter et l'appliquer de manière à assurer une protection effective contre les poursuites, les condamnations et sanctions arbitraires.
Comme la Cour l'a dit dans son arrêt Kokkinakis c. Grèce du 25 mai 1993 (série A no 260-A, p. 22, § 52), l'article 7 ne se borne donc pas à prohiber l'application rétroactive du droit pénal au désavantage de l'accusé : il consacre aussi, de manière plus générale, le principe de la légalité des délits et des peines (nullum crimen, nulla poena sine lege) et celui qui commande de ne pas appliquer la loi pénale de manière extensive au désavantage de l'accusé, notamment par analogie. Il en résulte qu'une infraction doit être clairement définie par la loi. Dans son arrêt précité, la Cour a ajouté que cette condition se trouve remplie lorsque le justiciable peut savoir, à partir du libellé de la disposition pertinente et, au besoin, à l'aide de son interprétation par les tribunaux, quels actes et omissions engagent sa responsabilité pénale. La Cour a donc indiqué que la notion de «droit» («law») utilisée à l'article 7 correspond à celle de «loi» qui figure dans d'autres articles de la Convention, notion qui englobe le droit écrit comme non écrit et implique des conditions qualitatives, entre autres celles d'accessibilité et de prévisibilité ((...) arrêt Tolstoy Miloslavsky c. Royaume-Uni du 13 juillet 1995, série A no 316-B, pp. 71-72, § 37)" .
Per tant, la garantia de la previsibilitat exigeix que la persona que pretén realitzar un comportament determinat ha d'estar en condicions raonables de conèixer el seu caràcter il·legal, com també la sanció correlativa a què s'exposa.
En el cas que ens ocupa, la tipificació de la infracció contemplada a l'article 30 del Reglament de medicaments assoleix un grau de definició i de precisió suficient. Aquest no és el cas de la sanció, tota vegada que el seu article 41 estableix que tota infracció "serà perseguida conforme a les lleis i costums del Principat".
El GOVERN, conscient d'aquesta dificultat jurídica, tipifica el comportament del recurrent com una infracció greu de l'article 64 B.2 de la Llei General de Sanitat del 20 de març de 1989 per raó de "la manca de control en l'execució de receptes d'estupefaents" (revers del foli 8). Força és de constatar que aquest article no es relaciona adequadament amb l'actuació recriminada al Sr. Diez. En primer lloc, perquè la llei general de sanitat no queda connectada racionalment amb el Reglament de medicaments. És simptomàtic constatar que enlloc se'n fa referència explícita. En segon lloc, el raonament que porta a vincular l'article 30 del Reglament de medicaments amb l'article 64 B.2 de la Llei General de Sanitat és massa forçat i malam partem, essent inesperat per part de la persona sancionada. En aquest sentit, "la manca de control i precaucions exigibles en l'activitat, centre, servei, establiment o instal·lació de què es tracti" no està clarament dissenyada per sancionar l'exercici deficient d'una professió liberal.
Per conseqüent, com molt bé conclou l'Hble. Tribunal de Batlles, "la correlació entre infracció i sanció no s'entén suficient".
Quart.- Per tot l'exposat, procedeix la desestimació del recurs d'apel·lació.
Cinquè.- No es fa cap pronunciament sobre el pagament de les costes judicials d'aquesta alçada per raó de manca de temeritat.
D E C I S I Ó
En atenció a tot el què s'ha exposat, la Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia, en nom del poble andorrà, ha decidit desestimar el recurs d'apel·lació interposat pel M.I. GOVERN contra la sentència 2014-082, de 16 de maig del 2014, dictada per la Secció Administrativa de la Batllia, que es confirma. No es fa cap pronunciament sobre el pagament de les costes judicials d'aquesta alçada.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.