STSJAD ANDORRA, a 23 de juliol del 2015 - ROJ: STSJAD 203/2015
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé23 juillet 2015
Numéro44/2015
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 203/2015 (ECLI:AD:TSJADAD:2015:203)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 23 juillet 2015, n° 47-2015, recours n° 44/2015 (ROJ STSJAD 203/2015) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Le Tribunal des Batlles (Section administrative) a rejeté, par jugement du 27 avril 2015, le recours de M. Esteban tendant à l'annulation de deux décisions du Gouvernement d'Andorre, en date des 16 décembre 2014 et 11 février 2015. Ces décisions ordonnaient l'expulsion administrative de l'intéressé du territoire national pour une durée de trois ans.
M. Esteban interjette appel. Son argumentation repose sur trois points :
- les faits retenus par l'administration ne sont pas acceptés et, en tout état de cause, l'intéressé aurait été victime d'une agression de tiers, ce qui caractériserait une situation de légitime défense ;
- les faits seraient isolés et ne présenteraient pas de risque pour la sécurité des personnes et des biens ;
- la mesure serait contraire au principe de proportionnalité, l'appelant disposant d'un ancrage familial et professionnel en Principauté.
Le Gouvernement conclut à la confirmation intégrale du jugement. Il soutient que l'expulsion administrative n'a pas de caractère répressif et qu'elle est compatible avec la procédure pénale engagée contre l'intéressé, laquelle a donné lieu à une mesure de détention préventive. La décision relève également la gravité des faits reprochés.
Aucune mesure d'instruction n'ayant été sollicitée devant la Cour, le recours a été mis en délibéré.
## Question de droit
La Cour devait déterminer si l'expulsion administrative, prise sur le fondement de la législation sur l'immigration, relève d'une logique préventive ou répressive. Cette qualification commandait en retour :
1. la portée du contrôle juridictionnel, et notamment la question de savoir si le juge administratif peut apprécier la réalité des faits à l'origine de la mesure alors qu'une procédure pénale est en cours ;
2. la possibilité de prendre en compte des antécédents, y compris des faits ayant déjà donné lieu à un avertissement d'expulsion, sans méconnaître le principe *non bis in idem* ni la présomption d'innocence ;
3. le contrôle de proportionnalité de la mesure au regard de l'ancrage personnel de l'intéressé.
## Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et confirme le jugement de première instance. Elle s'appuie sur les dispositions du texte refondu de la loi qualifiée sur l'immigration, dont l'article 121 dispose que « l'expulsion administrative est une mesure destinée à interrompre le séjour et/ou à interdire l'accès d'un étranger au territoire andorran », et qu'elle « ne doit en aucun cas être confondue avec la peine accessoire d'expulsion que peut prononcer un tribunal pénal ». L'article 122, paragraphe 1, précise qu'elle procède, « comme mesure de prévention », de la constatation, à partir d'éléments vérifiés, d'un risque pour la sécurité de l'État, des personnes ou des biens, ou pour l'ordre public.
La Cour reprend à son compte la jurisprudence qu'elle a elle-même développée (sentences n° 16-2011 et n° 32-2014), selon laquelle la mesure constitue une mesure de police administrative à finalité préventive, dépourvue de caractère sanctionnateur. Elle relève l'alignement de cette analyse avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (arrêt *Üner c. Pays-Bas*, 18 octobre 2006).
Sur le fond, la Cour constate que les décisions administratives ne reposent pas sur une simple dénonciation de la police : les faits ont fait l'objet d'une procédure pénale, au cours de laquelle une mesure de détention préventive a été ordonnée, ce qui implique
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 23 de juliol del 2015 - ROJ: STSJAD 203/2015
STSJAD 203/2015 (ECLI:AD:TSJADAD:2015:203)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 23 juillet 2015, n° 47-2015, recours n° 44/2015 (ROJ STSJAD 203/2015) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le Tribunal des Batlles (Section administrative) a rejeté, par jugement du 27 avril 2015, le recours de M. Esteban tendant à l'annulation de deux décisions du Gouvernement d'Andorre, en date des 16 décembre 2014 et 11 février 2015. Ces décisions ordonnaient l'expulsion administrative de l'intéressé du territoire national pour une durée de trois ans.
M. Esteban interjette appel. Son argumentation repose sur trois points :
les faits retenus par l'administration ne sont pas acceptés et, en tout état de cause, l'intéressé aurait été victime d'une agression de tiers, ce qui caractériserait une situation de légitime défense ;
les faits seraient isolés et ne présenteraient pas de risque pour la sécurité des personnes et des biens ;
la mesure serait contraire au principe de proportionnalité, l'appelant disposant d'un ancrage familial et professionnel en Principauté.
Le Gouvernement conclut à la confirmation intégrale du jugement. Il soutient que l'expulsion administrative n'a pas de caractère répressif et qu'elle est compatible avec la procédure pénale engagée contre l'intéressé, laquelle a donné lieu à une mesure de détention préventive. La décision relève également la gravité des faits reprochés.
Aucune mesure d'instruction n'ayant été sollicitée devant la Cour, le recours a été mis en délibéré.
Question de droit
La Cour devait déterminer si l'expulsion administrative, prise sur le fondement de la législation sur l'immigration, relève d'une logique préventive ou répressive. Cette qualification commandait en retour :
la portée du contrôle juridictionnel, et notamment la question de savoir si le juge administratif peut apprécier la réalité des faits à l'origine de la mesure alors qu'une procédure pénale est en cours ;
la possibilité de prendre en compte des antécédents, y compris des faits ayant déjà donné lieu à un avertissement d'expulsion, sans méconnaître le principe non bis in idem ni la présomption d'innocence ;
le contrôle de proportionnalité de la mesure au regard de l'ancrage personnel de l'intéressé.
Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et confirme le jugement de première instance. Elle s'appuie sur les dispositions du texte refondu de la loi qualifiée sur l'immigration, dont l'article 121 dispose que « l'expulsion administrative est une mesure destinée à interrompre le séjour et/ou à interdire l'accès d'un étranger au territoire andorran », et qu'elle « ne doit en aucun cas être confondue avec la peine accessoire d'expulsion que peut prononcer un tribunal pénal ». L'article 122, paragraphe 1, précise qu'elle procède, « comme mesure de prévention », de la constatation, à partir d'éléments vérifiés, d'un risque pour la sécurité de l'État, des personnes ou des biens, ou pour l'ordre public.
La Cour reprend à son compte la jurisprudence qu'elle a elle-même développée (sentences n° 16-2011 et n° 32-2014), selon laquelle la mesure constitue une mesure de police administrative à finalité préventive, dépourvue de caractère sanctionnateur. Elle relève l'alignement de cette analyse avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (arrêt Üner c. Pays-Bas, 18 octobre 2006).
Sur le fond, la Cour constate que les décisions administratives ne reposent pas sur une simple dénonciation de la police : les faits ont fait l'objet d'une procédure pénale, au cours de laquelle une mesure de détention préventive a été ordonnée, ce qui implique
Sentència
Núm. de Protocol: 1000016/2014 Núm. de Rotlle: TSJA-0000044/2015
Apel·lat: M.I. GOVERN Representant: Sra. Sancho. Advocat: Sra. Esteban.
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint-i-tres de juliol del dos mil quinze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000016/2014.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- La sentència de 27 d'abril del 2015 de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles va desestimar la demanda interposada pel Sr. Esteban. contra el M.I. Govern, en què sol·licitava l'anul·lació de les resolucions de 16 de desembre del 2014 i 11 de febrer del 2015, en virtut de les quals s'havia acordat l'expulsió de l'interessat del territori nacional durant un període de tres anys.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 44/2015 — Décision commentée
2.- La representació del Sr. Esteban. va interposar recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència de la Batllia, el qual es fonamenta substancialment en dos arguments diferents. En primer lloc, no s'accepten els fets en què es basen les resolucions administratives i s'al·lega que, en tot cas, existia una situació de legítima defensa, atès que l'interessat va ser objecte d'una agressió per part de tercers. En segon lloc, es considera que es tracta de fets aïllats, que no comporten un risc per a la seguretat de les persones i els béns. En darrer terme, es defensa que la mesura d'expulsió és contrària al principi de proporcionalitat, ja que el recurrent disposa d'arrelament familiar i laboral al Principat.
3.- La representació del M.I. Govern s'ha oposat al recurs i ha sol·licitat la confirmació íntegra de la sentència apel·lada. En concret, afirma que la mesura administrativa d'expulsió no té caràcter sancionador i és compatible amb el procediment penal que se segueix contra l'interessat. A més, els fets en què es basa la resolució impugnada són greus i van donar lloc a l'ingrés de l'agent al Centre penitenciari.
4.- Un cop elevades les actuacions a aquesta Sala, es va designar Magistrat ponent i, en no haver-se sol·licitat la pràctica de proves en aquesta instància, el recurs va quedar conclòs per a deliberar i decidir.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Segons l'article 121 del Text refós de la Llei qualificada d'immigració, aprovat per Decret Legislatiu de 26 de març del 2014:
"1. L'expulsió administrativa és una mesura destinada a interrompre l'estada i/o a prohibir l'accés d'un estranger al territori andorrà. 2. L'expulsió administrativa no s'ha de confondre en cap cas amb la pena accessòria d'expulsió que pot pronunciar un tribunal penal".
Per la seva part, l'article 122 del mateix text legal disposa que:
"1. Com a mesura de prevenció, l'expulsió administrativa dimana de la constatació, a partir d'elements contrastats, del risc per a la seguretat de l'Estat, de les persones o dels béns o per a l'ordre públic que representa l'entrada o la presència, al Principat d'Andorra, de la persona objecte de la mesura".
Com ha declarat aquesta Sala en la recent sentència núm. 18-2015, de 30 d'abril:
"Resulta d'aquest text que l'expulsió administrativa és una mesura preventiva de policia administrativa. Com ja ha jutjat aquesta Sala, "aquesta mesura de policia té una substantivitat pròpia, no revesteix caràcter sancionador i té una finalitat merament preventiva, basada en l'apreciació d'una conducta, degudament contrastada, que pugui fer racionalment preveure la probabilitat d'ulteriors atemptats contra la tranquil·litat pública" (sentència núm. 16-2011, de 4 de març). "En conseqüència, en no tractar-se d'una mesura pròpiament sancionadora, no es pot parlar de la vulneració del principi de presumpció d'innocència, això sens perjudici de que la resolució s'hagi de basar en fets degudament contrastats, dels quals es pugui deduir raonablement l'existència d'un risc per a la seguretat i per a l'ordre públic. En garantia de l'afectat, el control judicial s'estén a la verificació d'aquests fets" (sentència núm. 32-2014, d'11 de juliol)".
El Tribunal Europeu dels Drets Humans ha proclamat igualment el caràcter preventiu i no pròpiament punitiu o sancionador d'aquest tipus de mesures (sentència Üner c. Països Baixos de 18 d'octubre de 2006).
En conseqüència, l'argument del recurrent segons el qual la determinació dels fets no correspon a la jurisdicció administrativa no es pot compartir en els termes en què es formula.
Tercer.- Pel que fa a la realitat dels fets que s'atribueixen al recurrent, cal tenir en compte que les resolucions administratives no es basen simplement en una denúncia formulada pel Servei de Policia, sinó que aquests fets han estat objecte d'un procés penal, en el marc del qual es va adoptar la mesura de presó preventiva de l'interessat, cosa que implica una primera valoració per part dels òrgans judicials penals sobre la versemblança i la gravetat de la imputació.
La gravetat d'aquests fets resulta ben evident. Només cal recordar que l'agent, a qui s'imputa la conducció d'un vehicle sota la influència de begudes alcohòliques, va participar en un incident, en el curs del qual va atropellar voluntàriament amb el seu vehicle una persona i que, després de marxar del lloc, va tornar minuts després i va atropellar un altre participant en els fets, que va patir nombroses lesions i va haver de ser intervingut quirúrgicament.
D'altra banda, no es tracta de fets aïllats, sinó que l'interessat ja havia estat condemnat anteriorment, l'any 2005, per un altre delicte de conducció sota la influència de begudes alcohòliques. L'any 2008 va ser controlat per una contravenció relativa a la possessió de marihuana i, mesos després, per un delicte de tinença i consum de cocaïna i una altra contravenció per consum de haixix. Aquests fets van donar lloc a un advertiment d'expulsió, i poden ser tinguts en compte en aquest moment, com un element de judici rellevant a l'hora de valorar l'existència d'un risc per a la seguretat de l'Estat, de les persones o dels béns o per a l'ordre públic, sense que això comporti una vulneració del principi non bis in idem, ja que no es tracta d'una mesura sancionadora, sinó que la valoració de la conducta de l'interessat, en el seu conjunt, resulta necessària a fi de determinar la procedència de l'expulsió.
Quant a la proporcionalitat, s'han de confirmar íntegrament els raonaments de la sentència apel·lada. Encara que s'admeti que l'interessat manté una relació de parella amb una tercera persona, que en realitat no consta degudament acreditada, això no és suficient, com tampoc ho és la situació d'arrelament laboral, per desvirtuar la procedència de l'expulsió, atesa la gravetat dels fets que la motiven, la conducta precedent de l'interessat i l'existència d'un previ advertiment per part de l'Administració.
Quart.- Els arguments anteriors condueixen a desestimar íntegrament el recurs d'apel·lació de la part agent i a confirmar la sentència impugnada, sense fer un especial pronunciament sobre les costes causades, ja que no s'aprecia una especial temeritat o mala fe.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació que interposa el Sr. Esteban. contra la sentència dictada el 27 d'abril del 2015 per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, la qual es confirma en els seus propis termes.
Segon.- No fer un especial pronunciament sobre les costes causades.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.