I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 209/2015 (TSJ d'Andorre, Sala Administrativa, 23 juillet 2015, n° 55-2015)
Décision commentée : STSJAD 209/2015, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 23 juillet 2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:209 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une résolution du 28 janvier 2014, le ministre de la Justice et de l'Intérieur a statué sur une demande d'autorisation d'exercice de la profession d'odontologiste formée par une ressortissante ukrainienne. Une association (désignée « ORG_0 » dans la décision) a formé un recours de reposition contre cette résolution. Par une décision du 7 mai 2014, le Gouvernement d'Andorre a refusé d'admettre ce recours à la tramitation.
Le Tribunal de Batlles a déclaré irrecevable la demande formée par l'association dans sa sentence du 23 janvier 2015. L'association a interjeté appel le 19 mars 2015. Elle soutenait, d'une part, que le collège qu'elle prétendait représenter disposait de la légitimation active comme titulaire de droits ou d'intérêts légitimes, et, d'autre part, que la condition de réciprocité posée par la disposition additionnelle première, paragraphe 1, a), de la loi 10/2012 du 21 juin relative à l'investissement étranger n'était pas remplie, de sorte que l'autorisation ne pouvait être accordée.
Le Gouvernement a conclu au défaut d'intérêt à agir de l'association, qui n'était pas partie intéressée à un dossier concernant exclusivement les droits de la requérante étrangère. Il a, par ailleurs, défendu l'interprétation de la condition de réciprocité retenue par la Sala Administrativa dans sa sentence 44-2014.
La juridiction d'appel a été saisie sur le seul fondement des écritures et des pièces du dossier (n° de protocole 2300057/2014, rôle TSJA-0000017/2015). Le magistrat rapporteur était M. Bernard Plagnet.
Question de droit
Le litige posait, en substance, une question de légitimation procédurale : une association dont les statuts ont été approuvés par le Gouvernement peut-elle être regardée comme « personne intéressée » au sens de l'article 107 du Code de l'administration lorsqu'elle entend contester une autorisation individuelle accordée à un professionnel étranger ?
La Cour devait ainsi examiner deux questions successives :
- La capacité de l'association à ester en justice, c'est-à-dire la question de savoir si elle dispose de la personnalité juridique et de la faculté de former un recours jurisdictionnel ;
- L'intérêt à agir, c'est-à-dire la qualité de « personne intéressée » au sens de l'article 107, c), du Code de l'administration, selon lequel est considérée comme intéressée « la personne qui peut être affectée par la
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Apel·lat: M.I. GOVERN Representant: Sra. Blasco. Advocat: Sra. Giner. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 23 de juliol del 2015 - ROJ: STSJAD 209/2015 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2300057/2014. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 23 juillet 2015 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: 2300057/2014 Núm. de Rotlle: TSJA-0000017/2015
SENTÈNCIA 55-2015
PARTS:
Apel·lants: ORG_0.
Representant: Sra. Aguilar. Advocat: Sr. Cepeda.
Apel·lat: M.I. GOVERN Representant: Sra. Blasco. Advocat: Sra. Giner.
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint-i-tres de juliol del dos mil quinze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2300057/2014.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- El ORG_0. va interposar recurs contra la resolució del M.I. GOVERN de data 7 de maig del 2014 la qual acorda no admetre a tràmit el recurs de reposició formulat pel ORG_0., contra la resolució del Ministre de Justícia i Interior de data 28 de gener del 2014.