I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD, Administrativa, 19 mai 2008 (ROJ : STSJAD 332/2008 ; ECLI:AD:TSJADAD:2008:332)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Ple, 19 mai 2008, recours P-004/2007, ROJ : STSJAD 332/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:332 (Lire sur source officielle)
Note de traduction : la décision est rédigée en catalan. Les citations ci-dessous sont des traductions fidèles de l'auteur.
Faits et procédure
Les demandeurs avaient signé, le 20 octobre 1994, une promesse de vente portant sur un terrain déclaré d'une superficie de 740 m². La vente fut conclue le 1er décembre 1994, et le prix fut payé par les acquéreurs, aujourd'hui demandeurs. Après vérifications, la superficie réelle fut établie à 63 m².
Les acquéreurs engagèrent des actions pénales. Leurs recours furent rejetés en première instance (sentence du 27 octobre 2000), puis confirmés par la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia (sentence du 20 juin 2001). Cette dernière juridiction indiquait que seule la juridiction civile pouvait satisfaire les prétentions des victimes.
Saisie le 10 septembre 2001 par les intéressés, la section civile de la Batllia ne rendit pas de décision au fond malgré plusieurs demandes (notamment les écrits des 11 mars 2005, 27 septembre et 8 novembre 2006). En l'absence de réponse, les demandeurs saisirent le Tribunal Constitucional le 12 janvier 2007. Le jugement de la Batllia, daté du 4 septembre 2006, fut notifié le 19 janvier 2007. La Sala Civil du Tribunal Superior le confirma le 10 juillet 2007. Un incident de nullité fut rejeté par ordonnance du 27 septembre 2007. Le Tribunal Constitucional, saisi d'un recours d'amparo, annula ces deux décisions par une sentence du 12 mars 2008, mais, selon le texte, sur des questions différentes de celles soumises au Ple, sans incidence sur le présent litige.
Par sentence du 25 mai 2007, le Tribunal Constitucional déclara « que s'ha vulnerat el dret a la jurisdicció en el seu vessant del dret a obtenir un judici de durada raonable » et que « els recurrents tenen dret a ser indemnitzats pels prejudicis soferts ».
Le 31 juillet 2007, les demandeurs introduisirent une action en reconnaissance d'un fonctionnement anormal de la Justice et en déclaration de responsabilité patrimoniale de l'État. Ils chiffrèrent leur préjudice à 4 220 EUR, soit 2 220 EUR d'honoraires d'avocat et 2 000 EUR de dommages et intérêts pour le retard. Le ministère public (Ministeri Fiscal) estima que la responsabilité avait déjà été tranchée par le Tribunal Constitucional et qu'il appartenait au Ple de fixer l'indemnisation. Le Gouvernement accepta le paiement de 2 220 EUR mais contesta les 2 000 EUR.
Question de droit
Deux questions étaient posées au Ple, distinguées expressément par la décision : (i) le principe de la responsabilité patrimoniale de l'État pour fonctionnement anormal de la Justice ; (ii) la détermination du montant de l'indemnisation.
La seconde question se ramenait à un point précis : le préjudice moral invoqué, qui n'était pas de nature économique, devait-il faire
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Ple del M.I. Tribunal Superior de Justícia, format pels magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades en virtut de la demanda formulada per la representació del Sr. Manzanares, Tamarit i Soriano en exercici de l'acció de rescabalament per error judicial, en les quals han estat part el Mgfc. Ministeri Fiscal i el M.I. Govern. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 19 de maig del 2008 - ROJ: STSJAD 332/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1.- El procediment seguit en el present cas es pot resumir com segueix: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« La present sentència ha estat notificada a la Sra. Soriano, a la representació del M.I. Govern i al Magnífic Ministeri Fiscal, mitjançant el lliurament d'una còpia certificada. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 mai 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: Civil: 0174-7/01 TS: PLE: P-004/07
S E N T È N C I A PLE 03-2008
PARTS:
Manzanares, D. i Soriano
Representant: Soriano
Advocat: Pombo
Mgfc. Ministeri Fiscal
M.I. GOVERN
Representant: Galván
Advocat: Alvarado
A la vila d'Andorra la Vella, el 19 de maig de 2008
El Ple del M.I. Tribunal Superior de Justícia, format pels magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades en virtut de la demanda formulada per la representació del Sr. Manzanares, Tamarit i Soriano en exercici de l'acció de rescabalament per error judicial, en les quals han estat part el Mgfc. Ministeri Fiscal i el M.I. Govern.