I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Décision commentée : STSJAD 234/2007, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 18 août 2007 (ECLI:AD:TSJADAD:2007:234) (Lire sur source officielle)
STSJAD 234/2007 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal)
Note de référence. La date figurant dans les métadonnées et le titre (18 août 2007) ne correspond pas à celle du corps de la décision, qui est datée du 7 août 2018 (« Andorra la Vella, set d'agost del dos mil divuit »). Le numéro de rôle (TSJP-0000049/2018, recours 49/18) et la référence à l'exécutoire 0000037/2015 sont cohérents avec l'année 2018. La présente fiche retient la date de l'acte, soit le 7 août 2018, et signale l'incohérence, qui relève vraisemblablement d'une erreur d'indexation de la base.
Faits et procédure
Le condamné, M. Peña, purge une peine ferme de trois ans d'emprisonnement. Cette peine résulte de la révocation intégrale du sursis dont étaient assorties des condamnations antérieures prononcées par le Tribunal de Corts dans les causes 4400094/2013 et 4400049/2012. Les arrêts 56-2017 et 59-2017 du 27 novembre, rendus par la Sala Penal dans le cadre des exécutions 0000037/2015 et 0000001/2014, ont ordonné cette révocation (décision, antécédent I).
Par ordonnance du 25 mai 2018, le Tribunal de Corts a, d'une part, accordé le bénéfice d'une réduction de peine de 2,5 jours par mois, proposée par le directeur de l'établissement pénitentiaire, avec nouvelle liquidation de la condamnation et réserve de retrait en cas d'infraction ultérieure aux règles pénitentiaires ou de mauvaise conduite. D'autre part, il a refusé le bénéfice de la semi-liberté (semillibertat) sollicité par le condamné (antécédent II).
Le conseil du condamné a interjeté appel. Il soutenait, en substance, que le point de départ du décompte devait être le 1er mars 2017, date à laquelle le ministère public avait requis la révocation des sursis, et non le 18 mars 2018. Il contestait par ailleurs la durée retenue (trois ans au lieu de deux) au motif que les peines prononcées par la Sala devaient être exécutées simultanément dès lors qu'elles étaient compatibles. Il invoquait enfin l'ancrage du condamné en Andorre, sa nationalité andorrane, une compagne et une fille, ainsi qu'un emploi rémunéré à sa sortie (antécédents III).
Le ministère public s'est opposé au recours par informe du 4 juillet 2018, en demandant la confirmation de l'ordonnance. Il relevait que les deux tiers de la totalité des peines n'étaient pas accomplis et qu'aucun autre élément requis n'était établi (antécédent IV).
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
Premièrement, il s'agissait de déterminer la durée de référence de la peine, au regard de l'article 58.1 du Code pénal (Llei 9/2005, qualificada del Codi penal). Cette disposition conditionne le cumul ou la juxtaposition de peines à leur compatibilité « par leur nature et leurs effets ». La question était donc de savoir si les peines issues de plusieurs condamnations pouvaient être exécutées simultanément, ce qui aurait ramené la durée à deux ans, ou si elles devaient être additionnées, pour une durée de trois ans.
Deuxièmement, il fallait apprécier si le condamné remplissait les conditions d'octroi de la semi-liberté prévues aux articles 230 et suivants du Code de procédure pénale. Le texte retient deux exigences : l'
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Núm. de causa: Executòries 0000037/2015 Núm. de rotlle: TSJP-0000049/2018 »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 18 d'agost del 2007 - ROJ: STSJAD 234/2007 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 25 de maig del 2018 dictat pel Tribunal de Corts en el marc de l'execució de les sentències recaigudes en les causes 4400094/2013 i 44000049/2012, els components de la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el M. I. Sr. Yves Picod. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 août 2007 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Penal
Núm. de causa: Executòries 0000037/2015 Núm. de rotlle: TSJP-0000049/2018
SENTÈNCIA 53-2018
PARTS:
Recurrent: Sr. Peña (PRES)
Advocat: Sr. Tejera
Recorregut: MINISTERI FISCAL
M. I. Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, set d'agost del dos mil divuit.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 25 de maig del 2018 dictat pel Tribunal de Corts en el marc de l'execució de les sentències recaigudes en les causes 4400094/2013 i 44000049/2012, els components de la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el M. I. Sr. Yves Picod.