I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (STSJAD 332/2015)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (STSJAD 332/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:332, recours n° 178/15) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Benitez (ci-après « la partie demanderesse ») a confié à la société A., SL, par trois contrats numérotés 2003/00013, 2003/00012 et 2003/00011, conclus en novembre 2003, l'organisation de vols affrétés destinés à des pèlerins se rendant au sanctuaire de Lourdes. La prestation consistait en une intermédiation auprès d'une compagnie aérienne, E., en liquidation judiciaire depuis janvier 2004. Les vols prévus pour septembre 2004 n'ont pas été exécutés. La demanderesse soutient avoir avancé à A., SL une somme de 95.836 euros, puis avoir dû payer 83.879 euros à d'autres transporteurs pour assurer les trajets. Elle réclame en définitive 251.466 euros, avec intérêts légaux.
La demande, formée le 10 mai 2005, visait conjointement et solidairement la société A., SL et deux personnes physiques, MM. Roda et Elías, respectivement fils et père, présentés comme associés de la société. La défense a soulevé une exception d'incompétence fondée sur une clause attributive de juridiction au profit des tribunaux français de commerce. Le Tribunal des Batlles l'a accueillie le 18 janvier 2011, mais le Tribunal supérieur de justice l'a rejetée le 31 mai 2011. La procédure a ensuite été suspendue pendant plus de cinq ans par l'effet d'une question préjudicielle pénale, à la suite d'une plainte de la demanderesse classée sans suite. Après la reprise de l'instance, les défendeurs n'ont pas comparu et ont été déclarés en défaut.
Par jugement du 14 octobre 2014, le Tribunal des Batlles a condamné la seule société A., SL au paiement de 251.466 euros, avec intérêts légaux, et a mis les dépens à sa charge. Il a débouté la demanderesse à l'encontre de MM. Roda et Elías et l'a condamnée aux dépens exposés par ces derniers. La demanderesse a interjeté appel, en demandant la condamnation personnelle des associés et, subsidiairement, la réformation du chef de condamnation aux dépens.
Question de droit
La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice devait trancher deux questions distinctes.
La première concernait la responsabilité des dirigeants. L'appelante invoquait, pour la première fois en appel, la disposition transitoire quatrième de la Loi 20/2007 du 18 octobre 2007 sur les sociétés anonymes et les sociétés à responsabilité limitée, selon laquelle les administrateurs n'ayant pas mis leurs statuts en conformité répondent solidairement et avec la société des dettes sociales nées entre l'entrée en vigueur de la loi et l'inscription de cette mise en con
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 d'octubre del 2015 - ROJ: STSJAD 332/2015 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per escrit presentat en data 10 de maig del 2005 per la representació processal de la part agent es formulà demanda de judici verbal civil, a tramitar pel procediment ordinari i en reclamació de quantitat, contra el Sr. Roda i Elías i la societat A., SL de forma solidària. S'afirmà en dit escrit que a finals de setembre del 2003 el Sr. Roda i el seu pare, el Sr. Elías, van contactar Benitez, tot comunicant-li que tenien una societat, A., SL que els permetia actuar d'intermediaris en la venda de vols d'avions. Li van proposar treballar junts donat que sabien que buscava … »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 octobre 2015 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000178/2015 ORIGEN: 2100082/2005 - 00
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 27 d'octubre del 2015.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit presentat en data 10 de maig del 2005 per la representació processal de la part agent es formulà demanda de judici verbal civil, a tramitar pel procediment ordinari i en reclamació de quantitat, contra el Sr. Roda i Elías i la societat A., SL de forma solidària. S'afirmà en dit escrit que a finals de setembre del 2003 el Sr. Roda i el seu pare, el Sr. Elías, van contactar Benitez, tot comunicant-li que tenien una societat, A., SL que els permetia actuar d'intermediaris en la venda de vols d'avions. Li van proposar treballar junts donat que sabien que buscava vols d'avions en "charters", tot indicant que eren representants de E. i que podien aconseguir vols d'avions de la mateixa companyia. Afegeix l'escrit que en el mes de novembre del 2003 van convenir a signar uns contractes, núm. 2003/00013, 2003/00012 i 2003/00011, que obeïen a la compra i reserva de vols d'avions en "charters". Es preveien vols al llarg de l'any 2004 i el client havia de pagar amb antelació una garantia equivalent al preu de l'últim vol, quantitat que es deduiria de la factura corresponent a l'últim vol. Pels citats contractes i deduïda la comissió corresponent, Benitez va pagar 23.833.- euros el dia 12/12/2003, 24.085.- euros el dia 3/12/2003, i 23.833.- euros el dia 21/11/2003. Continua exposant l'escrit de demanda que el dia 22 de desembre del 2003 el Sr. B. (representant de la part agent) es va assabentar mitjançant un article a la premsa francesa que E. tenia problemes econòmics, pel que va demanar explicacions a A., SL que li va dir de no preocupar-se que els seus contractes s'executarien sense cap problema, eventualment mitjançant altres companyies aèries. En data 21 de gener del 2004 la societat A., SL va informar a la part agent que E. estava en liquidació judicial. Afegeix la part agent que la societat A., SL va explicar al Sr. B. que els vols dels 13, 14, 16 i 18 de setembre del 2004 els faria la companyia J.C. i li va demanar que li enviés excepcionalment amb antelació els diners corresponents a aquests vols. En els mesos d'agost i setembre del 2004, la part agent va enviar a A., SL el total de 95.836.- euros, sense comptar les despeses bancàries de les corresponents transferències. Una vegada A., SL havia rebut els diners va manifestar que no podia honorar els vols pactats, explicant que la societat E.A., SA (suposat comprador d'E.) reembossaria a la part agent les quantitats pagades. La part agent, davant de l'incompliment contractual d' A., SL va haver de trobar solucions de recanvi amb altres companyies donat que els quatre viatges de setembre del 2004 ja estaven venuts i que s'havien d'executar, el que va implicar que Benitez va haver de desembossar la quantitat suplementària de 83.879.- euros per pagar les altres companyies que li van fer el servei. Afirma l'escrit de demanda que durant el mes d'octubre del 2004, la societat A., SL va explicar al Sr. B. que esperava els diners del Sr. Herrera, director de la E.A., SA que pagaria a Benitez la suma de 167.587.- euros, que aquesta societat compraria E. en liquidació i solucionaria tots els problemes. Afegeix que posteriorment es va assabentar que E. no va rebre cap quantitat d' A., SL i que cap autorització d'enlairament (o llicència de vol) havia estat demanada pels avions de setembre del 2004 a la DGSA.