STSJAD 349/2015 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 10 novembre 2015)
Décision commentée : STSJAD 349/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:349 (TSJ d'Andorre, Sala Civil, recours n° 433/15, 10 novembre 2015) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un jugement du 22 octobre 1990, le Juzgado Nacional de Primera Instancia civil n° 84 de la République d'Argentine a prononcé le divorce des époux Julián et Suárez, « avec toutes ses conséquences juridiques ». Les intéressés ont ensuite saisi la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre d'une demande d'exequatur conjointe, tendant à voir déclarer exécutoire en Andorre cette décision étrangère.
Le Ministère public a conclu à l'octroi de l'exequatur. Le magistrat rapporteur est M. Joan Manel Abril Campoy, la formation de jugement comprenant également MM. Carles Cruz Moratones et Vincent Anière. La décision est une sentence rendue en première et dernière instance, selon la mention « definitivament jutjant ».
Le texte ne précise ni les motifs du délai de près de vingt-cinq ans entre le prononcé du divorce et la demande (non précisé dans la décision), ni les éléments de preuve produits à l'appui de la demande, ni la nationalité des parties (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée à la Sala était de savoir si la décision étrangère remplissait les conditions de reconnaissance et d'exécution fixées par l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, seule disposition visée par le texte. Le juge devait vérifier cinq éléments :
- la compétence de la juridiction ayant rendu la décision ;
- la régularité de la procédure suivie devant elle ;
- l'application de la loi compétente selon les règles nationales de conflit de lois ;
- la conformité de la décision à l'ordre public national et international ;
- l'absence de fraude à la loi nationale.
La difficulté principale tenait donc à l'appréciation de ces conditions, en particulier de la compétence internationale et de la conformité à l'ordre public, pour un divorce prononcé à l'étranger.
Solution et dispositif
La Sala retient que la décision « compleix tots els requisits establerts en l'art. 49 » de la loi transitoire. Elle relève en substance que :
- la juridiction argentine était compétente ;
- la procédure était régulière ;
- la loi applicable a été désignée selon les règles nationales de conflit ;
- la décision est conforme à l'ordre public national et international ;
- aucune fraude à la loi nationale n'est établie.
Elle en déduit que la décision doit être déclarée exécutoire en Principauté. Sur les dépens, elle relève qu'« en matière d'exequatur, il est d'usage de ne pas prononcer de condamnation spéciale aux dépens ».
Le dispositif est ainsi rédigé (traduction française fidèle du catalan original ; le texte source comporte une anonymisation partielle du second prénom de l'un des demandeurs) :
« Estimer la demande d'exequatur des époux Julián et [anonymisé] ; déclarer exécutoire la décision rendue le 22 octobre 1990 par le Juzgado Nacional de Primera Instancia civil n° 84 de la République d'Argentine, dans la procédure de divorce ; sans condamnation spéciale aux dépens judiciaires. »
La Sala statue « en premier et dernier ressort » (« definitivament jutjant »).
Portée et enseignement pratique
1. Une application contrôlée de l'article 49. La décision illustre le fonctionnement
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000433/2015 EXEQUÀTUR
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 10 de novembre del 2015
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per sentència de data 22-10-1990, el Jutjat Nacional de Primera Instància civil nº84 de la República d'Argentina, ha pronunciat el divorci entre els esposos Julián i Suárez amb totes les seves conseqüències jurídiques.
II.- Els Srs. Julián i Suárez han presentat davant d'aquesta Sala, demanda d'exequàtur de forma conjunta, a fi i efecte que es declari executòria a Andorra la resolució estrangera esmentada.
III.- El Ministeri Fiscal conclou en l'atorgament de l'exequàtur esmentat.