STSJAD ANDORRA, a 28 de gener del 2016 - ROJ: STSJAD 34/2016
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé28 janvier 2016
Numéro69/2015
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 34/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:34)
> Décision commentée : STSJAD 34/2016, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 28 janvier 2016, recours n° 69/2015 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:34) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Un salarié de la société P. SA a été victime d'un accident du travail le 21 novembre 2009. Par décision du secrétaire d'État à la Santé et au Travail du 19 avril 2010, la société a été sanctionnée d'une amende de 1 500 euros, au motif que l'organisation, l'exécution et la supervision du chargement de poutres présentaient des déficiences de sécurité impliquant un risque potentiel d'accident. Par jugement du Tribunal de Batlles du 16 octobre 2012, le chef de chantier (encarregat de l'obra) a été condamné pour une contravention pénale de lésions par imprudence légère, à une amende de 500 euros.
Le 19 décembre 2014, le Conseil d'administration de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) a confirmé, sur recours gracieux, sa décision du 7 novembre 2014 réclamant à la société une cotisation supplémentaire de 10 144,91 euros. La société a saisi le Tribunal unipersonnal del Batlle, qui, par jugement du 15 juin 2015, a fait droit à sa demande d'annulation.
La CASS a interjeté appel le 16 septembre 2015. Elle soutenait que la commission d'une infraction grave en matière de sécurité du travail ayant entraîné l'accident constituait une « falta inexcusable » au sens de l'article 91 de la loi 17/2008, et que l'employeur aurait dû faire preuve d'une plus grande diligence (culpa in vigilando). La société intimée soutenait qu'une éventuelle culpa in vigilando n'impliquait pas nécessairement une faute inexcusable au sens de ce même article, et que l'entreprise avait respecté la réglementation applicable.
## Question de droit
La Sala Administrativa devait déterminer si les circonstances de l'accident permettaient de qualifier de « falta inexcusable de l'empresari » le comportement de l'employeur, et donc de fonder la réclamation de cotisation supplémentaire prévue à l'article 91 de la loi 17/2008 de sécurité sociale. Cette question en implique une seconde : la violation, par l'employeur, de normes de sécurité au travail, constatée au titre de la loi 34/2008 sur la sécurité et la santé au travail, suffit-elle à caractériser la faute inexcusable ?
Le texte de référence, tel qu'il est reproduit dans la décision, dispose :
> « S'entén com a falta inexcusable aquella falta comesa per l'empresari per imprudència o negligència sense tenir en compte de les regles elementals de seguretat. »
*(Traduction : « Est entendue comme faute inexcusable la faute commise par l'employeur par imprudence ou négligence, sans tenir compte des règles élémentaires de sécurité. »)*
## Solution et dispositif
La Sala Administrativa confirme le jugement de première instance. Elle retient que la Sala a déjà jugé à plusieurs reprises que les entreprises ont une responsabilité particulière pour assurer la sécurité des salariés, et que l'article 91 ne saurait recevoir une interprétation d'application exceptionnelle. Elle précise toutefois que l'existence d'une faute inexcusable doit être démontrée, et qu'elle s'apprécie « in concreto », au regard des circonstances de chaque espèce.
En l'espèce, la juridiction s'appuie sur les constatations du jugement pénal de 2012, selon lesquelles le chef de chantier avait été imprudent sans commettre d'imprudence grave, dès lors qu'il avait prévu des mesures de sécurité qui, ce jour-là, ne se sont pas révélées efficaces. Elle relève également que la décision administrative de 2010 décrit la manœuvre à l'origine de l'accident (chargement des poutres les plus longues sur le véhicule). Elle en conclut que la cause de l'accident est la négligence et l'imprudence du chef de chantier, et « no es nota un incompliment inexcusable per part de l'empresari ».
Sur le plan juridique, la Sala retient que l'infraction grave prévue à l'article
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 28 de gener del 2016 - ROJ: STSJAD 34/2016
STSJAD 34/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:34)
Reproduction verbatim
Décision commentée : STSJAD 34/2016, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 28 janvier 2016, recours n° 69/2015 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:34) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un salarié de la société P. SA a été victime d'un accident du travail le 21 novembre 2009. Par décision du secrétaire d'État à la Santé et au Travail du 19 avril 2010, la société a été sanctionnée d'une amende de 1 500 euros, au motif que l'organisation, l'exécution et la supervision du chargement de poutres présentaient des déficiences de sécurité impliquant un risque potentiel d'accident. Par jugement du Tribunal de Batlles du 16 octobre 2012, le chef de chantier (encarregat de l'obra) a été condamné pour une contravention pénale de lésions par imprudence légère, à une amende de 500 euros.
Le 19 décembre 2014, le Conseil d'administration de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) a confirmé, sur recours gracieux, sa décision du 7 novembre 2014 réclamant à la société une cotisation supplémentaire de 10 144,91 euros. La société a saisi le Tribunal unipersonnal del Batlle, qui, par jugement du 15 juin 2015, a fait droit à sa demande d'annulation.
La CASS a interjeté appel le 16 septembre 2015. Elle soutenait que la commission d'une infraction grave en matière de sécurité du travail ayant entraîné l'accident constituait une « falta inexcusable » au sens de l'article 91 de la loi 17/2008, et que l'employeur aurait dû faire preuve d'une plus grande diligence (culpa in vigilando). La société intimée soutenait qu'une éventuelle culpa in vigilando n'impliquait pas nécessairement une faute inexcusable au sens de ce même article, et que l'entreprise avait respecté la réglementation applicable.
Question de droit
La Sala Administrativa devait déterminer si les circonstances de l'accident permettaient de qualifier de « falta inexcusable de l'empresari » le comportement de l'employeur, et donc de fonder la réclamation de cotisation supplémentaire prévue à l'article 91 de la loi 17/2008 de sécurité sociale. Cette question en implique une seconde : la violation, par l'employeur, de normes de sécurité au travail, constatée au titre de la loi 34/2008 sur la sécurité et la santé au travail, suffit-elle à caractériser la faute inexcusable ?
Le texte de référence, tel qu'il est reproduit dans la décision, dispose :
Reproduction verbatim
« S'entén com a falta inexcusable aquella falta comesa per l'empresari per imprudència o negligència sense tenir en compte de les regles elementals de seguretat. »
(Traduction : « Est entendue comme faute inexcusable la faute commise par l'employeur par imprudence ou négligence, sans tenir compte des règles élémentaires de sécurité. »)
Solution et dispositif
La Sala Administrativa confirme le jugement de première instance. Elle retient que la Sala a déjà jugé à plusieurs reprises que les entreprises ont une responsabilité particulière pour assurer la sécurité des salariés, et que l'article 91 ne saurait recevoir une interprétation d'application exceptionnelle. Elle précise toutefois que l'existence d'une faute inexcusable doit être démontrée, et qu'elle s'apprécie « in concreto », au regard des circonstances de chaque espèce.
En l'espèce, la juridiction s'appuie sur les constatations du jugement pénal de 2012, selon lesquelles le chef de chantier avait été imprudent sans commettre d'imprudence grave, dès lors qu'il avait prévu des mesures de sécurité qui, ce jour-là, ne se sont pas révélées efficaces. Elle relève également que la décision administrative de 2010 décrit la manœuvre à l'origine de l'accident (chargement des poutres les plus longues sur le véhicule). Elle en conclut que la cause de l'accident est la négligence et l'imprudence du chef de chantier, et « no es nota un incompliment inexcusable per part de l'empresari ».
Sur le plan juridique, la Sala retient que l'infraction grave prévue à l'article
Sentència
Núm. de Protocol: 2000011/2015 Núm. de Rotlle: TSJA-0000069/2015
SENTÈNCIA 1-2016
PARTS :
Apel·lant : CASS
Representant : Sra. Arcos
Advocat: Sr. Andrade
Apel·lat : P. SA
Representant: Sra. Sanç
Advocat: Sr. Porras
COMPOSICIO DEL TRIBUNAL
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint-i-vuit de gener del dos mil setze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000011/2015.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 69/2015 — Décision commentée
1.- La societat P. SA va interposar demanda jurisdiccional contra la resolució de la CASS de data 19 de desembre del 2014, que confirmava en reposició la decisió del 7 de novembre del 2014, sol·licitant-ne la seva anul·lació.
2.- En la sentència del 15 de juny del 2015 el Tribunal Unipersonal del Batlle ha estimat la demanda promoguda per la societat P. SA.
3.- En el seu escrit d'apel·lació de data 16 de setembre del 2015, la CASS estima en substància:
La comissió d'una infracció greu en matèria de normativa de seguretat laboral que derivi en un accident de treball, justifica la consideració de "falta inexcusable" en els termes de l'article 91 de la Llei 17/2008;
L'empresa hauria d'haver estat més diligent, incorrent per tant en la citada culpa in vigilando.
4.- En la seva contesta de data 5 d'octubre del 2015 la societat P. SA estima en substància:
Malgrat es pugui arribar a imputar a l'empresari una possible culpa "in vigilando", aquest fet no comporta necessàriament la comissió per part de dit empresari d'una falta inexcusable en el sentit de l'article 91 de la Llei 17/2008;
L'empresa ha donat estricte compliment a la normativa legal vigent en matèria de seguretat.
5.- En l'acte de la vista oral, les parts compareixents van exposar les consideracions que van considerar més adients a la defensa de llurs interessos.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- Competència.
El Tribunal Superior, Sala Administrativa, és competent per a conèixer del present recurs, en aplicació de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia.
Segon.- Prèviament, s'ha de presentar un breu resum dels fets:
El Sr. Conde assalariat de la societat P. SA, ha sofert un accident laboral en data 21 de novembre del 2009.
Per resolució de data 19 d'abril del 2010, el secretari d'estat de Salut i Treball resol "imposar a la societat P. SA una sanció per import de 1.500 EUR perquè l'organització, execució i supervisió de la càrrega d'aquelles bigues presentava deficiències de seguretat que implicaven un risc potencial d'accident..." (foli 154).
Per sentència de data 16 d'octubre del 2012, el Tribunal de Batlles ha condemnat el Sr. Villegas, encarregat de l'obra, "com autor d'una contravenció penal de lesions per imprudència lleu a la pena de multa de 500 EUR i al pagament de les despeses processals causades" (foli 32).
Per resolució de data 19 de desembre del 2014, el Consell d'administració de la CASS confirma "la reclamació de la cotització suplementària de 10.144,91 EUR" (foli 10).
Tercer.- Per resoldre aquest litigi s'han d'aplicar les disposicions de l'article 91 de la Llei 17/2008:
"Rescabalament en cas d'accident de treball o malaltia professional.
Sense perjudici de l'article anterior, quan la causa de l'accident de treball o de la malaltia professional es consideri una falta inexcusable de l'empresari, la Caixa Andorrana de Seguretat Social pot exigir-li la totalitat o part de les despeses que ha comportat aquest accident o aquesta malaltia professional.
Amb aquesta finalitat, la Caixa Andorrana de Seguretat Social pot reclamar una cotització suplementària calculada d'acord amb el salari mig que pot ser percebuda durant un termini màxim de tres anys.
S'entén com a falta inexcusable aquella falta comesa per l'empresari per imprudència o negligència sense tenir en compte de les regles elementals de seguretat".
El litigi versa sobre l'apreciació de la "falta inexcusable de l'empresari".
Aquesta Sala ha jutjat, en vàries ocasions, que les empreses tenen una responsabilitat particular per assegurar la seguretat dels assalariats. En conseqüència, les disposicions de l'article 91 no poden ser considerades com d'aplicació excepcional. Però, s'ha d'acreditar l'existència d'una "falta inexcusable de l'empresari".
L'apreciació de l'existència de la "falta inexcusable" ha de realitzar-se "in concreto", en funció de les circumstàncies de fet de cada cas (v. la redacció de la sentència 52/2014 d'aquesta Sala, pàgina 5: "...en les circumstàncies del cas...)".
Per conseqüent, s'han d'examinar les circumstàncies del present cas: Resulta de la sentència del Tribunal de Batlles del 16 d'octubre del 2012, que la causa de l'accident laboral són les negligències de la part de l'encarregat de l'obra: "...s'ha de concloure, que la seva conducta va ser imprudent, però no va cometre una imprudència greu doncs va preveure mesures de seguretat, que aquest dia, no van resultar eficients" (foli 28).
La descripció dels fets continguda en la resolució del secretari d'estat de Salut i Treball confirma aquesta apreciació del Tribunal: la causa de l'accident laboral és la mala manera de "carregar les bigues més llargues sobre del vehicle" (foli 153).
Es pot concloure que, en aquest cas, resulta clarament de les constatacions dels fets que la causa de l'accident laboral és la negligència i la imprudència per part de l'encarregat de l'obra i no es nota un incompliment inexcusable per part de l'empresari.
Des del punt de vista jurídic, la infracció greu prevista a l'article 38 de la Llei 34/2008 del 18 de desembre, de la seguretat i la salut en el treball no es confon amb la "falta inexcusable" de l'article 91 de la Llei 17/2008. Les diferències de redacció dels dos texts són significatives: la llei 34/2008 té per objecte els incompliments "per part de les empreses" i l'article 91, la "falta inexcusable de l'empresari".
Per aquests motius, s'ha de confirmar la sentència de primera instància.
Quart.- No s'aprecien circumstàncies determinants d'una especial condemna al pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
DECISIÓ
En atenció a tot el què s'ha exposat, la Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació presentat per la Caixa Andorrana de Seguretat Social.
Segon.- Confirmar la sentència recorreguda i declarar que la decisió del Consell d'administració de la CASS del 19 de desembre del 2014 no és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa.
Tercer.- De no efectuar cap condemna en costes. Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció administrativa i fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal Unipersonal del Batlle, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.